jeudi 1 août 2013

Paheli, film indien. Chef d'oeuvre du cinéma Indien. Une explication de ce film remarquable.


La chaîne Arte vient de diffuser le film Paheli.
N’étant accompagnée d’aucun commentaire, cette projection a surpris le public qui reste pantois devant la réalisation et l’histoire. Ce film méritait une mise au point, une exégèse permettant de comprendre ce qui se donnait à voir : une vaste symbolique — une énorme énigme. Un dilemme, comme l'indique le titre du film.
Dès sa sortie dans les salles indiennes en 2006, Dominique Aubier a fait une lecture de ce film. Elle est publiée dans son livre d'avant-garde :


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Paheli  
L’énigme du Dilemme
Ou
Le dilemme de l’Énigme



Film de Amol Palekar, 2005, produit par Gauri Khan, l’épouse de Shah Rukh Khan, qui tient le premier rôle aux côtés de Rani Mukherji. Chorégraphie de Farah Khan, scénario et dialogues de Sandhya Gokhale sur une nouvelle de Vijaydan Detha.


L’écran s’ouvre sur les préparatifs d’une noce. La jeune mariée, Lachchi, est l’objet des conseils et quolibets que lui adressent les femmes, évoquant la nuit qui sera la sienne sans qu’aucune parole crue n’altère la pudeur de leur langage. L’allusion la plus audacieuse réside dans le symbolisme du voile que le mari doit soulever. Cérémonie et festivités ont lieu dans la demeure de la mariée, mais sitôt ces formalités achevées, la famille prend la route en direction du village et du manoir de Kishnalal et l’on assiste à la première divergence entre les époux : elle mange des baies et joue avec sa bague. Prudent et soucieux de ses biens, le mari se fait donner le bijou afin d’éviter qu’il ne tombe et ne se perde. On sait par là, d’office, que cette union n’est pas stable. Le trajet est long et pénible. La halte s’impose et le hasard fait qu'elle ait lieu dans un village hanté par de nombreux fantômes. Une corneille lâche sa fiente sur le voile de Lachchi. Puis un écureuil dessine un cercle de vivacité autour de la jeune femme et, fuyant en coup de vent dans l’air, devient un oiseau bleu qui la poursuit lorsqu’elle va se laver le visage à l’eau d’une piscine. Cette masse d’eau verte est au repos dans le creux immense d’un bassin enserré entre des remparts flanqués d’escaliers de pierre. Soudain Lachchi voit des empreintes mouillées laissées par les pieds d’une personne invisible qui s’en va en courant sur les marches. Troublée par ces anomalies, elle gagne sa chambre nuptiale, tout émue à l’idée de ce qui va se passer, dont elle rêve depuis longtemps. Mais son voile n’est pas soulevé. Absorbé par ses problèmes de comptabilité, Kishnalal ne « consomme pas » le mariage. Soucieux de faire prospérer les affaires de son père, il laisse seule une épouse qu’il n’a pas connue. Son chemin le fait repasser par le village aux fantômes. L’un d’eux se transforme en humain et l’interroge. Kishna lui confie qu’il s’absente pour une durée de cinq ans. Le fantôme prend aussitôt la forme du mari, fait apparaître un chameau et s’introduit dans le manoir familial. Pour justifier sa présence et faire accepter ce qui serait un retour précipité, il raconte qu’un brahmane l’a doté d’une pension journalière de cinq pièces d’or. Il s’engage à les remettre chaque matin à son vieux père qui n’en demande pas davantage. Dès lors, deux Kishnalal vont exister : celui qui est parti et celui qui est revenu. Le vrai s’éloigne pour mener ses affaires, le faux prend place aux côtés de l’épouse abandonnée.
Le fantôme ne dissimule ni sa nature ni ses intentions. Son premier soin est d’avertir Lachchi qu’il est un imposteur. Il n’est pas vraiment l’homme dont il a emprunté l’apparence. Il est un esprit et Lachchi peut fort bien se refuser à lui. Il ne la forcera pas. Il n’abusera pas de la situation. Il est un intrus. Il le dit lui-même. Moralité parfaite. Elle en est émue.
— Personne ne m’a jamais demandé mon avis. Vous me demandez d’être à vous, de ma propre décision.
Elle le retient. C’est qu’elle a longtemps rêvé de l’amour.
— Je ne pouvais arrêter celui qui partait, je ne puis empêcher celui qui arrive…
Sa seconde nuit de femme mariée, qui est celle de ses véritables noces, Lachchi la vit avec le fantôme. Un partenaire qui n’a pas économisé son énergie. Elle s’en offusquerait presque le lendemain matin, mais son amoureux la rassure :
— Si la nature n’a pu nous empêcher, que feraient quelques mots ?
Comme si les mots ne faisaient pas partie de la nature… Et les voilà filant le parfait amour. L’amant officialisé qu’est l’intrus n’a qu’une inquiétude : perdre sa Lachchi quand le véritable Kishnalal reviendra. Mais elle le supplie de ne pas penser au lendemain. Il viendra assez tôt éventer son mystère. Lachchi fait preuve là d’un solide bon sens. Elle regarde la situation avec beaucoup de réalisme. Son appréciation du concret va jusqu’à proposer à son fantôme de vivre avec lui comme s’il était un humain. Jamais couple ne sera plus heureux. Rien ne les sépare. Le fantôme n’est retenu loin d’elle par aucune obligation professionnelle. Il ne cesse de la prendre dans ses bras, de la caresser, de lui faire signe pour qu’elle se prête à de plus amples concordances. Sa réserve d’amour est inépuisable. Rien ne l’écarte du plaisir qu’il éprouve à la combler. Il est libre. Il suffit que le vieux père reçoive ses cinq pièces d’or.
Et l’inévitable se produit : Lachchi «prévoit ». Ses nuits d’amour ont porté leur fruit. Elle est sur le point d’accoucher quand le vrai Kishnalal revient. Shah Rukh Khan interprète tour à tour et synchroniquement les deux personnages. Il brosse les deux portraits avec un art consommé de la détermination intérieure. L’élégance d’esprit érige en lui une grande beauté aristocratique. La moustache suit, fine, effilée dans un cas, tombante dans l’autre. Le commerçant a des traits qui s’accordent à la banalité de ses préoccupations. La comparaison entre les deux manières d’être est fascinante. On a de la peine à croire que le même corps puisse donner passage à deux silhouettes aussi différentes. C’est un aspect de la leçon qui émane du film. Une leçon identique à celle que donne l’épisode du tigre qui se croyait herbivore. Même les vêtements prennent le pli de l’âme, d’un violet superbe sur la poitrine du fantôme, d’un mauve éteint sur celle du malheureux qui n’arrive pas à se faire identifier par les siens. Même sa mère ne le reconnaît pas. Il se présente à elle en montrant les baies qu’il a cueillies pour Lachchi et c’est elle qui le rabroue : quoi Lachchi est en train de mourir pour mettre son bébé au monde et toi tu parles de baies ! Car l’enfant se présente mal. La sage-femme conseille une opération qui mettrait la vie de la mère en danger. Mais le fantôme a du pouvoir. Il se porte au chevet de la femme qu’il aime et réussit par sa seule parole à changer la position de l’enfant, à faire qu’il se présente par la tête. Et c’est une fille. Quelle émotion pour le père !
En marge de ce roman d’amour, en analogie expressive, contrepoint nécessaire, le scénario expose le drame de la séparation. Un échec dans une course de chameaux a chassé loin de chez lui un père et un époux dans le propre frère du chef de famille. Lequel ne veut plus entendre parler de compétition sportive sur monture chamelière. Le fantôme a une autre idée sur la question. Il autorise le concours et on le verra télécommander les mouvements des bêtes et de leurs cavaliers par d’habiles positions des doigts qui en dessinent le principe : il sépare d’abord le groupe en deux parties, puis il fait tomber du haut de leur selle les concurrents les plus douées, force à se poser poitrine au sol des bêtes qui, un instant plus tôt, manifestaient une ardeur extrême. Manipulations à distance qui font l’effet d’une sorcellerie aux yeux du chef de clan qui est en train de perdre la partie. Le fantôme est battu, blessé, outre que blâmé par une Lachchi qui ne lui pardonne pas d’avoir trahi sa condition. Elle lui fait prêter serment, sur son amour, de ne plus rien tenter qui puisse laisser soupçonner qu’il n’est pas pleinement humain. Et il jure.
Survient alors la situation redoutable : le retour du mari. De tous les maris, car au même moment, celui que l’échec a chassé rentre à la maison comme si un automatisme commandait à la situation. Et il y a bien commande automatique. Le vrai Kishna découvre le double superbe que lui est le fantôme et s’en inquiète. Qui est donc celui-là ? Le véritable fils de la maison, c’est lui, même si la parentèle ne le reconnaît pas. La vox populi, elle, a le sentiment d’avoir à résoudre un grave problème dans un fait qui risque de devenir un phénomène de société : qu’une femme soit flanquée de deux maris. Le cas mérite d’être porté devant le roi et le peuple prend la route. Les deux Kishna marchent ensemble, dans une position qui évoque automatiquement la dualité droite-gauche dans une structure évoluée. Ils sont sur la même ligne de progression comme les sommets des deux branches d’un Y. Et le dialogue s’engage entre eux, établi sur le fait que l’un et l’autre savent la vérité concernant l’identité du Kishna commerçant, mais ce dernier ne sait pas qui est l’autre. Interrogé, le fantôme déclare être l’amour dont les femmes veulent être entourées. Je suis le désir qui réside dans le cœur d’une femme. Je suis l’amour qu’elle veut. L’amour ? L’homme qui fait prévaloir les comptes et les profits n’y pensait guère. Sur leur chemin, en plein désert, un berger les arrête avec son bâton à deux dents qui évoque le sceptre de Vishnou et s’offre à résoudre la difficulté. Il soumet les deux identiques à trois sortes de tests : le vrai Kishna répond partiellement à l’épreuve du feu et totalement à celle du dénombrement rapide des moutons. Le fantôme, lui, au risque de rompre le serment qui le lie à Lachchi, se reconnaît concerné au titre de l’amant, de l’amoureux. Il accepte de se glisser et disparaître dans une outre d’eau et profite de l’occasion pour investir le corps du mari véritable. Ainsi sera-t-il au bon endroit pour ne jamais se couper ni de celle qu’il aime ni de la présence de la fille qu’ils ont eue ensemble.
 
Après avoir vu Paheli pour la première fois, je suis restée « scotchée » sur ma banquette. J’étais sidérée. Le spectacle auquel je venais d’assister rendait compte d’une information métaphysique de la plus haute intensité ! Dans un langage visuel concret et positivement théâtral, Paheli reflétait un concept des plus aigus parmi les plus pointus qu’ait jamais épinglé la perspicacité kabbalistique. La notion mise en histoire romanesque était tout juste celle qui boucle la boucle de la Connaissance dans l’esprit d’un voyageur du Sacré quand il parvient au terme de son exploration. Au-delà, il n’y a plus grand chose à découvrir. L’essentiel de ce qu’il peut et doit humainement savoir est disponible. Alors son esprit peut parcourir la vallée des secrets. Un certain Isaïe Bassan le déclarait fermement au Moyen Age dans une lettre adressée aux rabbins de Venise en défense de Rabbi Moïse Hayym Luzzatto[1]. La vérité ontologique se rend totalement intelligible en fin de parcours initiatique. Isaac Louria — dont la star américaine Madonna chante la gloire sur des millions de disques — a été le chantre de cet état d’esprit et de son contenu dans le cadre d’un hébraïsme devenu complet intra muros. À la même époque, à dix ans près, Cervantès en a été le révélateur messianique, dans l’espace de la pensée occidentale. La simultanéité de leurs illuminations répond à un équilibre droite-gauche qui laisse pressentir le lien ineffable d’un effet de pensée du type âme-sœur. C’est sous ce cachet que je les range côte à côte dans mon cœur. Cervantès dit que tous les cycles de vie qui existent au monde passent par ce berceau qui est celui de l’amour quand les êtres humains en sont les protagonistes. Dans cette façon de voir, j’identifie la seule forme de réalisme qui soit efficace parce qu’elle est transcendantale. Ce niveau de participation au réel est fièrement défendu par les cinéastes de Bolliyoud. Une foule d’indiens y adhère, fussent-ils musulmans. Il n’y a que la pensée rationaliste qui en récuse le principe. Mais c’est elle que le fantôme vient hanter quand il se glisse dans le corps du mari, à la fin d’un récit stupéfiant.
Les jeunes amis qui ont apporté le DVD de Paheli nous ont prévenus : cette histoire serait moins convaincante que celles des films que nous avons aimées jusque-là. Ayant visionné le film, je comprends qu’ils l’ont regardé en aveugles. Ils n’en ont pas vu le thème. Impossible de comprendre ce qui se passe dans Paheli si l’on ne connaît pas les thèses concordantes de Louria et Cervantès au sujet de ce qui a été originellement organisé de main divine. Les informations qui autorisent ce point de vue ne sont pas encore connues de mes jeunes émules, ou leur sont encore insuffisamment familières. Mais il suffira de les évoquer pour qu’ils changent aussitôt d’avis sur la qualité de l’initiative qui perce dans Paheli.
J’ai en effet la chance d’être entourée d’un groupe de jeunes esprits pour qui la découverte du système de pensée initiatique a été une révolution plus importante que 1789. L’écrivain que je suis, vieilli sous le harnois d’une discipline d’esprit essentielle mais qui n’est pas reçue par la culture ambiante, doit son actuel bonheur à la présence de ce noyau radioactif de jeunesse qui soutient la Connaissance à Damville, à l’abri de toute publicité. Une dizaine de fortes têtes douées pour la philosophie quand elle cesse d’être universitaire et devient vitale ont su allier le quotidien à la recherche spirituelle. Et ma foi, cela leur réussit sur tous les plans. Deux d’entre eux sont des anges de la communication par Internet. Ils savent tout, à chaque instant, de ce qui secoue le savoir dans le monde. Ils ont le chic pour détecter le film qui sera le mieux accordé à mes préoccupations momentanées et c’est dans cette amicale magie qu’ils ont déposé Paheli sur ma table, avec un flot d’excuses au sujet de la possible inadéquation de son propos à mes soucis. Ne les ayant pas interrogés, je n’ai connu leurs inquiétudes qu’au travers de ce qu’ils m’en ont dit spontanément. J’en ai retenu l’idée que pour eux Paheli était une œuvre surréaliste qui n’avait pas sa place dans la cohérence doctrinale de la série de films qui nous ont fascinés.
Eddington affirmait posséder deux tables de travail : une qui se trouvait dans son domaine sensoriel et une autre, sur laquelle il s’accoudait pour écrire. Penché sur la première, il pouvait utiliser la seconde. Telle est en réalité la position de n’importe qui dans l’acte de penser. Et c’est bien en cela que réside le clivage qui sévit entre les êtres et leurs convictions. Que la table sensorielle soit singulière pour tout individu. Le clavier d’informations qui a été touché en moi n’est pas exactement le même que celui de mes fidèles et attachants lecteurs. Des antériorités conceptuelles pèsent encore dans ma mémoire qui n’ont pas toujours été consignées dans mes livres, ni dans nos conversations qui sont pourtant fréquentes et toujours centrées sur quelque point de la logique initiatique. La différence de jugement apparue à propos de Paheli révélait un manque important de cohésion. Le fait qu’il ait été dévoilé au moyen d’un film indien m’a frappée. La contemplation de ces œuvres avait provoqué en nous tous une même jubilation d’esprit, établie sur une communauté de réactions qui conservaient néanmoins le plaisir de s’enrichir réciproquement. C’était en quelque sorte la première fois qu’à propos de cinéma (trois d’entre eux sont à l’école de cinéma) une faille aussi grave se faisait ressentir. Cette fissure était due à une défaillance de l’information métaphysique dans la substance doctrinale de notre amitié. Une référence de nature profondément kabbalistique n’y régnait pas. Je n’avais jamais encore constaté à quel point elle est fondamentale pour comprendre les choses les plus simples et directes de notre vie. Extraordinaire, du point de vue épistémologique, d’en être avisé par l’intermédiaire d’un film indien très récent. Comme si la Kabbale avait son bureau de direction à Mumbay et non à Damville.
Supposition qui demande toute une expertise de ses éléments influents avant d’être acceptée. Pour moi, ce travail est fait. Je ne teste plus rien pour me convaincre de me fier à l’hébreu. J’ai l’habitude de m’adresser au symbolisme cérébral des lettres de son alphabet pour apprécier n’importe quel fait ou situation. Cette méthode s’édifie sur la certitude à 90% scientifique qu’une langue primordiale habite nos cerveaux, source de toutes les formes et occasions de communicabilité qui sont dans la nature, à commencer par la possibilité de verser un quelconque discours de sa langue d’origine dans une autre. Après force palpations, j’ai admis que pour comprendre quoi que ce soit, il n’y avait pas de moyen plus sûr que celui prôné par Cervantès et la Kabbale, selon lequel en dernier recours, l’hébreu dit ce que l’on cherche à savoir. De là que j’interroge toujours un mot ou un nom sur son revers hébraïque. Je me fie à la solution proposée. C’est comme frapper du pied pour prendre élan et bondir. Dans ce genre de gymnastique, je me sens aussi leste que Shah Rukh Khan dans son incroyable légèreté à entrer en scène sur un triple saut périlleux ou monter sur le capot d’une voiture en marche sans glisser. À chacun son Kung fu ! De là que j’ai été presque vexée de recevoir de Paheli (un film qui doit tout à Shah Rukh Khan, idée, financement, interprétation) l’avis d’avoir à rajuster mes bésicles. Et pas à propos d’un aspect mineur de la documentation initiatique. C’est le Tzmtzoum d’Isaac Louria que Paheli a mis en scène, une notion des plus pointues que l’on puisse trouver dans la pelote de concepts aigus que la Kabbale ait su aiguiser. Et diantre, l’auteur du scénario n’a pas minimisé sa clairvoyance. Il va jusqu’à faire état du degré de pertinence requis pour assumer l’exégèse exacte du motif.
À la fin, on entend le berger dire avec beaucoup d’humour que pour rendre la justice, il n’est pas nécessaire de soumettre le problème à Dieu. Il est fort capable, lui, étant le Modèle Absolu, outil de la divinité, de rendre un verdict adéquat : Peut-être une épingle peut-elle percer ce qu’un sabre ne peut trancher ? Une épingle ! Un simple élément de savoir, sans que l’on ait à déranger l’immensité du ciel pour obtenir un éclaircissement. Le pire, pour moi, c’était que ce soit le cas. Le Tzmtzoum d’Isaac Louria est l’épingle à piquer dans la substance de Paheli pour en faire ressortir le thème.
Le sens de cette formule n’a pas été expliqué dans mon dernier livre La 23e lettre. L’exposé s’en trouve dans le deuxième ou troisième tome de La Haute Kabbale de l’Eternité dont la rédaction m’occupe depuis quelques mois. C’est d’ailleurs le raisonnement poursuivi dans ce texte qui m’a conduite à tenir compte du message moderne introduit par le cinéma indien. Le texte n’en est ni imprimé ni publié. Paheli est en avance sur moi. En avance sur moi, en tant que je suis un simple écrivain, ce n’est pas grave. Mais que la perspicacité indienne précède celle d’une française, dans la circonstance kabbalistique prévue par Cervantès, constitue ou une anomalie ou un mystère à élucider, sauf à mettre en échec le message entier de Don Quichotte. À moins que je ne sois pas la conscience en action dans cette prévision. Qui, alors ? Je suis — et je le dis en toute modestie — la seule et la première, en France, et dans le monde à avoir préconisé la lecture kabbalistique du roman célèbre de Cervantès.
Quoiqu’il en soit le fait est là. Un film indien ayant à peine un an d’âge fournit une interprétation imagée à la fois allègre, humaine et fidèle du principe transcendantal qu’Isaac Louria a fixé sous les deux syllabes Tzm (sans i, j’y tiens !) Tzoum. Le premier de ces deux phonèmes a été visiblement retenu depuis longtemps par les kabbalistes puisqu’on en voit les deux lettres Tzadé et Mem au centre de la coquille séfirotique dressée par Moïse Cordovero[2]. C’est la raison qui m’a inspiré d’en clouer le sceau en quatrième de couverture du livre sur le cinéma indien que je suis en train d’écrire, aujourd’hui encore, samedi 8 avril, en étant à la ligne exacte que me souffle la hâte d’en finir si je veux que l’ouvrage accueille ses artistes le 26 avril 2006 au Grand Rex. L’émotion ne m’aidera sans doute pas à conclure en beauté. Je suis retournée par l’évidence selon laquelle Shah Rukh Khan est véritablement la métaphore essentielle d’un signe divin. Et ce signe voudrait que toute la vérité soit faite sur l’énigme de la Création qui a pris place dans la Kabbale sous le nom de Tzmtzoum. L’élucidation que je puis en faire — elle occupe trois pages dans La Kabbale, science exacte — est en retard sur qu’en reflète le manifeste dans l’initiative prise par l’acteur le plus séduisant que j’ai jamais vu dans l’exercice de défendre l’Absolu.
Pour partager mon émoi, il faut savoir que cette formule d’allure bizarre, avec ses deux syllabes non exactement répétitives, décrit une opération créatrice qui n’est pas souvent mentionnée. L’auteur du Zohar considérait même qu’elle était oubliée de l’élite initiée. Ce concept d’une rareté sensationnelle réfère à un acte que le Créateur aurait eu en générosité supplémentaire après avoir suscité l’Univers. Il aurait eu comme un regret à l’idée de n’avoir pas assez aidé les pauvres hommes à assumer leur destin. En particulier les femmes. Et pris d’un amour explosif pour sa création, voyant à quel point elle était féminine, il aurait soudain déployé une somme invraisemblable de gestes dont le dessin ou le tracé ou la chaleur se seraient fixés dans le Modèle d’Absolu conduisant l’énergie. Paheli rend compte de cette attention avec une précision stupéfiante : qui est le fantôme, si ce n’est l’énergie universelle ayant été poussée dans le Cosmos avec sa charge de caresses ? Et il le dit, juste ciel ! cet esprit incarné. Il vante sa virilité dans des termes qui la mettent au travail dans le Cosmos, pas seulement dans le lit de Lachchi. Il parle de ses élévations qui seront aussi nombreuses que celle de la lune et du soleil. Ses pluies seront généreusement torrentielles. Et il n’éprouve aucune fausse honte à déclarer qu’il peut prendre la forme qu’il veut. Et pour cause. Il est l’élément même de l’inventivité des choses dans toutes les structures qui édifient le complexe. De tels aveux ne permettent pas de douter de la qualité ontologique de la puissance qui prend la forme de Kishna dans le scénario de Paheli. Lachchi a l’intuition de vivre une mesure d’exception :
— Je mène une vie si étrange… Peut-être ne saurais-je jamais ce que vous êtes pour moi. Notre relation…
— Elle est incassable.
Comment ne le serait-elle pas étant celle de l’influx qui meut le Rosch Primordial, en tête de la Création ? Créée par l’énergie, cette énergie qui ne se voit jamais :
— Votre image n’a jamais traversé mon esprit.
Comme si elle avait vu Dieu s’incliner devant elle et bénir sa matrice. Instant que le scénariste de Paheli a apprécié à hauteur de l’initiative cosmique dite Tzmtzoum.
— Seule une femme peut rendre un homme complet.
(Mais c’est Dieu qui parle à son épouse, la Création).
— Vous dites cela parce que vous êtes un esprit. Si vous étiez un humain, vous n’auriez jamais rien dit de si gentil.
Vrai mais triste. L’humanité n’a pas su résoudre la dualité homme-femme conformément au principe de justice qui en a été la motivation. Le film la raconte en imagerie humanisée mais c’est exactement ce qu’implique le principe du tzmtzoum vu dans son dynamisme et sur sa géométrie. Pour en maîtriser l’abstraction, il suffit de se représenter un cortex à deux hémisphères. À gauche le « qui Sait » avec ses trois aires du langage[3]. À droite le « qui Fait » qui ne dispose d’aucune libéralité comparable à celle qui émane de la faculté de parler. Il a la puissance végétative et fonctionnera comme il pourra, matériellement. L’idée en est clairement donnée par l’époux de Lachchi, Kishnalal avec ses comptes et ses préoccupations strictement commerciales. Tout marié qu’il vient d’être à une splendide créature, il lui tourne le dos dans le palanquin qui les transporte. Il semblerait qu’après avoir appelé la Création à se développer dans l’espace qu’il lui a offert, l’Eternel se soit, comme qui dirait, gratté la tête. « Il faut faire quelque chose pour cette femme ». D’autant qu’elle dévore avec gourmandise des baies, symbole fruitier des cycles évolutifs. Et elle joue avec son anneau de mariage comme si elle n’était pas sûre d’avoir à le porter au doigt. Conscient qu’elle puisse faire tomber un bijou de valeur, son époux le lui reprend. Il ne consommera pas son mariage, sous prétexte qu’il ne peut pas déclencher une passion qui n’a pas d’avenir. Et c’est raisonnable. Mieux vaut déléguer un fantôme qui prendra le temps d’allumer doucement la brûlure d’amour dans le corps féminin. L’énergie a donc été envoyée d’un hémisphère à l’autre, au tout début du commencement des choses. Le Créateur, dans un souci de justice, a ordonné ce transfert sensationnel. Miguel de Cervantès en consigne le principe dans un mot clé : « Podenco » qui peut s’entendre dans le sens de « ici voir l’effet de justice ». Ce terme apparaît dans la préface au deuxième tome des aventures de Don Quichotte. J’en ai longuement commenté le contenu dans La 23e lettre de l’alphabet hébreu. Je le dis car je ne suis pas un spectateur innocent en face de Paheli. Je ne crois pas qu’au jour d’aujourd’hui il y ait beaucoup de personnes au monde qui puissent se prétendre aussi bien équipée que moi pour en affronter le motif. C’est parce que j’ai pu en assumer toutes les intentions que je me suis trouvée en porte-à-faux par rapport à l’opinion de mes jeunes amis et lecteurs. Leurs réticences m’ont fait mesurer ce qu’est l’ignorance d’une information essentielle dans les esprits les plus ouverts. L’intellect nage dans le flou. Mais il ne sera pas difficile d’édifier des personnes qui ont lu une vingtaine de mes livres et qui connaissent la thèse du cerveau caché telle que l’expose La 23e lettre. Je les ai invités à partager la salade du soir afin de sacrifier ensuite trois ou quatre heures à une présentation commentée de l’extraordinaire Paheli.
Il faudra commencer par décrire la phase créatrice qui met en place le Rosch Primordial dans l’espace induit tout exprès pour le recevoir, selon l’idée qu’Isaac Louria s’en est faite. La structure appelée à être étant un cortex doué de parole, deux hémisphères s’accolent en elle, parleur bord interne. L’un d’eux est le « qui Sait » , l’autre le « qui Fait ». Le premier nommé reçoit les aires du langage et possède l’énergie qui va mouvoir l’organisme entier. Une délégation de cette énergie en soutient la vie végétative. Mais du point de vue de l’évolution et de la progression dans les couches, le « qui Sait » est nettement favorisé par rapport au « qui Fait ». Inégalité qui va créer à la longue un déhanchement dangereux entre les deux moitiés. L’une saura ce qu’elle est, l’autre ne comprendra pas ce qu’elle fait. Pour pallier ce danger dans un esprit de justice qui devient l’effluve sensible de la situation, le Créateur ordonne à l’énergie de prendre ses renseignements dans le cerveau caché qui contient l’alphabet hébraïque, de charger tous les documents qui en définissent le statut cérébral et de les apporter au « qui Fait » . C’est ce qu’évoque l’allitération Tzmtzoum. La première syllabe correspond au trajet que l’énergie effectue en « qui Sait » ; la seconde au vecteur qui se dessine dans l’espace « qui Fait ». À ces deux phonèmes et aux phénomènes qu’ils impliquent, le film fournit l’équivalence remarquable de la conversation entre le fantôme et Lachchi quand ils sont en face à face corporels pour la première fois dans la chambre conjugale. Il dit qu’il est un imposteur. Mais il vient par amour. Et c’est l’amour du Créateur pour sa création qui doit être imitativement ressenti dans la droiture d’une généreuse initiative divine. Le sentiment qu’il faut être juste s’accompagne de l’obligation d’éclairer la mesure prise, puisque la structure créée est un cortex, organe producteur de conscience. Le comportement du fantôme fait humainement la description des sentiments qui ont pu présider à l’opération dans l’état d’âme du Créateur. Un amour infini l’aurait accompagné, traduit par les cajoleries dont le fantôme n’arrête pas d’entourer celle qu’il aime. Roberto Rossellini disait un jour avec son humour que toutes les femmes qu'il a connues voulaient qu’il soit un grand metteur en scène. Mais toutes aussi lui aurait volontiers mis un tablier pour qu’il soit avec elle à la cuisine. Il pensait que le véritable motif de rupture et divorce résidait dans l’ostracisme de cette tendance d’âme. Effectivement, quand il est mari, Kishna ne s’occupe pas de sa femme, étant toute vigilance pour ses registres de commerce. Et c’est la grande correction qu’apporte le fantôme quand il est l’amant. L’amour devient le charme illuminant en permanence sa personne et sa geste. Les deux potentialités doivent s’équilibrer : la confiance dans l’absolutisme de la relation d’amour ne doit pas faire obstacle à l’activité. Cela se produira à la fin quand le fantôme intègrera le corps du mari matérialiste.
 
Une jeune fille que je ne connaissais pas était là, venue avec nos amis. Elle semblait fâchée par ce que je disais. Je m’en suis inquiétée. Elle a déclaré un peu vivement qu’elle sortait de la manifestation estudiantine contre le projet Contrat-Premier-Emploi du gouvernement. Elle a entendu Julien Clerc dire à la télévision que cette révolte répondait à une tout autre inquiétude que la réforme qui la polarise. Étant de cet avis, elle était surprise de se voir invitée à se convertir.... J’ai profité de son observation pour faire valoir l’opinion du fantôme à cet égard. Il n’entre pas dans le temple. Il ne respecte pas non plus les rites de mariage et se moque bien d’avoir fait ou non les sept tours de la consécration symbolique. Ce qui compte c’est la réalité des choses et du comportement. Et j’ai raconté l’histoire de ce rabbin qui demandait à ses ouailles quel était le plus grand malheur ayant historiquement frappé le Judaïsme. La destruction du Temple, dit l’un ; l’Expulsion de 1492, corrige l’autre et un troisième déclare que c’est la Shoah. Non, réplique le maître. C’est d’être devenu une religion. La communication ontologique du Sacré ne doit s’arrêter dans aucune forme de cristallisation symbolique. Le fantôme est de cet avis.
J’ai dit que la seule chose qui intéresse le fantôme, ce sont les archétypes du système de vérité. Aussitôt, plusieurs voix se sont élevées affirmativement. Pendant la course de chameaux, l’amoureux de Lachchi compose avec ses doigts des mantras inédits qui sont des indicatifs systémiques précis provoquant des faits à leur ressemblance. Il sépare les concurrents en deux groupes droite et gauche. Le passage d’un doigt par-dessus la crête osseuse de la main fermée entraîne la chute immédiate du plus habile des cavaliers. Dieu sait qu’il était élégant sur son vaisseau du désert, ce cavalier désarçonné. Sa position inclinée vers l’avant lui permettait en quelque sorte de voir le sol sans que la tête du chameau ne l’en empêche. C’est tellement expressif cette posture du corps. Elle montre à elle seule que le chameau est bien un signe divin. D’une part, il rumine, en l’honneur du critère Redoublement. D’autre part, son véhicule animal, à cause de son amble où les pattes se déplacent en même temps du même côté, représente la structure d’Absolu, bouche avancée, prêt à mâcher l’évidence. Une évidence que l’homme qui se tient sur la selle doit voir à la seconde où elle éclot. Positionnement initiatique par excellence. Grande différence avec l’assise sur la selle du cheval qui correspond à une phase cyclique antérieure, celle où les deux côtés de l’arbre évolutif sont à égalité. Je perds quelques minutes à rendre sensible la différence d’incitation symbolique à relever entre le chevauchement patte de-ci, patte de-là, d’un étalon de course et la contenance surélevée qu’exige le chameau. Je pense évidemment à la signification de l’égalité Oto = Uto = chameau = Shah Rukh Khan qui est doublement le héros de Paheli. Il est Kishnalal-mari et il est Kishnalal-amant. Mais il est aussi le producteur du film dont il est l’acteur sublime. Et dans et par cette action, car c’en est une, il achève de spécifier le sens qu’implique le fait de représenter l’énergie universelle dans la phase ontologique du tzmtzoum. Étonnant éclat vital d’un comédien qui se disait laid, petit et noir et qui devient d’une beauté insurpassable dans la faculté qu’il s’offre de figurer le lustre serein et impérial de l’énergie universelle. Je ne sais pas si l’on peut parler de transcendance vécue. Mais je crois que Shah Rukh Khan a raison quand il dit que Paheli raconte l’histoire d’une femme qui conquiert son indépendance. Il m’a fallu conquérir la mienne et de haute lutte pour arriver à dire que la posture sur chameau soit transcendantale au maximum de ce que l’être humain peut être en ayant tout simplement le regard fixé sur ce qui vient…



[1]R. Isaïe Bassan, in Le philosophe et le cabaliste, traduit de l’hébreu, introduit et annoté par Joëlle Hansel, Verdier éditeur, collection « Les Dix Paroles », Lagrasse 1991, p. 8
[2] Dessin emprunté au livre de Marc Alain Ouaknin, Mystères de la Kabbale, où il est accompagné de la légende suivante : Lettres et séfirot emboîtées les unes dans les autres comme la structure d’un « oignon ». Représentation de Rabbi Moïse Cordovero dans Assiss Rimonin, commentaires sur le Pardès Rimonim (Verger des grenades ») sixième portique (reéd. Jérusalem 1962) éditions Assouline, Paris 2000, p. 289.
[3] Cf. La 23 e lettre de l’alphabet hébreu. éd. M.L.L. Damville, 2005, pp. 140-143,149-154.

jeudi 25 juillet 2013

Le Redoublement, archétype de la Connaissance (suite…)

Le Redoublement, archétype de la Connaissance a été pleinement identifié par Dominique Aubier, mis à jour dans son livre La Face cachée du Cerveau.

Voici quelques exemples pour comprendre de quoi il s'agit.
 
Dans les arts martiaux, par exemple le tir à l’arc japonais.
On considère qu’un tir se forme sur deux flèches tirées. Il faut faire Bip et Bop et cela forme un tir. Chacune des flèches est polarisée en droite et gauche et forment ainsi l’archétype de la Droite et de la Gauche.

Dans la Bible, très visible même pour lecteur non averti : dans l’histoire d’Esther. Tout le chapitre (le scénario même de l’histoire, même dans le texte traduit que tout le monde peut vérifier sans connaître l’hébreu), est construit sur le Redoublement. La stratégie déployée par Esther (guidée par Mardochée) est édifiée sur le Redoublement, jusque dans le choix des mots qu’elle utilise (Bip une demande, BOP une requête). Le piège qu’elle tend à Hamman est construit sur le Redoublement et il ne fonctionne que grâce à cela : elle parie sur cette dynamique et sur l’espace de temps entre le Bip et le BOP.
Esther surveille les informations qu’elle donne au roi : elle ne lui dit pas qu’elle est juive.
Elle est sauvée en Bip. Ensuite, c’est le peuple tout entier qui est sauvé (en BOP).

Dans le rituel du dévoilement de la Croix.
La Croix est d’abord partiellement dévoilée, puis entièrement dévoilée.

Amusant, l’armoire de Freud. Origine de la rupture avec Jung.
Un jour Jung se rend chez Freud. Leur discussion porte sur les signes et à un moment, l’armoire de Freud se met à craquer. Jung lui dit : je ne sais pas pourquoi, mais je peux vous garantir qu’elle va craquer une seconde fois. A peine dit, qu’aussitôt un deuxième craquement se fait entendre. Freud se fache et n’accepte pas que ce craquement puisse avoir un sens. De là sa rupture avec Jung.

En ornithologie, les spécialistes ont observé que les hirondelles, quand elles sont installées après leur migration, tracent dans le ciel une infinité de lignes, de courbes, mais qu’elles finissent toujours par repasser une seconde fois exactement sur les mêmes lignes.

Le Redoublement, visible dans le rituel juif :
Les deux pains l’un sur l’autre.

Dans le rituel de la prière musulmane : tous les gestes sont fait au moins deux fois.

Question :
Où le Redoublement est-il visible ?
Dans la vie, au quotidien. Mais pour le voir, il faut bien ouvrir les yeux…

jeudi 18 juillet 2013

Le déraillement du train Paris-Limoges : pourquoi ? Le sens du désastre.


Le déraillement du train Paris-Limoges

 

Quel est le sens du déraillement ?
Les images diffusées par la télé sont épouvantables : voitures de train écrasées, encastrées sur le quai de gare de Brétigny sur Orge. Des tonnes de ferrailles, et des blessés ensanglantés… des morts rapidement évacués… Quelles images funestes, violentes que ce train devenu fou, terminant sa course dans une gare où des voyageurs attendaient paisiblement !
Comment n’être pas choqué ? Notre pays, en pointe de la technologie ferroviaire, avec son TGV dernier cri, prestige de la modernité… voilà que l’on apprend que la plupart des voies secondaires du réseau sont dans un état de vétusté extrême et que le programme de modernisation ultra technologique du TGV s’est réalisé au détriment de l’entretien des autres voies… Les victimes de ce déraillement seraient-elles des victimes « collatérales » de la technologie outrancière ?

Les secours ont été admirables, et de nombreux reportages en ont vanté la remarquable efficacité. Formidable courage des secouristes, compétence des médecins, dévouement des soignants… Oui mais voilà : ces secours se sont portés après la catastrophe, et non avant. Et justement, qui est concerné par l'avant-catastrophe ? Où sont les compétences chargées de l'évitement de ces désastres ?
C’est là que la Connaissance se propose d’agir, avant que le désastre ne survienne et non pas après, comme on le montre à la télé de manière spectaculaire en corbillard post-mortem.

Le symbolisme du déraillement
Je suggère que ce déraillement soit lu et considéré comme un symbole
Comme un avertissement puissant que la vie nous adresse et envoie à toute la Nation. Preuve en est l’émotion suscitée à la veille du 14 juillet et le déplacement immédiat du Président de la République sur les lieux. Ce déraillement concerne donc bien le pays tout entier, et pas seulement du point de vue émotif, mais aussi par rapport au sens. Le sens que nous devons trouver, ne serait-ce que pour honorer les victimes : ces personnes ne sont pas mortes pour rien, leur disparition dans des conditions tellement cruelles doivent nous aider à mieux comprendre ce qu'il faut faire maintenant pour que d'autres désastres ne surviennent pas.
Oui, nous devons accepter l’idée que les événements, dans la vie, puissent être autre chose qu’eux-mêmes et représenter une réalité plus grande que ce que la stricte acceptation des faits propose au raz des pâquerettes. Laissons tomber le verbiage technologique prétendument explicatif qui ne fait que jeter un nuage sur la compréhension des phénomène. L’accident devient intelligible et le vrai coupable identifiable si l’on étudie avec lucidité tous les faits entourant le drame. Pour cela, il faut sortir de l’étau de la linéarité rationnelle, s’armer d’une vision meilleure que celle des évidences apparentes. Ce désastre aurait pu être évité ? Oui, absolument : c'est encore un de ces Désastres qu'on nous fabrique…

Préalable avant de poursuivre
  1. La lecture du symbole ne peut pas être pratiquée si l’on n’apporte pas, en provision préalable, la connaissance du système cortical.
  2. La science ne dispose pas de la connaissance qui révèle l’ossature archétypale, c’est à dire le système de vérité et ses normes.
  3. Il faut être initié aux valeurs cycliques, aux archétypes. Comprendre que les événements s’enferment dans des sortes de bulles et des sphères cycliques.
  4. Admettre que l'esprit ne déraille pas en disant cela. Bien au contraire, il est bien sur ses rails.
Les faits.
Déraillement du train Paris Limoges
A Brétigny sur Orge
6 morts

En cause :
Une pièce de métal, appelée éclisse, jointure entre les rails qui se serait détachée pour se ficher dans le mécanisme d’aiguillage.

Résultat :
Une partie du train est passé, dont la locomotive, tandis que plusieurs voitures ont déraillé,bifurquant hors les rails pour aller dévaster le quai de gare.

Cela ne vous rappelle rien ? Vraiment pas ?
Alors regardons de près. Un regard initié (y en a-t-il parmi nous ?) fournira aisément le décryptage de la scène à condition qu’il ouvre le symbolisme représenté par cet accident funeste. Il lira les faits, de manière objective et passera le détails au tamis de la grille de lecture permettant le décodage. Notre grille, c’est la kabbale hébraïque, (si vous en avez une meilleure, alors faites-la nous connaître d’urgence).

En cause, le train. On parle couramment du « train de vie », du « train civilisateur »… Retenons cette expression, comme significative. Dès lors, le train venant de Paris et se rendant à Limoges n’est pas neutre. C’est l’image symbolique de ce qui, venant de Paris, se rend à Limoges. Image de la pensée parisienne, de la prétendue « élite » de la capitale : est-ce cela, le train de Paris qui a déraillé ?
Dérailler signifie « sortir du rail ». A l’endroit d’une bifurcation, d’un aiguillage. Le transfert d’une voie sur l’autre a donc raté en raison d’une « éclisse » malencontreusement déboulonnée bloquant le système. Qu’est-ce qu’une éclisse ? Quel beau mot pour désigner une vulgaire pièce d’acier ! Mais voyons cela de plus près : il s’agit de la pièce servant de jointure entre les rails, destinée à maintenir la continuité de la ligne : une pièce essentielle, précieuse à l’édifice que constitue le réseau des voies. Qu’une seule éclisse manque entre les rails et toute la voie devient inutilisable ! Cette éclisse demandait à être vue, puisque c’est cette pièce d’acier de 20 kilo que l’on a retrouvée fichée dans l’aiguillage. Voir la pièce manquante ! En prendre bonne note, procéder au contrôle de toutes les voies, resserrer les boulons. Et si cette « éclisse » représentait une manquante à notre civilisation ? Quelle pièce nous manquerait, sans laquelle toute notre civilisation risque de dérailler ?

Dans ce monde, tout est histoire, « bruit et fureur », tout est rébus à résoudre. Et l’on ne saurait se contenter du reportage rase-mottes : il faut dégager les rails obstrués de notre entendement obtus, enlever la ferraille qui encombre la vérité, autant de décombres qui sont désormais de l’ordre de la déchèterie et lire l’événement avec des jalons systémiques convenables. Ces jalons, ils sont exposés dans LA FACE CACHEE DU CERVEAU, le Code des archétypes. Ces archétypes que Jung avait pressentis, sans exactement les identifier, ils sont là, outils de compréhensions des événements, du réel, de la vie.

Nous savons que pour passer du Niveau III au Niveau IV d’un cycle, une grande décision s’impose. Il faut que l’énergie déserte la strate Vc du côté « Qui – Fait » et qu’elle monte résolument vers la couche Via, côté « Qui-Sait ». C’est une commande énergétique impérieuse, implacable. La règle ordonne de quitter les lieux qui fabriquent le désastre.
Partir est normatif pour qui souffre la malheur de vivre en position extrême sur la branche du manifeste[i]. Dès lors ce train ne devient-il pas emblématique du schéma de circulation de l’énergie ? La locomotive directionnelle veut aller dans un sens, mais l’aiguillage est obstrué par une pièce mal vissée. Cette pièce manquante n’est pas fautive en tant que telle, ce qui est en cause, c’est le fait qu’elle ait été délaissée, oubliée… L’humanité serait-elle responsable d’oublier la Connaissance initiatique sur son trajet ? Le projet civilisateur « made in Paris » ne semble pas rouler comme il faut, puisqu’il est allé dérailler. Sur la route de Limoges — où elle allait se faire limoger ?

Un psychanalyste systémique — un même un systématicien de l’école de Palo Alto, de Heinz von Forster ou de Gregory Bateson aurait remarqué que depuis quelques temps déjà, une sorte d’obstination se fait observer à l’endroit du mot Limoges. Pas moins d’une semaine avant le tragique déraillement du Paris-Limoges, le mot Limoges revenait dans tous les médias rendant compte du surprenant limogeage de la ministre Delphine Batho. N’ayant nullement démissionné, elle a elle-même employé ce mot limogeage lors de sa conférence de presse, achoppant d’ailleurs tant elle en était perturbée. Sur le coup, j’avais pensé que ce limogeage ordonné par le Premier Ministre était une erreur et que le gouvernement déraillait à trop vouloir imposer une voie unique. Mais avec l’insistance de ce mot, apparu en première instance autour de la ministre de l’écologie, revenant avec le déraillement effectif d’un train se rendant à Limoges, il m’a paru qu’il y avait, dans la manière de penser des « élites » dirigeant le train, un déraillement intellectuel sérieux. Réponse de la vie ? L’arrêt total du train.
Oui, quelque chose déraille dans la pensée…

A l’image de l’activité économique du pays : croissance Zéro.
A l’image aussi de l’activité intellectuelle de la France : croissance nulle.
Est-ce le signe d’un pays tout entier qui déraille, dont les options culturelles sont stoppées net ?
La gouvernement l’a annoncé : la vétusté générale des voies de chemin de fer doit être corrigée. Les chantiers TGV sont annulés. Reportant cette image symbolique du train sur le plan des idées, il en résulte qu’une thérapie collective s’impose, c’est à dire la réfection des modalités de pensée, et l’arrêt de la voie ayant ruiné le réseau.

Problème de bifurcation
Nous voici à la croisée des chemins. Cette question des bifurcations tourmente les mathématiciens depuis des années car ils ont observé dans leurs hautes spéculations, la présence de cette équation incontournable. Tout événement mathématique est frappé du phénomène des bifurcations. Pourquoi ?
Les chercheurs n’ont pas identifié la cause et continue de se creuser la cervelle. De son côté, la kabbale hébraïque en sait un peu plus (et mieux) sur la question.
L’arbre des lettres hébraïques se dresse justement en grand « Y », avec ses deux branches visitées par l’énergie qui circule tour à tour en elles [ii]. A droite de cet arbre, les valeurs qualitatives, dites « épineuriennes ». A gauche, les valeurs quantitatives dites « hyponeuriennes ». Pour en savoir plus, se reporter au livre La Synthèse des Sciences…
Le modèle évolutif naturel est établi sur ces bifurcations et on le voit très bien dans l’évolution des espèces : quand la branche de Gauche « hyponeurienne » se met à produire une énorme quantité de raffinements inventifs, la situation de fin est proche. C’est une « généreuse explosion de dernière heure », mais la logique du fonctionnement cyclique veut que l’énergie se déporte sur l’autre face…[iii]
Quel rapport avec le train ? Aucun, dira le rationaliste ignorant pour qui rien n’a jamais de rapport avec rien. Laissons cet incrédule à son affaire et soyons sérieux : tout le monde a observé et dénoncé que le raffinement prestigieux du TGV a englouti tous les budget (la branche de Gauche a capté toutes les énergies inventives) signalant que la fin du cycle technologique est proche, et que l’énergie se reporte sur la branche d’en face (le bon vieux réseau mal entretenu a besoin de toute l’attention car c’est lui qui vitalise le réseau). Transposant le problème SNCF à la dimension de notre culture tout entière , ce qui serait en cause, c’est la pensée, la réflexivité, nos choix culturels : ils sont tous sur une voie unique, orientés vers un matérialisme forcené, guidés par une croyance obsolète et dogmatique consistant à vénérer le « Progrès » par ses apparitions quasi-métaphysiques sous les formes manifestées de la technologie parfois la plus absurde. La science — oh sainte divinité — se croit seule et unique à fournir des critères de jugements, aussi ce qui est au pouvoir, c’est bien une puissante altérité, c’est la branche « hyponeurienne » finissant par générer des désastres technologiques, s’infligeant à elle-même des dégâts immenses, sans identifier qu’elle est elle-même responsable de la malveillance dont elle se plaint.
Ce déraillement funeste nous donne ainsi l’image de notre projet de civilisation, c’est lui qui déraille : toujours plus de technologie et de science au détriment de la vitalité essentielle. La locomotive est engagée… mais la voie est obturée. Nous savons désormais — nous le savions déjà car la lettre hébraïque du Tzaddé final indique et ordonne l’arrêt en phase Vc — qu’il existe un obstacle sur la voie, et qu’on ne peut persévérer sur la voie hyponeurienne du matérialisme seul. Cette éclisse qui nous empêche de prendre la bonne voie, c’est celle de l’ignorance, c’est notre culture blindée et trempée dans l’acier des sciences et le fascisme scientifique voulant soumettre toute chose sous sa gouverne. Toutes ces sciences non établies sur le modèle de la réalité… Ce qui a lâché sur la voie Paris-Limoges, c’est le boulon des idées obsolètes, le positivisme du XIXième siècle triomphant. Le délire scientifico-rationaliste bon à mettre au rebus à l’image du fameux Concorde, autre prouesse technologique divinisée… bonne pour le musée ou la ferraille.

Facile à dire…
Quel serait le remède ?
Le  remède, il commence à s’imposer de lui-même. L’arrêt en phase des absurdités se réalise par lui-même. Mais à quel coût ! Nous pouvons éviter de subir les arrêts et les devancer. Ainsi il existe un protocole de conscientisation afin que la réponse de la vie ne soit pas seulement subie, mais accompagnée et toute connaissance de cause.
  1. Le Stop doit être marqué… déjà les chantiers TGV sont arrêtés…
  2. Le Stop doit être dit, prononcé : arrêt des projets prétendument nécessaires au progrès quand ce ne sont que des projections sur l’avenir des idées du passé.
  3. Un indicateur clair — politique — doit dire : « ne reste pas sur cette position, sur le quai des idées reçues et va là-bas, vers l’avenir d’une vraie évolution culturelle. »
  4. L’acte de passage doit être dit, prononcé par un être humain, et non pas subi par la « force des choses ». Autrement dit : l’acte de conscience et décisionnel doit être verbalisé.

Faut-il être un bibliste averti pour conceptualiser cette opération ? En tous les cas, l’initié de la tradition hébraïque sait qu’il ne faut pas dépasser la 18ième lettre de l’alphabet à Gauche du grand arbre évolutif. Car en Tzadé final, l’arrêt doit être marqué, suivi du transfert de l’énergie sur la voie d’en face. Penser à la Sortie d’Egypte sous la direction de Moïse… Etait-il un illuministe ?
C’est en quittant la zone Qui-Fait à Gauche pour énergétiser le côté Qui-Sait à Droite que le flux, à sens unique, se déclenche. Il active alors un secteur défini de la programmation cyclique, le site du Relais [iv].
Il faut donc être prévenu pour orienter la vie vers le salut, sinon l’activité persévère à soutenir la voie sans issue, la zone interdite, où nous allons droit dans le mur. Et il n’est pas certain qu’il se trouvera une grue assez puissante pour ramasser la ferraille d’une culture bonne pour la casse… Alors, quel est l’initié – politique qui interviendra, qui nous dira qu’un STOP est à marquer, que c’est le prix à payer pour trouver une nouvelle voie de développement ? Ce Stop, répétons-le, est à marquer avant le désastre. Où est-il (où est-elle) l’initié (e) connaissant la manœuvre salutaire pour nous tirer de l’impasse ?

PS :
Un kabbaliste pratique la lecture des noms, car pour lui, les noms des personnes, des lieux, des villes sont des indicateurs puissants dans la sémiologie du réel. La vie s’exprime à travers les noms et nous envoie son message : il faut donc, pour décoder en détail l’affaire du déraillement, bien entendu lire le nom de la ville où l’accident s’est produit, Brétigny sur Orge. C’est en hébreu que les mots prennent leur maximum de sens ; ici, associé au français puisque le drame s’est déroulé en France. On appelle cela faire un Tzérouf, où l’on frotte deux langues l’une contre l’autre en Gauche et Droite jusqu’à ce que s’allume le feu du sens. Exercice indispensable puisque l’accident met en exergue la lettre Tzadé, celle de la bifurcation entre Droite et Gauche. Lettre initiale du mot hébreu Tzarfat désignant en hébreu la France. De quel côté du Tzadé optera le pays ? Connaissance et son renouveau ou bien l’impasse scientifico-industrielle fonçant droit dans le mur ? Brétigny sur Orge nous invite à bien y réfléchir.

Brétigny : Bérit = l’alliance (au sens abrahamique)
i-gny : il nie
C’est à dire que l’Alliance est niée
Sur : certainement
Orge : hors-jeu de l’ogre ou jeu en or ?
Le rébus que propose le nom de la ville est assez clair et prend sens au regard de cet accident :
Notre civilisation tel un ogre dévore les vies et nie la Connaissance et c’est sûr que c’est une situation de hors-jeu par rapport à la vie.
Mais le hors-jeu peut se transformer en jeu en or si nous intervenons avec les secours de la Connaissance, si une puissante grue remet les wagons sur rails. Cette grue, c’est celle de la Connaissance des lois organiques du réel.

Pour savoir où elles se trouvent, je vous suggère de lire et découvrir l’œuvre de Dominique Aubier.
Une fois de plus, si vous avez mieux comme réponse, faites la nous connaître d’urgence.


[i] Le Pouvoir de la Rose, Dominique Aubier, éd. MLL, page 212
[ii] Pour bien le visualiser, je recommande d’en prendre connaissance à la fin du livre Ces Désastres qu’on nous fabrique qui contient, en fin d’ouvrage, un supplément dépliable où l’on peut voir les schémas de l’arbre alphabétique.
[iii] Le Pouvoir de la Rose, op cit. p. 139
[iv] Idem, p. 145
Lire aussi : Ces Désastres qu'on nous fabrique, du même auteur

dimanche 14 juillet 2013

Le Redoublement, archétype de la Connaissance


Il faut distinguer le ReDouBlemenT de la Dualité.
 
Le Redoublement se situe dans le Temps.
La dualité est structurelle, avec sa Gauche et sa Droite.

Lire à ce sujet : La Face cachée du Cerveau, de Dominique Aubier. C'est dans ce livre que se trouve l'explication de ces deux archétypes. Et non seulement l'explication, mais leur identification dans la structure corticale.
C'est tout le mérite de Dominique Aubier de les avoir mis au jour, de les avoir détectés, identifiés, expliqués. Le résumé ci-dessous a été conçus à partir de son enseignement. (Je tiens à le préciser car je ne voudrais pas que l'on attribue ces éclaircissements à d'autres auteurs qui ont peut être pressenti la puissance des archétypes, mais sans les nommer et sans les rendre au motif qui les conditionne : le cerveau.)  


Les caractéristiques du Bip et du BOP, en fonction de l’anatomie.
1. Caractéristiques du Bip, le passe, la première instance.
Le Bip est léger, subtil.
Il énonce, dit, informe (le décret). C’est le lieu du Guézer.
Tout effet manifeste commence par être du ressort du Bip.
L’initié surveille le Bip.
C’est en Bip que l’énoncé prend sa forme symbolique.
La première fois sert de modèle à la seconde.
Entre les deux instances, l’espace de la décision.
En hébreu c’est la Hitraout
Bip : le i de l’énergie transporte l’information

2. Caractéristiques du BOP
Le BOP est centrifuge, expansif, matérialisant.
C’est le lieu de la protéinisation.
L’information du départ, énoncée en Bip, devient difficile à déceler.
Accroissement des données du passé.
Augmentation de la puissance résolutoire du manifeste.
La réalité se jette dans la pesanteur du manifeste.
L’événementialité prend les contours du fini.
En hébreu c’est le lieu de la Hitgalout la matière enseigne.
BOP : i devient O (lourd et rond)

Les informations émises en couche 1 en Bip sont réinsérées en couche 4 en BOP.
C’est le rendez-vous avec le réel. En BOP apparaît la dualité et la poussée centrifuge.

Exemples de Bip-BOP
En littérature, dans son rapport au réel :
Robertson a écrit un livre au XIXème siècle qui raconte le naufrage d’un navire nommé Titanic. Le véritable Titanic subit exactement le sort que le romancier a décrit.

Donc, attention à ce que l'on écrit, car cela peut constituer un Bip énonçant une première instance. Cette première instance peut donner lieu à une seconde instance matérielle. Toute fiction imaginée, posée par écrit — ou mise en image au cinéma — peut composer un Bip… La réalité prend en charge les informations qui lui sont instillées et tend à les matérialiser.
L'initié le sait et agit donc essentiellement en Bip pour composer des symboles…

Dans la physiologie : la dentition.
Les humains ont deux dentitions successives. Les dents de lait qui n’ont pas de racines (Bip). Les dents définitives ont des racines.

Dans la Bible, Psaumes :  Dieu ne parle qu’une fois… à cause de la structure dans laquelle il parle
mais tu l’endends deux fois en raison des deux traitements successifs.

Le Maharal de Prague dit, dans le Puits de l’Exil :
Seuls les noms des villes présentant un redoublement sont ceux qui sont significatifs (Rabbi Yehuda Loew).

Dans la tradition chinoise :
De nombreux Koans sont construits sur le modèle Bip-BOP
attention, attention !
Là où l’eau est trop peu profonde, les vaisseaux ne peuvent demeurer
Eau peu profonde = Bip
Ne peut demeurer = inachevé

mardi 2 juillet 2013

Le Redoublement (Bip et BOP) archétype de la Connaissance


Le Bip et le BOP, archétype du Redoublement.

Plusieurs Lecteurs de Dominique Aubier nous ont écrit pour nous dire qu'ils avaient du mal à comprendre exactement de quoi il retourne quand il s'agit du Redoublement. Alors nous avons fait un petit résumé permettant d'en avoir une vision synthétique.
Pour l’exposé détaillé, se référer à La Face cachée du Cerveau.
Pour les applications pratiques : il suffit d'oberver la réalité, la vie autour de nous. Nos propres existences sont articulées selon un temps cyclique à l'intérieur duquel les Redoublements se produisent sans cesse.

I. Le Principe d'Unité :
Il y a un principe unique d’unité qui est mis à la clé du réel.
Dans ROSCH (structure corticale) il y a deux instances que l’énergie traverse ;
Les 6 couches du néo-cortex d’étendent en deux fois 3 couches.
Les couches 1-2-3 = Bip
Les couches 4-5-6 = BOP
Bip et BOP sont une appellation donnée par Dominique Aubier dans son ouvrage pour désigner les deux instances.
Le Bip étant le lieu de l’information, c’est aussi le lieu de la liberté, du moyen d’action sur le réel.
Le BOP connaît le développement, l’expansion, l’entropie maximale.
En BOP, la Gauche est puissante, la division Gauche et Droite dans le cerveau se voit.

"Dieu se décrit à nous au moyen de nous.
 La forme interprète une information qui fait sens. Ainsi chaque sous-cycle est une sphère d’intelligence qui subit l’influence des couches."
Il y a donc une pensée de type Bip et une pensée de type BOP.

Elle n’est pas la dernière pensée du Moi
Et sa lumière n’est pas ultime !…

Deux sortes de pensée : une en Bip et une autre en BOP.
Les rites et traditions du monde appartiennent tous à l'instance Bip. D'où la richesse de leurs symbolismes. Les symboles sont un mode d'expression de type Bip. De première instance, toujours annonciatrice de la seconde. Le symbole préfigure. La réalité contondante suit le symbolisme et en interprète les données en les déposant dans la matérialité.
D'où : attention aux symboles !

L'initié véritable agit non pas sur la matérialité des événements et des choses déjà établies, mais sur l'instance Bip, c'est à dire avant que la chose ne soit déposée dans le réel. L'initié surveille le cycle. L'ouverture du cycle : la couche I. Là se présente le "guézer", le décret initial qui inocule au cycle tout entier l'information primordiale qui va opérer tout au long des 6 phases successives modulant l'évolution.

Très bien perçu par Paul Valéry, dans  Regard sur le Monde actuel, éd. Folio, page 20 :
"Il m’apparut que toute l’aventure de l’homme jusqu’à nous devait se diviser en deux phases bien différentes : la première, comparable à la période de ces tâtonnements désordonnés, de ces pointes et de ces reculs dans un milieu informe, de ces éblouissements et de ces impulsions dans l’illimité, qui est l’histoire de l’enfant dans le chaos de ses premières expériences. Mais un certain ordre s’installe ; une ère nouvelle commence. Les actions en milieu fini, bien déterminé nettement délimité, richement et puissament relié, n’ont plus les mêmes caractères ni les mêmes conséquences qu’elles avaient dans un monde informe et indéfini…"
 Le Redoublement est un outil de conquête des concepts du Réel.
Le Redoublement est une stratégie structurelle
L’énergie subit le traitement qui est imposé à la structure.
Le Redoublement s’inscrit dans le temps.
Pour bien comprendre le Redoublement, il faut surveiller le temps.
Appelé Passe et Repasse par le Maharal de Prague…

La suite, dans un prochain Blog

mercredi 19 juin 2013

l'Urgence du Sabbat. Le sens du Sabbat. Par Dominique Aubier.

L’Urgence du Sabbat
Dominique Aubier

L'édition de ce livre, très demandée, était épuisée depuis plusieurs années.
Voici sa nouvelle édition.
Nous rappelons que cet ouvrage est tout à fait unique : c'est en effet le seul qui donne l'explication détaillée du Shabbat, en tant que rituel. Le sens des actes posés au cours de la cérémonie, le sens des symboles évoqués (le pain, la lumière, le repas etc.) et le sens des paroles prononcées.
Qu'est-ce que le Shabbat ? Son secret, son mystère et son sens ?
Ce livre est une référence incontournable pour qui veut comprendre la dimension civilisatrice du Shabbat, le "Grand Arrêt".


L'Urgence du Sabbat

Quel est le sens du Sabbat ? Depuis des millénaires, ce rite se perpétue, sans que sa signification exacte en ait été donnée : en effet, aucun ethnologue n’a élucidé le mystère du rite sabbatique, aucun rabbin n’en a ouvert ni livré le secret. Son symbolisme n'a pas été ouvert.

Pour en percer l’énigme et en décoder le plan, il fallait d’une part un détective minutieux pour qui le judaïsme n’a pas de secret, et d’autre part un chercheur qui dispose parallèlement d’une solide formation scientifique. Une double compétence était requise, assermentée d’une vaste culture, et d’une vocation singulière : celle qui consiste à ouvrir les rites et symboles afin d'en dégager le sens.

Ainsi, après avoir défini la spécificité israélite encadrée par les cinq paramètres du Verbe, du peuple, du pays, de la langue et du temps (dans le livre Le Cas Juif), Dominique Aubier réalise l’étude exhaustive et minutieuse du sabbat. Il s’agit de trouver le sens des gestes, car dans ce rituel, rien n’est laissé au hasard.

Signe de l'arrêt cyclique, le Sabbat s'impose pour marquer l'arrêt évolutif.
N'est-ce pas en comprenant le Sabbat que l'on parviendra à comprendre les révoltes qui ébranlent les sociétés. Le Sabbat préconise l'arrêt, le "stop" : s'arrêter de "faire" et se retourner vers l'Esprit… N'est-il pas la clé pour comprendre le drame de notre civilisation qui, justement, ne sait pas "s'arrêter" de faire ?

La symbolique du Sabbat, mise au clair dans ce livre, renvoie au mécanisme du fonctionnement du cerveau. Il apparaît que le Sabbat expose, en langage symbolique, la méthode qui permet d’identifier la structure unitaire du réel que les sciences recherchent ! L’étude que présente Dominique Aubier est magistrale. Indispensable à tous ceux qui désirent en savoir plus sur le judaïsme et ses secrets.


L’Urgence du Sabbat
Edition reproduisant l'édition originale parue en 1969 aux Éditions du Mont - Blanc.
Edité par :
M.L.L. / La Bouche du PEL

300 pages, 14 x 20 cm, livre cousu, 54 €

vendredi 7 juin 2013

Dialogue Connaissance et sciences, avec le Dr. Paul Forlot

 En souvenir chaleureux de l'ami Paul Forlot :


Humaniste, et scientifique d'avant garde.
Amateur de bons vins et par conséquent, grand ami de
Don Quichotte, Paul Forlot vient de nous quitter.
Il était un grand ami.
Voici une interview passionnante que nous avons réalisée avec lui. On y appréciera son ouverture d'esprit et sa formidable capacité de remise en question de la démarche scientifique.

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Interview de Paul Forlot, biologiste, spécialiste de la mélatonine.
Interview en deux parties :
1. par Dominique Roth
2. par Dominique Aubier en second temps.


I - Profil à double foyer

Paul Forlot est docteur ès sciences dans une discipline particulière, la biologie. Breton de Belon, il aime à dire que sa conscience est d'origine, comme les huîtres de son pays : plate mais bivalve. Né en 1940, il a la chance de faire ses études dans le climat pédagogique de l'époque : la ségrégation entre sciences et littérature n'était pas encore poussée au degré d'antagonisme qui sévit actuellement dans l'enseignement. C'est là une marque de variété qui l'accompagnera tout au long de sa recherche. Dès le départ, le principe d'incertitude a commandé à son orientation. Impossible de se décider entre la voie scientifique et la voie littéraire. Il hésite longtemps au point de déhiscence, n'acceptant pas la divergence. Et comme une vocation trouve toujours ses chances, Paul Forlot a eu celle de s'inscrire dans un lycée qui offrait la possibilité de ne pas séparer une tendance de l'autre.

En effet, le lycée de Nantes où il entre à l'âge de onze ans comportait la section dite A', qui unissait le programme de la section C à celui de la section A, en ce sens qu'il fallait travailler doublement pour rester à flots. Les matières privilégiées en C : mathématiques, Physique Chimie, Sciences Naturelles pactisaient avec celles défendues en A : français, grec, latin, les autres matières étant communes aux deux directions d'étude. L'habitude et le goût de la pluridisciplinarité sera prise bien avant que les aléas de la Recherche scientifique en rendent la conception nécessaire. Elle n'était pas à la mode dans les années 60. Pour répondre à l'impératif psychique de ne jamais perdre l'alternance entre les deux manières d'aborder la vie, l'étudiant qu'il est devenu opte pour l'Agronomie.

S'il y a un domaine scientifique où la diversité des approches s'impose réellement, c'est bien celle-là. Contrairement à nombre d'autres formations scientifiques, comme Polytechnique où l'enseignement vise le concept, l'Agronomie reste au contact du réel. Et c'est son intérêt. Un intérêt prodigieux que les mœurs culturelles des trois dernières décades ont dissimulé, écartant les esprits du substrat le plus efficace pour demeurer réaliste. Paul Forlot aime à dire qu'il est venu à Internet pour des raisons pratiques, sans se laisser éblouir par le vertige du virtuel.

Déterminé par le choix initial de l'Agronomie, le cursus se complique. Impossible de rien sacrifier. Le choix se porte sur la biochimie qui a la vertu de s'appliquer à toutes les matières objets d'études biologiques. La licence puis le doctorat se gagnent ainsi, en toute fidélité au grand principe du multiple. Trois étapes déterminantes se dessinent alors:

La première, c'est le service militaire. Il se retrouve affecté à un laboratoire de recherche de l'Armée consacré à la biochimie du sang, le Centre de recherche relatif à la transfusion sanguine. La biochimie du sang, l'hématologie en général et le typage cellulaire s'emparent si bien de son intérêt qu'ils deviennent des thèmes de prédilection. Il faut dire que l'équipe où il est intégré est celle qui a découvert la technique du cariotypage, la photographie du capital génétique des individus, le recrutement offrant, avec les appelés, d'inépuisables ressources en prélèvements sanguins. La technique était fort originale, consistant à séparer les lymphocytes du reste du sang, de les cultiver et les individualiser au moment de leur mitose, stade où les chromosomes sont visibles et identifiables. La lecture s'appuyait sur des procédés qui feraient sourire aujourd'hui mais qui avaient l'avantage de solliciter l'attention d'une manière extrêmement concrète. Tant que vous n'en avez pas vu un, le chromosome est plus proche du concept que de l' objet, La micro-photo était agrandie, puis l'image grossie découpée de manière ce que les différents chromosomes soient individualisés. A ce moment-là, plaisir insigne de l'esprit, ils étaient remis en paires. Paul Forlot se souvient avec émotion de la première fois où il a vu un chromosome 21 triple, au lieu d'être pair, signe de la trisomie.

La deuxième étape a été marquée par l'entrée professionnelle dans la recherche pharmaceutique industrielle, selon la logique de la formation acquise dans l'Armée. A ce moment précis, il se voit obligé de passer à l'enzymologie par le biais de la coagulation sanguine, cheval de bataille de son laboratoire. Contrainte incontournable, acquérir sur le terrain en même temps qu'à l'université, le savoir nécessaire. Il travaille alors à l'Institut Pasteur, avec Jacques Monod et Louis Chédid, époux de l'écrivain André Chedid et père du chanteur Louis.

Troisième période, il entre dans un autre laboratoire dont les intérêts concernaient essentiellement la dermatologie. Nouvelle occasion d'ouvrir plus large encore son domaine de compétence. Il devient un photo-biologiste reconnu. Mérite d'autant plus significatif qu'il s'agit d'une branche récemment ouverte dans les sciences biologiques. Elle ne bénéficiait d'aucun passé spécifique, ni d'aucune mémoire privée, mais elle allait prendre une importance considérable, non seulement en tant que discipline mais en cela qu'elle exploitait génialement, dans l'esprit de Paul Forlot, tout ce que ces divers apprentissages lui avaient apporté.
On n'est pas obligé de croire à la pluridisciplinarité, mais il est certain qu'elle s'avère d'une immense générosité quand elle s'effectue naturellement dans une conscience.

Conclusion? La démarche devait conduire vers une cible non visible qui allait s'avérer essentielle pour la compréhension du réel: la mesure du Temps. L'interview qui suit va porter sur ce thème. Il faut dire que la Science n'a rencontré le temps qu'à partir du moment où s'est faite la découverte dont il sera question. D'où son extrême importance ...

En marge du cheminement professionnel et scientifique, Paul Forlot s'intéresse à la musique —il a dirigé une chorale—, à la culture —il participe à la création, avec Jacques Lang, du Festival Universitaire de Nancy — à la littérature non romanesque, aux essais philosophiques et comme il connait parfaitement l'allemand, il a pu lire Kant et Heidegger dans le texte. Un hasard n'ayant rien d'hasardeux lui fait connaître une amie de Nelly, son épouse, Véronique Skawinska, qui emmène le couple droit chez Dominique Aubier. Tir de précision. Il lit La Synthèse des sciences, dont le raisonnement le frappe beaucoup, puis La Face cachée du Cerveau qui lui révèle l'existence d'un Code universel. A partir de ce moment, tous les phénomènes biologiques changent de couleur à ses yeux, comme les dorades qu'on sort de l'eau. Il entrevoit l'extraordinaire simplicité avec laquelle les choses complexes acceptent de se faire contrôler. La lumière qui tombe du Code les rend intelligibles dans une mesure nouvelle d'organisation. Des faits scientifiquement observés, qui restaient jusque là sans relation, apparaissent soudain reliés par une logique de structure et de systématisation fonctionnelle.

II - La mélatonine au pavois

L'interview ayant eu lieu le 18 février 1999.

Paul Forlot : Pour vous faire comprendre la révolution épistémologique engendrée dans mon esprit par la rencontre des deux livres cités ci-dessus, je dois vous donner deux exemples.

Le plus direct à évoquer est emprunté à l'immunologie. Il existe deux aspects fonctionnels sous lesquels se constituent les défenses immunitaires: l'immunité naturelle et l'immunité spécifique. La première, c'est la réponse spontanée à une agression de l'organisme et cette réponse engendre la destruction de la cause, bactérie ou corps étranger. Un anticorps se crée alors, spécifique à la nature de l'agresseur. C'est la phase singulière du montage de la défense immunitaire. Deuxième étape. Descriptivement, je le savais par cœur. Mais je n'avais pas le recul qui aurait permis d'y voir un mécanisme intelligible en soi. Il faut reconnaître que la méthode scientifique n'y invite pas. Quelle ne fut pas ma surprise d'en découvrir le critère tout expliqué dans La Face cachée du Cerveau. Il y portait même un nom officiel: Le Redoublement. Cet archétype donnait grande satisfaction à mon sens du bivalve, ou, si vous préférez l'Algèbre aux Lamellibranches, de la correspondance biunivoque. Avec un humour de téléphoniste ou peut-être par admiration pour Fred Astaire et sa danse du Bip Bop, Dominique Aubier a utilisé un graphe représentant le ricochet: le Bip BOP. Je dois avouer que j'ai accepté cette terminologie à mi-chemin du concept et du rire. C'est que bien des mystères s'expliquaient à partir de sa formalisation ... Imaginez mon étonnement. Non seulement la répétition organique se justifiait au regard d'un principe supérieur, mais les trois niveaux d'organisation, bien observables dans la formation en deux temps de l'autodéfense, recevaient leur consécration systémique.

Ces trois nivaux d'organisation sont les suivants: immunité naturelle ( Niv 1), immunité spécifiée ( Niv 2), devenant spécifique parce que mémorisée ( Niv 3). S'il y a réinfection, la protection joue parce que la défense a été intégrée dans la mémoire cellulaire. Et je rencontrais là un second cas de puissance normative émanée de la thèse corticale. Vous me direz que toutes nos pensées viennent du cerveau. Mais ce n'est pas dans ce sens qu'opérait la mise en bouteilles ... C'était tout autre chose. Le cortex doué de parole devenait le modèle sur lequel radicaliser nos faits de connaissance.

Dominique Roth Avez-vous fait part de votre découverte à d'autres scientifiques?

P. Forlot. Bonne question. Je me suis méfié. Pas tout de suite. Mais j'ai conseillé la lecture de La Face cachée du Cerveau à deux personnes. Leur formation ne les avait pas préparées à un tel choc. Tout de même, ni l'une ni l'autre ne m'ont traité d'allumé. Au contraire. Quantité de discussions ont été engendrées entre nous, qui m'ont fait penser que la porte était entr'ouverte et qu'il fallait attendre l'occasion pour l'ouvrir entièrement.

D. Roth: Vous annonciez un second exemple.

P. Forlot. Quand on acquis le réflexe intellectuel de remarquer l'archétype dans un processus, il en reste dans l'esprit une image intégrée un peu comme dans le cas de la mémorisation immunitaire. Et cela devient d'une grande commodité. Je viens d'en vivre l'avantage dans mes travaux sur la mélatonine, en collaboration avec le Professeur Paul Pevet, de Strasbourg.

D. Roth : Qu'appelez-vous mélatonine ? Je n'en ai jamais entendu parler.

P. Forlot ... en dépit de la médiatisation qui a entouré The melatonin miracle ? Deux américains Walter Pierpauli et William Regelson, ont publié à New York, aux éditions Simon & Schuster, un bouquin qui a fait grand fracas, aussitôt accueilli en France avec le même succès publicitaire. Moi qui croyais que ce tapage avait inséré une notion trompeuse de mélatonine dans les esprits. Le vôtre a donc échappé à l'agresseur.

D. Roth : Je suis immunisé ... La Connaissance protège contre les sottises, les mensonges et les scoops pseudo-culturels qui n'ont d'autre intérêt que remplir la poche de leur promoteur, toujours confiant dans l'immense crédulité du public.

P. Forlot : Pour revenir à la mélatonine, elle constitue pour moi une découverte majeure, à la fois scientifique - puisqu'il s'agit de l'hormone messagère du temps biologique-, philosophique si vous voulez, à moins que vous préfériez le terme d'initiatique. Je ne le récuse pas au regard de ce que m'a appris La Face cachée du Cerveau.

D. Roth : Commencez par l'aspect objectif...

P. Forlot: On ne peut éviter de citer le professeur Alfred Lerner qui, d'origine allemande, travaille maintenant aux Etats Unis. C'est lui qui, le premier, a identifié la mélatonine. S'il est vrai comme le prétend le biologiste Rupert Sheldrake que les mésanges qui débouchent des bouteilles de lait en Angleterre en ont communiqué le savoir sans intermédiaire à leurs consœurs d'Australie, alors, toutes les grenouilles du monde doivent se souvenir du grand deuil mélanique dans lequel les ont plongé la maladresse du laborantin. Une goutte d'un extrait de cerveau de bœuf vient à tomber dans l'aquarium où elles attendent d'être les cobayes de la recherche sur la pigmentation dont le Pl' Lerner était spécialiste. Et voilà que le lendemain, quand il rentre dans son laboratoire, le professeur voit avec stupéfaction que ces grenouilles ne sont plus vertes. Elles sont noires comme le jais. Il se demande d'où vient cette alchimique œuvre au noir. Il y a de la magie noire dans cette transformation. Et comme il croit aux explications, il l'attribue à la chute malencontreuse d'un extrait de cerveau de bœuf dans l'eau et c'est ainsi qu'il isole le corps responsable de l'endeuillement batracien: il l'appelle la mélatonine, du grec mélanos qui signifie noir.

D. Roth : C'était à quelle époque?

P. Forlot : Dans les années 80. Depuis, et à part le scoop financier de l'américain, personne ne s'était intéressé à la mélatonine, à part le professeur Paul Pevet. Pour ses expériences, il a utilisé un petit animal sauvage et féroce, qui se rencontre aisément dans les campagnes alsaciennes, le hamster doré. Une des particularités de cette petite bête est d'hiberner entre novembre et mars. Une longue nuit la rend inactive, pendant laquelle la sécrétion de mélatonine est continue et atteint cinquante fois environ son taux de concentration en période éveillée. L'étude de ce phénomène a conduit le professeur Pevet à voir, dans la mélatonine, le principal responsable de l'hibernation, ce qu'il a pu vérifier sur d'autres espèces animales douées de la même capacité de sommeil prolongé en hiver. Il a également découvert qu'une lumière très forte, projetée brusquement sur l'animal en hibernation, provoquait son réveil immédiat et l'arrêt concomitant de la sécrétion de mélatonine. Cette observation réfléchie est à l'origine de la photobiologie des rythmes saisonniers chez les animaux hibernants. Le Pr Pevet en a déduit que la mélatonine était une hormone à sécrétion périodique, produite dans l'obscurité et sensible à la lumière.

D. Roth : Ce phénomène intéresse-t-il l'homme ?

P. Forlot : Bien sûr. Mais pour vous en expliquer l'importance, il me faut vous asséner deux coups d'horloge. L'organisme humain est ainsi fait qu'il dispose de deux mesureurs de temps, l'un et l'autre logés dans le cerveau, exactement, dans le cortex. L'horloge cosmique est le premier de ces sabliers physiologiques. Elle fonctionne sur vingt-quatre heures très précisément, le temps d'une rotation de la terre. Elle envoie en permanence ses informations à l'organisme par l'intermédiaire des noyaux supra-chiasmatiques et l'hypothalamus. Les premiers sont liés à la vision et assurent bien d'autres fonctions. Quant à l'hypothalamus tout le monde sait qu'il est la gare de triage des perceptions. On ne sait pas si, l'alternance jour / nuit s'inscrit dans le message expédié sans cesse par horloge cosmique ou si ce sont les variations du champ magnétique terrestre qui l'impulsent. Le second appareil mesureur de temps est l'horloge circadienne. Elle est entraînée par un signal exclusivement nocturne, la mélatonine. La sécrétion nocturne de cette hormone se fait par réaction enzymatique. Eh bien, cette réaction obéit elle aussi à la règle du Redoublement. La première étape est obligatoire. Elle nécessite la présence d'une enzyme appelée NAT. Vous pouvez lire: Nuit agit sur temps. Mais aussi relever que Tan en anglais signifie bronzé, noir. On se demande par quelle complicité...

D. Roth : C'est aussi, à la lecture inversée, l'homophone du mot Temps. Vous m'en direz tant... Si vous transmettez cette information à Dominique Aubier, elle y verra, écrit à l'envers le nom du chacal en hébreu, Tan, qui s'écrit avec les mêmes lettres que l'impératif du verbe donne : Tèn. Et je gage qu'elle pousserait la malice jusqu'à entendre dans ce triplet la résonnance d'un conseil divin, disant : donne la notion de temps à la conscience qui en a dévoré les effets sans s'en rendre compte !

P. Forlot : Vous avez de la chance que je sois un scientifique amoureux de poésie. A vous entendre, certains de mes confrères verraient leurs cheveux se dresser sur leur tête. Mais le temps viendra où tout ce qui est possible sera normalement objet de respect scientifique. Pour en revenir à la sérotonine, il est important de noter que l'enzyme NAT est produite uniquement à l'obscurité. C'est elle qui assure la première étape de la transformation de sérotonine en méthionine. Le Bip est donc servi. Reste le BOP. Vous voyez j'emploie sans peur le vocabulaire de la coquinerie initiatique le BOP, donc, sera lui aussi enzymatique, sous la dépendance d'une autre hormone qui, elle, n'est pas inconditionnelle de l'obscurité et qu'on appelle HIOMT. Le résultat final de l'opération est la synthèse de la mélanine. Elle est immédiatement décrétée et elle envoie un signal temporel, par l'intermédiaire d'un neurotransmetteur qui emprunte, pour circuler, le cordon thoracique intermédiolatéral droit, dans la moelle épinière. Apparemment que ce soit droit ou gauche semble n'avoir pas grande signification. Mais quand on a lu La Face cachée du Cerveau, on lui accorde une énorme importance. La droite, dans le corps, c'est le côté qui correspond à l'hémisphère " qui Sait " lequel reçoit en direct les sommations que recueille l'influx central. Vous le savez, la fruiterie est le résultat de cette disposition.

D. Roth : Si vous donniez ce détail à Dominique Aubier, elle vous dirait que le ciel s'amuse avec la mélatonine et qu'il s'en sert dans son morse pour télégraphier ses messages.

P. Forlot : Ce n'est pas parce nous parlons du noir que vous devez faire peur à la Rationalité ! Restons dans son domaine. Nous en étions à la transmission du message temporel de la sérotonine. Parlons de sa traduction. La sécrétion nocturne de méthionine, de par sa rythmicité, donne un message circadien et saisonnier qui permet au corps de s'organiser dans le temps, parce qu'il y a, dans toutes les cellules de l'organisme, des récepteurs sensibles à la méthionine. Cela veut dire que toutes les parties de notre physiologie sont au courant du temps qui passe. La méthionine est une grande donneuse de temps pour le système immunitaire. C'est d'ailleurs son nom de baptème. Le parrain, le professeur Lerner l'a appelée : der Zeitgeber, le donneur de temps. On sait, depuis deux trois ans, pas plus, que les défenses immunitaires sont organisées à l'échelle de vingt-quatre heures et à l'échelle sansevière, annuelle. Deux systèmes circadiens ont été identifiés. Le premier concerne la circulation des lymphocytes dans le sang périphérique. La nuit, ils se multiplient et se déplacent. Les lymphocytes sont noctambules. Pendant la journée, ils remplissent leur fonction de guerriers. Et c'est le second effet circadien. Et vous voyez! De nouveau le Redoublement. J'arrive et je bouge en Bip. J'agis en BOP.

D. Roth : Je me demande quand les scientifiques s'accorderont le plaisir de constater l'empreinte du modèle cortical dans les faits.

P. Forlot : Ils le feront dès que le modèle s'imposera à eux, en signalant son intérêt pour le renouvellement total de la Recherche. Ils se réveilleront, n'en doutez pas, dès que se produira intellectuellement ou culturellement le phénomène qui arrête la mélatonine quand le jour se lève et que la lumière arrive. L'horloge cosmique est en fait sous la dépendance de la lumière. Ce sont les rayons lumineux qui ont l'énergie nécessaire à l'ébranler. A l'extérieur du cerveau, c'est la lumière qui règle le temps. A l'intérieur du cerveau, c'est la nuit.

D. Roth : Mais c'est comme si nous tournions avec la terre ! Dites donc...Est-ce qu'il n'y aurait pas aussi un effet gauche-droite, dans ce Yin Yang énergétique propre au cortex ?

P. Forlot : Evident pour moi. La lumière est inconditionnelle. L'obscurité est réalisatrice. La mélatonine a d'autres effets qui découlent de ses propriétés fondamentales, en particulier, elle a une action régulatrice et directe sur les mécanismes du sommeil. Moi, quand je vois un fait de savoir scientifique rebondir sur la phénoménologie de la Vie, au sens le plus quotidien du terme, je me dis: attention ! Là, il y a ou de la philosophie ou de la métaphysique. Pensez! le sommeil. Nous nous glissons tous les soirs entre des draps, afin d'obtenir le repos nocturne. Et la faculté de dormir nous serait distillée par la mélatonine . Ce n'est pas une question. C'est une affirmation. Depuis la nuit des temps, si j'ose dire, on sait que le sommeil est lié au temps terrestre. La mélatonine nous inciterait à augurer beaucoup plus que cela. A concevoir une circulation énergétique libéralisée en relation avec le pouvoir de parler.

D. Roth : Vous mentionnez là un phénomène dont je crains de ne pouvoir affronter les potentialités. Cet interview a été conçu dans une intention bien précise : montrer que la doctrine du Sacré et le savoir objectif peuvent s'associer utilement. Vous avez accepté de prendre le risque d'exposer publiquement ce que vous avez compris de cette relation. Je dois vous en remercier au nom d'OCCULTURE et en mon nom personnel, car nous n'ignorons rien de la frivolité, voire de la réticence et même de l'opposition qui sévissent dans le monde scientifique à l'égard d'une telle méthode. Je ne puis prétendre en assumer totalement la logique. Dominique Aubier serait un interlocuteur plus adapté que moi pour vous interroger...

P. Forlot : Vous voulez me mettre en danger, en somme. Mais j'ai pris le parti de tenter l'aventure et je ne vais pas reculer au moment où elle prendrait un tour montagneux.

Dominique Aubier a pris connaissance de la partie du dialogue qui s'arrête ici et qu'elle a aussitôt qualifié de Bip, ce qui l'obligeait à assumer le BOP. Reprise de l'interview le 19 février 1999.
Suite de lnterwiew par Dominique Aubier

mercredi 29 mai 2013

Dominique Aubier est proposée au prix Samuel Toledano

Dominique Aubier est proposée au prix Samuel Toledano
qui honore une action remarquable en direction des relations
entre l'Espagne et Israël.

1. Raisons politiques.
Auteur du livre "Don Quichotte Prophète d'Israël",
Lors de ses recherches pour ce livre, paru la première fois en 1967,
Dominique Aubier avait découvert que le décret d'Alhambra de 1492, concernant l'expulsion des Juifs d'Espagne, était resté en vigueur à travers les siècles et n'avait pas été abrogé. Elle en a parlé à son ami, le ministre du Tourisme espagnol Don Manuel Fraga Iribarne, président de la région Galicie jusqu'en 2010. Il en parla à son tour au… général Franco en lui remettant en main propre le livre de Dominique Aubier… Provocation qui porta ses fruits, puisqu'il abrogea aussitôt le fameux décret…
Ce livre est aussi à l'origine de la reprise des relations diplomatiques entre l'Espagne et Israël qui avaient été suspendues…

2. Raisons culturelles
"Don Quichotte, prophète d'Israël" établit la corrélation exacte entre le roman de Cervantès et l’hébreu. La découverte est sensationnelle : Don Quichotte est structuré selon un plan 
précis qui épouse la représentation kabbalistique des sefirots. 
Dégageant le roman de son carcan imagé et symbolique, Dominique Aubier 
décrypte les scènes les plus célèbres de Don Quichotte : les moulins à vents, les 
noces de Camacho, la bataille du Biscayen. L’auteur met au clair les références 
bibliques et les allusions à la Mercabah, relatives au char d’Ezechiel, actives 
dans le roman de Cervantès. L’itinéraire que suit le Chevalier, de ville en ville, 
les personnages qu’il rencontre, les noms des endroits, des personnes, tout 
devient lisible : l’énigme de Dulcinée du Toboso s’éclaire et prend tout son 
sens dès lors que l’on accepte que la noblesse de Don Quichotte s’écrive sous 
la constellation des lettres hébraïques. 
Dominique Aubier ouvre les secrets de Don Quichotte en actionnant les clefs 
initiatiques de la kabbale hébraïque.
Ce livre s'inscrit dans la prophétie biblique Obadia désignant le rôle de Séfarad
(l'Espagne), réceptacle de l'enseignement d'Israël, missionnée à travers Don Quichotte,
de le faire connaître aux Nations… via l'étape suivante qui serait Tzarfat (Sarfat), la France…

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Dominique Aubier para el premio Samuel Toledano

Estimados amigos,

"Pyenzo ke kale ke pidamos el Premio 
Samuel Toledano para la Senyora Dominique 
Aubier por munchas razones.

"Primer, de ke eya mostro ke puedeser el 
Kijote es un livro de espiritualitad, 
ke kon savyedurya unika mos eleva a pyensar, 
dende la risa,  fina las mas  ondas i mas 
altas kestyones de la vida umana,  ke parese 
rota en dos, el ombre ke tiene ansya de lo 
mas grande i el ombre natural, Don Kijote 
i Sancho, dos karas puedeser del uniko 
Serbantes.
 
"Segundo, de ke eya mostro asina ke la 
cultura Judiya en Espanya no muryo en 
1492, ma sigio biva i yego al livro ke 
es el sentro de la kultura Espanyola.
 
"Treser, de ke eya mostro asina el kamino 
de la vedradera konsilyasyon entre Ýisrael 
i Espanya, ke seriya a traves dos livros, 
el Tanah i puedeser su ijo el Kijote 
(Esa konsilyasyon ke siempre eksistyo 
en muestros puerpos de Bnei Anusim, agora 
puederiya eksistir en muestras almas)

Si el D.io kere, lo konsegiremos.

Kim Perez F-Figares


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objeto :
Proponer la Snra Dominique Aubier, 
autora de Don Quishot, Profeta y kabalista, 
para el premio Samuel Toledano.

Objet : Premio Samuel Toledano

A :
Misgav Yerushalayim, el Centro para 
la Investigacion y la Ensenanza del 
Legado del Judaísmo Sefardí y el Oriental,
P.O.B. 4035 Jerusalén 91040, Israel

mercredi 22 mai 2013

La Phobie des araignées… עכביש


La phobie des araignées
Au regard de la Face cachée du Cerveau

Par Dominique B. Roth

Dans un récent reportage diffusé sur France 2, la belle Adriana Karembeu avoue à un de ses amis médecins qu’elle souffre d’une singulière phobie : celle des araignées. La jeune femme est prise de sueurs froides rien qu’à l’énoncé du mot, si bien que son ami l’emmène voir une spécialiste des arachnides, pensant qu’une explication scientifique pourrait l’aider à dominer sa peur.

L’idée n’est pas mauvaise, car l’explication d’un phénomène réduit l’impact de sa portée émotionnelle. Le médecin de lui clarifier que les amygdales cérébrales, sensibilisées par la perception de l’animal, se voient alertées au moindre signal évoquant la bestiole et que la phobie viendrait de ce que la réaction nerveuse de peur n’était pas compensée par une prise de conscience rationnelle. Fort bien. Cependant, cela n’explique par pourquoi les dites zones cérébrales sont à ce point sensibles à la vue, au toucher, au mot même que déclenche l’araignée.

Le problème ne réside donc pas tant dans le cerveau d’Adriana qui a l’air d’être une personne tout à fait saine d’esprit : ne faudrait-il pas se demander pourquoi la phobie concerne précisément cet animal ? Et non seulement la bestiole, mais l’idée que l’on en a ? Car la personne panique à la moindre allusion suggestive en évoquant le thème. Ce qui est en cause, c’est donc l’animal, son sens, mis en rapport avec la perception que l’on en a… au travers de notre instrument de pensée qu’est le cortex.

Dans son livre La Face cachée du Cerveau, Dominique Aubier présente les strates corticales : 10 strates corticales réparties sur 6 couches édifient le cortex, ayant chacune des types de cellules spécifiques. Le cerveau, explique-t-elle, fonctionne essentiellement selon des processus analogiques. La raison raisonnante, quant à elle, est le produit d’un apprentissage… à l’occidentale, cependant que la pensée de type analogique, construite sur des réseaux d’images mises en relations les unes avec les autres, des réseaux de symbolismes, semble bien plus universellement admise.

Particulièrement sensible aux « invariants », c’est-à-dire les archétypes, le cortex — qui en restitue la structure unitaire — élabore toutes sortes de stratégies d’intégrations sémantiques tendant à leur donner sens. Les archétypes, images symboliques universelles, ont conditionné la pensée humaine, depuis l’apparition de l’humanité. Les animaux dit totémiques sont nombreux, par exemple dans certaines tribus amérindiennes comme les Hopis où les différents groupes et clans s’identifient à un animal. On aura le clan de la Gazelle, le clan du Serpent, le clan de l’Araignée… dont chacun a ses rites, ses itinéraires de migration, ses calendriers. A chaque animal correspond une fonction précise que l’ethnologue Frank Waters a bien relevées sans avoir cependant exactement identifié le « code », n’ayant pas eu à sa disposition la clé de lecture ouvrant le sens des invariants. Cette clé, c’est le cortex lui-même et sa propre structure cérébrale : image d'une structure… d'Absolu ?
La Face cachée du Cerveau en donne un aperçu assez conséquent tout au long des deux volumes que composent cette œuvre.

L’araignée se distingue par ses 8 pattes. Elle représente symboliquement, dans de nombreuses cultures, l’état évolutif atteint quand un cycle parvient à un stade maximal bien déterminé : le cycle évolutif se déroule selon des rythmes séquencés et repérables. L’énergie, depuis la couche I, monte de couche en couche et y rencontre les différentes modalités expressives prévues et se comporte selon des protocoles extrêmement déterminés. Elle monte jusqu’en couche VI, et transite nécessairement par la couche V. Cette couche correspond à la huitième strate de la structure. C’est à dire que l’énergie traverse tout l’édifice structurel, sur les 10 strates qui la composent, et différentes stratégies se déploient. Elles sont explicitées tout au long de l’ouvrage de Dominique Aubier.

Arrivée en couche V, c’est à dire en strate 8, l’énergie opère une manœuvre singulière. La couche V dans tout cycle et dans notre cortex présente une particularité en ce qu’elle présente un maximum d’écart en style de bifurcation structurelle entre la Gauche et Droite. Les mathématiciens ont calculé, par de savantes recherches, ce moment de la bifurcation entropique sans pour autant en avoir identifié la structure porteuse… La stratégie évolutive du vivant préconise l’arrêt de l’énergie en fin de couche V : arrêt sur la « corne » de Gauche. Transfert de l’énergie vers l’En-Face de Droite, suivie d’une monté rapide vers la couche VI (strates 9 et 10) qui n’est vitalisée que du côté Droit de la structure.
Ce lieu dramatique de l’arrêt apparaît dans de nombreuses traditions, et le christianisme l’a fort bien représenté. Ce lieu terrible, c’est celui de la Crucifixion, sur la bifurcation. Le symbole de la Croix représente parfaitement l’homme prié de voir de quel côté l’énergie circule. N’est-ce pas l’image que donne le Christ cloué sur la Croix, c’est à dire sur le symbole même de la déhiscence duelle ? N’est-il pas appelé le « nazaréen », le « Nazir », c’est-à-dire « l’homme du Tzaddé », la lettre hébraïque Tzaddé se situant, sur l’arbre alphabétique, sur la dernière branche de gauche, valeur 900 ? Ici, l’énergie déserte le lieu du Tzaddé final et reflue vers le Tzaddé 90 pour opérer ensuite sa montée vers les lettres Qof, Resch, Schin, Tav.

L’araignée, pour en revenir à ce sympathique animal, avec ses 8 pattes, nous avertit. Au delà de ce lieu évolutif de la 8ième strate, l’énergie cesse de vitaliser la branche Gauche. L’araignée désigne la fin cyclique du côté Gauche, côté matérialiste et entropique des choses. Elle n’est, en soi, ni gentille, ni méchante : elle est ce qu’elle est. Un être vivant devenant emblème, symbole signalant le lieu évolutif spécifique et la stratégie s’y déployant.

L’araignée, d’un point de vue comportemental, est un être infatigable, obstiné, totalement conditionné par sa vocation qui est… de tisser des toiles à l’infini et de dévorer sans retenue. Elle dispose d’une force considérable, d’une capacité de survie phénoménale, tout à l’image des activités entropiques de l’humanité industrielle s’imaginant que tout puisse se perpétuer à l’infini. Et pourtant, l’ordre de l’arrêt tombe sur l'empire dont elle est la gardienne, car l’énergie file… vers l’En-Face.

L’araignée a la grâce de nous avertir du danger : le risque de tomber dans sa toile, d’être pris dans son piège et de ne pouvoir s’en échapper. Elle signale la zone d’entropie post-maximale où ne pas aller : aucun insecte ne survit dans ses pattes. Et certes, l’humanité ne saurait se comporter comme des insectes… (encore que…)
L’Humanité, dotée d’esprit, de conscience (du moins nous l'espérons), sait (ou devrait savoir) que l’énergie reflue à Droite de la structure, selon une stratégie qualitative à l’opposé du monde insectoïde. Cette stratégie est-elle enseignée en Sciences politiques ou à l’ENA ?

La phobie que l’on développe à l’endroit de l’araignée est au final une saine peur devant un danger que signale l’animal : l’araigné symbolise l’énormité du danger que l’on court si l’on n’observe pas, en Tzaddé final, l’arrêt et le transfert énergétique vers l'En Face. L’araignée se pose en gardienne du côté Gauche : là où il ne faut pas aller. Sa toile est un filet d'interception impitoyable pour qui tenterait de passer outre l'ordre qu'impose le Système. Au delà du Tzaddé final, à Gauche, plus évolution mais dévoration et destruction. L’araignée désigne l’espace de l’interdit du Verboten. C’est le piège, la nasse où se prend l’insecte téméraire…
Gentille araignée, animal symbolique ayant la générosité de représenter ce qui pourrait nous attendre si une mauvaise décision civilisatrice était prise…

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Précisions pour ceux qui veulent en savoir plus


Au delà de l’animal, il faut considérer le mot. Une exégèse des lettres composant le mot permettrait d’y voir plus clair et permettrait d’élucider le sens du symbolisme dont l’animal est revêtu. Nous allons pratiquer la lecture du mot araignée dans la langue qui a la capacité d'aller droit au sens : l'hébreu.
Mais commençons d'abord par la langue arabe : Le Coran consacre une sourate à l’araignée, c’est la sourate 29 qui tire son titre du verset 41 : "Ankabout".
Huit lettres composent le mot arabe désignant l'araignée, nous rappelant que l’animal a huit pattes, et renvoyant au nombre de strates que présente la structure. Le chiffre 8 correspond à la lettre hébraïque Het.
Non qu’il s’agisse là d’une « numérologie » à la mode. En hébreu, les nombres s’écrivent naturellement et très officiellement au moyen des lettres, chacune d’elle ayant sa valeur quantitative. Ce n’est donc pas une divagation ésotériste que reconnaître dans le 8 la lettre Het. Cette lettre est le symbole du Pont. Du passage. Passage entre quoi et quoi ?
Il faut avoir constamment en tête le référentiel cortical, me disait l’autre jour Dominique Aubier, pour décrypter toute forme de symbole. Il faut se souvenir de la structure d’Absolu. Dès lors, au moyen de cette grille de lecture, les archétypes deviennent lisibles. Le Het qui se situe en première moitié de l’alphabet, c’est à dire dans l’enclos du Bip, désigne le lieu annonciateur du passage que l’énergie suscitera ultérieurement, en BOP. Parvenue en Tzaddé final, l’énergie reflue vers le Tzaddé et de là, elle s’avance et monte sur la platte-forme supérieure vitalisé uniquement sur la Droite structurelle tandis que le côté Gauche est délaissé.
En Hébreu, le mot "araignée" s'écrit au moyen de 5 lettres. Ce qui indique l'état évolutif maximal atteint à la couche 5, intégrant les 8 strates.
(Nous retrouvons ici ce rapport dialectique entre l'arabe et l'hébreu ou l'arabe présente le détail des éléments structurant tandis que l'hébreu touche au système innervant la structure.)
L’araigné symbolise donc :
  1. La présence de l’ordre d’arrêt sur la côté Gauche de la structure ;
  2. La nécessité systémique de passer le pont.
  3.  Elle nous renvoie vers le côté informateur, signalant le danger qu’il y a de croire aux « choses » et leur omni- « potence » éternelle du côté Gauche.
Elle nous rappelle que le réel est enfermé dans un cerveau et que tout n’y est que sphère d’intelligence au plan de la structure. Le cerveau humain, intuitivement, par analogie, parce qu'il est lui-même une structure vivante, reconnaît en l’araignée ce puissant signal. C'est ce signal qui effraye une conscience sensible. Le cortex reconnaît en ce signal tout le sens subliminal qu'il véhicule. Et ce sens est parfaitement identifiable, lisible.

Araignée s’écrit en hébreu :
עכביש
Aïn, Kaf, Bet, Youd, Schin

Ayïn est la lettre désignant la capacité de Voir
Caf, 20.  Sa valeur binaire 2 rappelle le dualisme des hémisphères, le duel fonctionnel, le duo du plan phylétique avec ses deux étapes, l'accord droite-gauche Dans le Caf, le point désigne l'agent évolutif libéré qui, après avoir réalisé la construction organique, retourne dans l'organe achevé et le met en action. Mais cette action enregistre un départ : celui-ci est signifié par la lettre Caf pointée, donnant alors sa sonorité dure de k. L'action en cours correspond au déplacement du Yod dans les étagements structuraux. (extrait du livre Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque, par Dominique Aubier).
La lettre Caf symbolise aussi, quand elle paraît à la fin d'un mot, un achèvement précipité, trompeur, qui se substitue à la véritable terminaison évolutive.
Bet désigne la structure
Youd désigne l’énergie
Schin représente les niveaux d’organisation.

Le mot hébreu signifie ainsi très nettement :
Il faut voir la structure, la dualité avec ses deux étapes à l’intérieur de la structure où circule l’énergie dans le respect des niveaux d’organisation.
A défaut de les voir et comprendre… direction la toile en attente d’être dévoré par l’ignorance.
Sans doute la pire toile qui se puisse imaginer…

mercredi 8 mai 2013

Joyeux Anniversaire Dominique Aubier. 7 mai

7 mai

C'est l'anniversaire de Dominique Aubier.

91 ans révolus, on entre dans la 92ième…



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Dominique Aubier tient à remercier toutes les personnes qui ont bien voulu lui témoigner leur fidèle amitié et qui lui ont adressés de vœux tellement chaleureux, venant de tous les pays du monde !
"C'est vraiment adorable et je suis très touchée"…