vendredi 26 novembre 2021

Théologiens de toutes religions, venez à Carboneras…

« Théologiens de toutes religions, venez à Carboneras… »

Article de Claude Bonnefoy,

Paru dans la Revue Arts



Dominique Aubier est sensible aux signes du hasard. Tandis que son essai Don Quichotte prophète d'Israël sortait des presses de l'imprimeur, l'armée américaine perdait une bombe atomique en Espagne, à 40 km de Carboneras où elle réside. « Alors que mon livre apporte une certitude de construction, la bombe signifie l'inverse, une certitude de destruction… »

Mais qu'est-ce que Don Quichotte prophète d'Israël ?

Dans son essai précédent, Deux Secrets pour une Espagne, Dominique Aubier, commençant par ce qui était la conclusion de quinze ans de recherches, affirmait que la singularité de l'Espagne provient de ce qu'elle a reçu, contrairement aux autres pays chrétiens, le message de la pensée juive. En Espagne serait réalisé l'accord des cultures catholiques, juives et arabes. Pour expliciter cette pensée, Dominique Aubier analyse aujourd'hui Don Quichotte, le livre qui incarne la pensée espagnole.


Un livre clé

Dans l'œuvre de Cervantès, Dominique Aubier découvre une parole prophétique nourrie de la gnose judaïque, mais en même temps parfaitement adaptée à la réalité profonde, secrète de l'Espagne. Et déjà, poursuivant plus loin ses recherches dans ce sens, elle prépare d'autres essais. Mais comment une romancière française, catholique, a-t-elle été amenée à considérer Don Quichotte comme un livre clé et, par lui, à étudier la pensée juive ? C'est ce que nous lui avons demandé.

 « — J'ai commencé à lire Don Quichotte parce que j'y étais obligée. Dans Vive ce qu'on raconte, j'avais interrompu mon récit pour dire que j'aurais dû décrire une grue, mais que je ne savais pas comment c'était fait. Les critiques me le reprochèrent. Comme j'étais blessée par leur incompréhension, des amis me consolèrent en me disant : « Cervantès a fait cela avant toi. » Je lus Don Quichotte et je connus une nouvelle douleur. Ce qui me choqua, ce ne fut pas que Cervantès ait mieux réussi que moi ces interruptions du récit, mais qu'il ait pu faire cela il y a 350 ans. N'y a-t-il pas un décalage entre nos deux cultures ? Ne savait-il pas des choses que nous ne savons pas ?

— Et vous vous êtes alors intéressée à l'Espagne ?

— J'ai découvert qu'à l'époque du Quichotte, la Renaissance, en Italie, en France, a choisi l'humanisme gréco-latin dont nous sommes les parasite, alors que l'Espagne et Cervantès ont préféré un humanisme judéo-arabo-chrétien intégrant même les éléments de l'humanisme gréco-latin. Un tel humanisme avait 350 ans d'avance et c'est celui que nous cherchons aujourd'hui. Certes, on m'objecte que l'Espagne d'alors était celle de l'Inquisition, mais on oublie que l'Inquisition fut inventée en France, contre les cathares, mise au point à Rome, et que si elle s'appliqua en Espagne, c'est parce que l'Espagne, profondément marquée par le judaïsme, l'appelait.

Don Quichotte vous a servi de fil conducteur dans cette recherche ?

— Oui. C'est un livre qui vous joue des tours. A la première lecture, le Quichotte m'apparut comme le héros de toute littérature. J'en parlais à Albert Béguin qui me dit : « Faites moi un article ». Pour l'article, je le relus et Don Quichotte devint un théologien. « Faites un long article », ma dit alors Béguin. Relisant de nouveau, je découvris un rabbin. En fait, Don Quichotte était tout cela. Mais qu'il fût aussi un rabbin, cela les gens l'acceptaient difficilement. C'était un fait, mais il me fallait le démontrer et j'aurais aussi bien démontré, si cela avait été, que Quichotte était Américain, Chinois ou Provençal. Alors j'ai acheté tout ce qui existait chez Payot sur la pensée juive, afin de pouvoir chercher les ressemblances. Egalement, je suis retournée en Espagne. J'ai vécu avec le peuple des campagnes, celui qui conserve la vérité espagnole. Auprès des gens de Carboneras où je me suis installée, j'ai appris une véritable discipline d'observation, de rigueur dans la pensée. Ce qui frappe, c'est que l'outil intellectuel de ces paysans est d'une acuité remarquable, bien plus, c'est qu'il rappelle les méthodes de la gnose. »


C'est ainsi qu'apprenant l'hébreu, fréquentant les textes sacrés et le peuple d'Andalousie, interrogeant sans cesse l'œuvre de Cervantès, la comparant avec les enseignements de la Bible ou de la Kabbale, Dominique Aubier a débordé les problèmes de l'étude littéraire pour déboucher dans l'histoire des civilisations, la philosophie et la mystique. Et maintenant, son souhait n'est pas seulement d'écrire, mais de recréer une tradition parlée. Aussi fait-elle de Carboneras un véritable centre de recherches où elle espère que bientôt théologiens de toutes les religions et savants pourront se rencontrer et confronter leurs connaissances.


Claude Bonnefoy

Pour Arts, 140 rue du FG Saint-Honoré, Paris

Article paru le 2 mars 1966 


lundi 8 novembre 2021

La Place de l'Homme dans l'Univers.

La Place de l'Homme dans l'Univers 



Photo © Anouchka von Heuer
« Le monde est plus qu'un simple décor au drame humain. Il y a relation réciproque entre les éléments qu'on peut appeler naturels et ceux que l'on qualifierait d'humains. Il y a échange continu, interpénétration, correspondance entre eux. »
 
« Pour la Bible, ni l'Univers n'est vide, ni l'Homme isolé. Le premier n'est pas fortuit et le second n'est pas désarmé. Les deux séries de phénomènes — ceux de la nature et ceux de la civilisation — loin d'être étrangères l'une à l'autre, se rencontrent souvent ; et pas de manière accidentelle, mais organiquement. On peut parler à leur sujet de deux modes d'une même réalité sous-jacente et plus profonde, celle du tissu éternel et unique de la création.« L'homme participe — quoique la plupart du temps à son insu — à des énergies beaucoup plus vastes que les seules « mémoires, pensées, émotions et sensations » qui composent son être apparent, couramment manifesté. Et justement les inspirés bibliques — le Roé, le Nabi : voyants, annonciateurs — sont ces êtres qui par suite de disposition personnelles et d'ascèse particulière auront été capables d'effectuer la plongée dans cette nappe d'énergie première où la voix de Dieu devient audible. Mais là ne s'arrête pas leur itinéraire spirituel. »

« Les héros bibliques sont des éclaireurs capables de rapporter de leur expérience du divin une connaissance transmissible. Plus encore, la Parole qu'ils répercutent est un cri. Leur découverte non seulement engage inconditionnellement leur existence, mais doit aussi amener l'engagement des autres hommes. Aussi cette découverte devrait-elle déboucher sur une histoire qui est à organiser par référence à la Loi appréhendée à la source : celle de la Parole créatrice de « l'essence commune dans laquelle les êtres et les choses ont leur être. »

« Les inspirés bibliques — Patriarches, Prophètes, Élus — se voient donc mériter en quelque sorte le droit d'accès à la « machinerie » de l'Univers. Leur regard peut atteindre l'intériorité des « mécanismes », quand le vulgaire n'aperçoit qu'une enveloppe extérieure. Ils sont ainsi initiés au secret des Lois qui gouvernent le monde et à leur portée ; du même coup, aux conséquences qui résultent de leur transgression. Habitués qu'ils sont à une vision en profondeur de tous les phénomènes, ils inscrivent chaque événement sur la toile de fond de l'Éternel et peuvent ainsi le jauger pleinement par référence à l'absolu. D'où la valeur exemplaire de leur diagnostic, d'où le caractère pathétique de leur appel. Ainsi, pour eux, le comportement de l'homme prend une résonance infiniment plus ample que celle qui lui est reconnue ordinairement. On devine dès lors l'importance de la notion de Jugement dans la perspective biblique, soit qu'elle apparaisse comme une mise en garde ou une instance en marche, soit qu'elle se fasse sanction ou facteur d'équilibre.»

« La science moderne découvre à peine l'action de l'être humain sur le monde — y compris le monde physique. Du point de vue logique, elle commence à se rendre compte qu'il est légitime de concevoir que par sa seule présence au monde, l'homme doit jouer un rôle dans son économie générale. Du point de vue des mesures, elle comprend que par son niveau mental et par son psychisme tout autant que par son être physique, l'homme intervient dans le jeu des forces qui constituent la « Nature ». 

« L'homme n'est plus le simple spectateur qui observe, étudie et classe les phénomènes, à partir d'une position prétendument objective, en retrait du monde observé. D'une part, son acte de mesure est déjà une intervention qui modifie l'aspect des choses, d'autre part son existence est un des facteurs constitutifs de l'ordre général.
Pour la Science moderne, « l'homme ne vit plus en face à face avec la nature qui constituerait un royaume vivant selon ses propres lois… La connaissance de la matière "en soi" n'est plus le but de la recherche ; nous nous trouvons dès l'abord au sein d'un dialogue entre la nature et l'homme, dont la science n'est qu'une partie, si bien que la division conventionnelle du monde en sujet et objet, en monde intérieur et monde extérieur, en corps et en âme ne peut plus s'appliquer et soulève des difficultés… Le sujet de la recherche n'est plus la nature en soi, mais la nature livrée à l'interrogation humaine. »

« … En effet, en parlant de fonctionnement suivant une "structure", suivant un "modèle", les chercheurs indiquent par là qu'ils présupposent un plan de guidage qui, en unifiant l'ensemble des phénomènes, révèlerait le mécanisme général de l'univers. Sont-ils pour autant prêts à accepter les données de cultures, étrangères à leur mode habituel d'investigation du réel ? L'état actuel des connaissances permet à deux langages qui paraissent aussi éloignés que celui de la science et celui de la sagesse israélite, de se rencontrer et de s'associer comme deux courants complémentaires d'une même réalité, l'un apportant la caution de sa vision universelle, l'autre la certitude de son expérience historique éprouvée. Le tout au service de la vie dans une dialectique fécondante : étape organique — étape fonctionnelle qui a toujours été préconisée par la tradition juive et qui doit projeter un éclairage de rationalité sur tout ce qui existe.
 

« Voilà du coup, légitimé, après des siècles d'intolérances intellectuelle ou de ricanement voltairien d'une pensée scientiste, l'un des fondements du message biblique : la dialectique Univers-Homme, le devenir du monde lié à celui de l'homme



Extrait du livre : 


par Dominique AUBIER


MLL - La Bouche du Pel
BP 16 (F)
27 240 DAMVILLE

mardi 7 septembre 2021

La Face cachée du Cerveau. Dominique Aubier. Edition allemande du livre : Die Entschlüsselung der Gerhirnstruktur

Bonne nouvelle pour les Lecteurs de Dominique Aubier

La nouvelle édition allemande du livre « La Face cachée du Cerveau » est disponible sous le titre : Die Entschlüsselung der Gerhirnstruktur.

Excellente traduction de Veronika Leimgruber, avec une préface du Dr. Peter Gester, de l'Institut des Recherches Systémiques de Heidelberg.

Les deux tomes sont disponibles au format A5, en PDF.
Les deux tomes sont envoyés par e-mail, en PDF, 47 euros TTC. Auch bei Amazon.

Verlag : Viamala (Suisse)
Edition / Verlag M.L.L.
BP 16
F - 27240 DAMVILLE
France
Erhältlich bei Amazon

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La Face cachée du Cerveau
Edition allemande (PDF) :

Band 1. Der startbereite Motor
Band 2. Der Zündschlüssel


 

Wer vermag die Religionen und die Traditionen auszusöhnen ? 

Wer die Kulturen zu vereinigen ? Was für eine Einigkeit ist gefragt ohne dass die Eigenständigkeit missachtet wird ? Einige Dichter haben die Notwendigkeit dieses zivilisatorischen Projektes vorausgeahnt : Hölderlin, Schiller und auch Goethe wünschten "das Kristallrätsel " zu lösen. Doch welche Philosophie, welche Wissenschaft, welche Politik könnte diese genialen Vorahnungen ans Licht bringen? Welches wäre die geeignete Forschungsmethode ? 

Die Philosophie ? Hat sie jemals das Rätsel der Wirklichkeit oder des Daseins gelöst ? Verfügt die Wissenschaft über eine Antwort ? Hervorragende Forscher vermuten die Existenz eines universelen Motivs, das die Wirklichkeit bestimmt. Doch hat es die Wissenschaft geschafft, trotz gigantischer interdisziplinärer Anstrengungen, einen universellen Ansatz zu identifizieren? Wie könnte man je den universellen Code, den Begründer der Einheit, isolieren? Die Entschlüsselung der Gehirnstruktur würdigt die objektiven Kenntnisse aller Traditionen.

Vierzig Arbeitsjahre waren zur Durchführung dieses Meisterwerks notwendig. Dominique Aubier geht von Don Quixote aus, dessen kabbalistische Kodierung sie auflöst. Sie befreit den Sufi Ibn' Arabi von seinem mittelalterlichen Hermetismus. Dabei zieht sie den Sohar von Moses de Leon heran sowie Santa Teresa von Avila. Sie bietet die Systemerklärung des Chamanen Juan Matus an, der durch den Ethnologen Carlos Castaneda zwar berühmt, aber noch nicht aufgeklärt wurde. Die Inuit, die Dogon, die chinesische Tradition... Diese Untersuchung ist eine Reise in die funktionalen Gesetze der Wirklichkeit und des menschlichen Gehirns. 



"Das Werk von Dominique Aubier lässt sich in folgenden Thesen zusammenfassen : es integriert seriös religiöse und naturwissenschaftliche Sichtweisen, es kombiniert synoptisch traditionelle und moderne Sichtweisen, es wurde über 40 Jahre kontinuierlich entwickelt (es ist kein Readymade Modell), es erörtert und lotet transzendentale Fragen in grösster Breite und Tiefe aus, es ist in mehr als zwanzig Büchern umfassend dokumentiert, es gibt keine Aubier Bewegung, und es ist damit keine Sekte, es macht keine Vorschriften zur Lebensführung, es wurde aus der Biographie von Dominique Aubier herausentwickelt, und es stammt von einer (ungewöhnlichen) Frau, die auf Proselytenmacherei keinen Wert legt, im Gegenteil " (Prof. Dr. Peter-W. Gester).

 


Die Entschlüsselung der Gerhirnstruktur


mercredi 7 juillet 2021

Hommage à Dominique Aubier

 Voici un bel hommage à Dominique Aubier,

par une amie Lectrice qui m'a envoyé la photo.

 

« Le vrai savoir est une restauration du monde… » 



 Vient de paraître :

La Lecture des Symboles

Rebâtir le Monde


lundi 14 juin 2021

Livre : La Lecture des Symboles, par Dominique Aubier

Vient de paraître

La Lecture des Symboles

par Dominique Aubier


Dans ce livre exceptionnel, Dominique Aubier explique ce qu'est un symbole, en quoi il est opératif et lisible, annonciateur d'avenir. Sur quel code se fonde le symbole, dans la progression vers le sens. Comment lire, décoder les symboles ? Mieux les comprendre et les intégrer pour en comprendre les messages pour nos propres vies…

 


 

Les événements que la vie invente sans relâche sont des symboles. Ils se présentent par leur face imagée, car les événements sont figuratifs et on sent bien qu'ils ont un sens. Qui souvent nous échappe… Et que nous recherchons.

Dans ce livre, Dominique Aubier part de Don Quichotte, grand héros symbolique, et propose une lecture du monde qui dépasse les réductions conventionnelles du symbole : la démarche de l'auteure tend à prouver que tout est symbole, que le symbole, c'est le langage même de la vie, telle qu'elle s'exprime dans notre quotidien.

Encore faut-il savoir les lire, les décoder, voir au travers du tamis et accéder au sens. « Le but de cet ouvrage est d'établir une méthode qui permette de décrypter les symboles à quelque hauteur qu'ils apparaissent, qu'ils intéressent l'ensemble de la vie sur terre. Qu'ils en forment les événements, la nouveauté dans la brève vibration du présent, qu'ils soient enfermés dans des rituels religieux, traditionnels ou tribaux, qu'ils surgissent dans les songes ou les incidents du vivre au quotidien, qu'ils soient de dimension générale, nationale, sociale, individuelle, psychique ou littéraire, poétique… voire politique ». Lire nos symboles pour mieux vivre…

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La Lecture des Symboles

232 pages, format A5, 53 euros TTC

Expédition incluse pour la France (+ 6 € CEE/Suisse)


Sur le site internet par paypal ou virement bancaire

ou en utilisant le bon ci-dessous par courrier postal


Nom , Prénom :

Adresse complète / Email –courriel 

Nombre d'exemplaires :


Retourner ce bon accompagné du règlement par chèque à l'ordre de :
M.L.L. / La Bouche du Pel
BP 16 — F. 27 240 DAMVILLE (Mesnils-sur-Iton) France

jeudi 20 mai 2021

Bonne nouvelle pour les amis et lecteurs de Dominique Aubier…

 Bonne nouvelle pour les amis et lecteurs de Dominique Aubier :


Souscription ouverte pour l'édition du livre :

La Lecture des Symboles

par Dominique Aubier


Dominique Aubier a laissé une œuvre magistrale.

Depuis son départ, nous avons publié plusieurs manuscrits :

Victoire pour Don Quichotte ; Quand le Sacré fait du Cinéma ; Le Devenir du Monde ; La Porte de France ; Rebâtir le Monde.


J'ai retrouvé un dernier manuscrit inédit intitulé La Lecture des Symboles.

Dominique Aubier y explique ce qu'est un symbole, en quoi il est opératif et lisible, annonciateur d'avenir. Sur quel code se fonde le symbole, dans la progression vers le sens. Comment lire, décoder les symboles ? Mieux les comprendre et les intégrer pour en comprendre les messages…


Je vous remercie de votre fidèle attention et de votra aide pour l'édition de ce livre.


Bien cordialement,

Dominique Blumenstihl-Roth



Souscription ouverte pour l'édition du livre :

La Lecture des Symboles

Par Dominique Aubier

232 pages, format A5, 53 euros 

expédition incluse pour la France,  + 6 euros C.E.E.
Par Internet ou en utilisant le bon de souscription par courrier postal.

Souscription pour l'édition du livre
 
 
Par Dominique Aubier


Les événements que la vie invente sans relâche sont des symboles.

Ils se présentent par leur face imagée, car les événements sont figuratifs et on sent bien qu'ils ont un sens. Qui souvent nous échappe… Et que nous recherchons.

Dans ce livre, Dominique Aubier part de Don Quichotte, grand héros symbolique, et propose une lecture du monde qui dépasse les réductions conventionnelles du symbole : la démarche de l'auteure tend à prouver que tout est symbole, que le symbole, c'est le langage même de la vie, telle qu'elle s'exprime dans notre quotidien.

Encore faut-il savoir les lire, les décoder, voir au travers du tamis et accéder au sens. « Le but de cet ouvrage est d'établir une méthode qui permette de décrypter les symboles à quelque hauteur qu'ils apparaissent, qu'ils intéressent l'ensemble de la vie sur terre. Qu'ils en forment les événements, la nouveauté dans la brève vibration du présent, qu'ils soient enfermés dans des rituels religieux, traditionnels ou tribaux, qu'ils surgissent dans les songes ou les incidents du vivre au quotidien, qu'ils soient de dimension générale, nationale, sociale, individuelle, psychique ou littéraire, poétique… voire politique ». Lire nos symboles pour mieux vivre…. 


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Souscription pour l'édition du livre

La Lecture des Symboles

232 pages, format A5, 53 euros 

expédition incluse pour la France,  + 6 euros C.E.E. / Suisse


Sur le site internet

ou en utilisant le bon ci-dessous par courrier postal


Nom , Prénom :

Adresse complète / Email –courriel 

Nombre d'exemplaires :


Retourner ce bon accompagné du règlement par chèque à l'ordre de :

M.L.L. / La Bouche du Pel

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mercredi 21 avril 2021

Don Quichotte prophète d'Israël, article de René van Gerdinge (Témoin de la Vie)

(Article de René van Gerdinge, paru dans le Témoin de la Vie, mars 1966).


Chacun sait que Hitler et ses séides n’ont rien eu à inventer, pas plus la répétition du drame napoléonien dans les immensités glacées de la Russie que l’organisation inquisitoriale de persécution des juifs dans ses camps de la mort. Au VIIe comme au XVIe siècle, l’Espagne préparait les dispositions du nazisme. Au nom de la très sainte Croix, les conciles très chrétiens tentaient de faire ce que leur successeur à croix gammée n’aura pas mieux réussi : éliminer le Juif et la juiverie… Autant travailler à la quadrature du cercle.

Il faut entendre par là que si la force et le feu peuvent anéantir mille corps, il reste toujours un cerveau pour faire resurgir de l’horreur et de la nuit l’étincelle de la tradition qui couve sous la cendre. Et quand bien même persécutions et interdits continueraient à peser sur cet ultime rejeton, quand bien même toutes les surveillances s’exerceraient sur son front contraint à la poussière, il trouverait encore moyen de tracer dans le sable en grains de granit, la conviction de son appartenance.

C’est, en partie, ce qu’a voulu démontrer Dominique Aubier, en rédigeant Don Quichotte prophète d’Israël.

Quels éloges dithyrambiques n’a-t-on pas fait de l’œuvre de Cervantès, de quelles épithètes n’a-t-on pas couvert ces « pages immortelles » ! Je dois avouer que ces aventures burlesques m’ont toujours laissé assez froid et que nul enchantement n’est jamais venu chatouiller mes méninges en parcourant les aventures du Chevalier de la Triste Figure. Avec bien du respect, j’interrogeais autour de moi — Ah ! Cervantès, me répondait-on avec ferveur, Ah, son Don Quichotte… — Oui, mais encore ? Je ne suis jamais arrivé à recueillir quoi que ce soit de plus substantiel, même des hispanisants les plus convaincus. Bien sûr, il y a là toute la sève de la Péninsule, la fleur de tant de civilisations entremêlées, une grande épopée héroï-comique, un drame généreux et ironique… Bref, il faut bien de la bonne volonté et peu de sens critique pour tomber en extase.

Mais voici que Dominique Aubier, animée d’un sentiment enthousiaste, nous convie à reconnaître dans ce sommet de la littérature espagnole, un mystère, un ouvrage à clés qu’elle entreprend de décrypter avec bien de l’intelligence, beaucoup d’intuition et un tantinet d’imagination.
Eprise de son sujet, elle a tôt fait de convaincre ses adeptes — car il faut une certaine forme d’adhésion pour la bien lire — que le Quichotte comporte plusieurs étages de lecture ainsi qu’il est dit des hiéroglyphes égyptiens et de la plupart des textes « sacrés ». Tout l’incline à le croire, ne serait-ce que la quantité d’anomalies qui se glissent sous le texte anodin. L’introduction, d’abord, qui se refuse aux habituelles citations et mêle le badin à l’exceptionnel ; les noms, ensuite, des personnages et des lieux qui sont, une fois analysés, déploiement de significations et de suggestions. Et déjà ces premiers mots qui sont comme un clignement d’œil complice aux occultistes : « Dans un village de la Manche dont je ne veux pas me rappeler le nom… »

Eh ! Quoi, s’écrie Dominique Aubier, pourquoi ce volontaire silence ? Quel héraldiste n’entendrait pas les quatre figures qui suivent ? Quel homme pieux ne reconnaîtrait dans la brève perspective culinaire qui vient alors, la déférence des plats sacrés et des mets interdits, des diverses confessions… On doit s’y rendre, le chevalier errant à la triste figure, c’est le juif errant hâve et douloureux sous la persécution, traînant sa grandeur émaciée, son idéal antique et solennel sous le ciel de l’incompréhension des hommes.
A la barbe de la Sainte-Inquisition, Cervantès va faire entrer le Zohar déguisé dans tous les foyers espagnols, et bien au-delà. Sous la persécution triomphante, telle est la revanche de « Don Quichotte prophète d’Israël », nouvel Ezéchiel, grand dévoreur de livres et héros d’une histoire que lui seul comprend… Ou qui se voudra avisé autant que l’est Dominique Aubier.

Pour percer à jour le secret sous la lettre, elle n’a pas hésité à mener à bien l’enquête locale et intellectuelle que requérait son travail. Ne ménageant ni les voyages ni les études, elle s’est plongée comme une abeille dans le pollen de cette fleur mystérieuse et en est revenue tout acclimatée à son parfum, à ses couleurs, débordant de poudre qu’elle ne jette pas aux yeux mais distille avec efficacité. Elle n’a plus considéré la fleur de Cervantès en botaniste ou en jardinier, mais en butineuse avide, consciente qu’elle fut créée pour elle. Cet acte de foi lui ouvre la perspective d’évidences là où nul n’avait jusqu’à ce jour jamais rien discerné que la farce en surface. Et l’on saura distinguer, après lecture de cet ouvrage, sous le Quichotte abstinent de lard, un idéaliste aussi vaillant que les chevaliers de la Table Ronde à la recherche du Saint Graal.

L’auteure dépasse-t-elle la mesure ? Tout, il faut le reconnaître, est ici conjecture, supposition, hypothèses recoupées par des sens orthographiques, des relations de vocabulaire, des associations de pensée, des chaînes ou cascades de sens, mais une seule chose importe dans la conjecture, c’est son efficacité. Si le rendement de l’absurde est valable, c’est que l’absurde est vrai.
Et comment ne pas lire alors dans les rodomontades que Don Quichotte adresse aux muletiers pour les défier, les propos même que la religion en place lance aux fidèles, les menaces de l’Inquisition envers les juifs qu’elle soumet, sous menace de mort à la conversion : « Qu’aucun de vous ne prétende passer outre, s’il ne veut confesser que, dans tout l’univers, il n’y a pas qu’une dame qui égale en beauté l’impératrice de la Manche, l’incomparable Dulcinée du Toboso ». Et aux muletiers qui demandent à en juger, le chevalier de répondre : « L’important est de la croire sans le voir, de le confesser, de l’affirmer, de le jurer, de le soutenir envers et contre tout… »
A côté de ces allégories, Voltaire passe pour un petit garçon.
Il ne s’agissait encore que de conjectures. Lorsque Dominique Aubier fera chanter la Science des nombres sur le canevas de ses interférences, c’est une véritable révélation qui surgira de dessous le masque.

En attendant, elle a su efficacement nous replonger dans l’atmosphère équivoque et bouillonnante de cette Espagne du XVIe siècle où l’on parle encore espagnol, arabe et hébreu, où les lettrés sont ceux que l’on persécute, les interdits qui trouvent mille complicités, se font parjures et renient aussitôt pour passer entre les trames des réseaux ecclésiastiques. Le Juif errant, son Zohar au fond du cœur, y fait son chemin, au maquis de la pensée, caché sous sa salade de carton, défiant les géants agitateurs de bras, et pour moudre quel froment !
Prédicateurs de tout poils, quelle est leur fonction officielle, quelle leur folle exploitation de pouvoirs dénaturés ? Dominique Aubier l’a lu chez Cervantès : « A quoi correspond leur attitude spirituelle ? A celle des moulins dont les ailes captent le vent et ne le retiennent pas. Le vent est un excellent concept prédicable. Les géants ne s’en servent que pour un usage particulier : mouvoir la meule afin d’obtenir la farine. Si le vent symbolise — c’est le cas selon le Zohar — la force cosmique responsable du fonctionnement de l’esprit, on peut soupçonner les géants d’être, aux yeux de l’hidalgo, coupables de n’utiliser le fonctionnement de l’esprit qu’au seul écrasement du blé… »

 

Or, si le grain ne meurt… Et quelle mouture ne vient du Verbe, ce grain vivant, ce Pain de Vie, substance cosmique des enfants de Dieu… On devine les prolongements que l’on peut envisager.
Bien des écrivains ont usé de cette méthode pour donner une signification en profondeur à leurs ouvrages. Jules Verne en était friand et l’exemple de son capitaine Nemo reste célèbre dans les consciences comme le fameux Personne d’Ulysse. A la suite de Freud, plusieurs exégètes sont allés dénicher dans les contes de Perrault même des intentions telluriques secrètes qui transfigurent totalement les histoires pour enfants pourvu qu’on en connaisse la grille. D’autres ont décrypté les sonnets de Shakespeare. En s’attaquant à l’écorce de Don Quichotte, Dominique Aubier avait pour intention première de rejeter « la » vérité que nous avait imposée l’école, l’université, pour s’ouvrir à cette autre compréhension que la vie nous apprend. Bien lui en a pris, car son travail passionné transpose le roman de chevalerie burlesque, cette pierre d’angle de la littérature espagnole, sur le plan d’un trésor spirituel, prophétique même. Il reste à notre exégète à s’en expliquer. Et d’abord à travers la symbolique de l’œuvre dont presque chaque mot couvre un monde. Un exemple encore. La liqueur de Fierabras : « c’est la science biblique, et son herméneutique, qui est servie comme remède à tous les maux à travers les signes qui la symbolisent : huile, vin, sel et romarin — huile d’onction, vin de la connaissance, sel de la grâce et parfums de la doctrine ésotérique. Produits utiles à la formation du disciple et du lecteur. »

On attendait cet interprète sensible et érudit, passionné de signification essentielle. En caressant la pelure de l’œuvre, elle en a dégagé la surface, détaillé l’ossature, les organes ; la voici parvenue au seuil de la vie :
« La prophétie se réalisera quand quelqu’un lira dans les signes, leur donnera la qualité messianique, c’est-à-dire, au sens israélite, la clarté d’expression dans l’évidence de la pensée universelle. Les mystères compris, c’est l’époque messianique promise. Cette époque marquera la fin de l’aventure en laquelle Quichotte est engagé… Nous ne doutons pas d’avoir rencontré dans le Quichotte une étape hiéroglyphiquement contrôlée et mesurée de la Descente du Verbe. L’appareil prodigieux que constitue ce livre en tant qu’il reçoit la somme de la connaissance ésotériste et la transfuge dans la conscience universelle sans que celle-ci y prenne garde demande, pour être vu, qu’un prodigieux travail de commentaires le réadosse au plan culturel sur lequel il s’appuie. »

Or, si ce travail se trouve précisément amorcé, si le prophète voit ses secrets percés à jour de si vaillante manière, c’est que les temps messianiques sont venus. A quoi sert le prophète s’il ne doit être compris ? Son œuvre garde son mystère scellé jusqu’à ce que l’Esprit qui l’a dictée suscite un cœur attentif pour plonger en son mystère et en déceler la signification, en exprimer les vérités secrètes.
Par sa passion pour l’œuvre de Cervantès, Dominique Aubier s’est affirmée, faisant la jonction des siècles, ce complément du prophète, cette seconde phase qui ne surgit qu’à l’Heure des réalisations.
De Torquemada à Eichmann, il n’y a pas eu de solution de continuité. Mais les deux noms marquent deux étapes capitales qui sont suivies, l’une du nom de Cervantès, l’autre de celui de Dominique Aubier. Le recoupement est fait, l’œuvre décryptée. L’Heure messianique a sonné qui doit être considérée non plus en fonction d’un regard sur le passé alourdi de mort, mais vivifié par l’essor en la Lumière en voie d’accomplissement.

Cela, l’auteure l’a confusément pressenti, mais, sans le conjecturer plus avant, sans exiger surtout de le rendre tangible intensément. Aussi son ouvrage s’achève-t-il sur des points de suspension qui engagent une suite que l’on attend* ouverte directement sur l’Enseignement de Dieu et non plus balbutiant sur l’empirisme tâtonnant d’un pressentiment mal assuré. Nous saurons alors si Dominique Aubier est de ceux qui se laissent griser par le vertige des idées et des mots ou bien si son interrogation était sincère** quand elle écrivait : « Pour que les mystères s’expliquent, il faut une tête initiée au degré du siècle qui est le nôtre. Où est cette tête ? La redescente de l’esprit vivant est nécessaire. C’est ce que demande Cervantès à la fin de son deuxième volume par l’épisode de la Tête Blanche, tête raisonneuse, tête savante, tête parlante à la condition qu’un homme de chair et de savoir occupe la statue vide qu’elle est, posée sur la table, posée à l’avance par l’esprit prophétique annonçant que le secret sera dit par la bouche humaine, comme si la statue n’était là que pour représenter l’homme inconnu qu’avec le temps Dieu suscitera pour prendre place avec son esprit, à l’endroit prévu pour la réponse »
« Tête prévisible, elle existera. Esprit concevable, il naîtra de la maturation des siècles. Opération mentale nécessaire, elle attendra du temps qu’il lui crée des conditions nécessaires à sa réalisation. Le temps de cette Tête capable viendra. Son apparition est dans l’ordre inéluctable des choses de l’esprit. Cet ordre est connu des initiés. La connaissance de cet ordre régit l’espérance messianique. Espoir qualifié, Don Quichotte l’éprouve. »

L’espérance, c’était au siècle de Cervantès. La réalisation, c’est aujourd’hui. Or cette plénitude de l’Esprit qui pense l’accomplissement intégral, voilà ce que Dominique Aubier doit vouloir entendre et reconnaître si elle veut non seulement connaître la réponse, mais, essentiellement, porter les fruits. Elle a été elle-même l’instrument d’une première esquisse.
Il faut, à présent, s’intégrer dans le mouvement d’ouverture. C’est là que l’aventure devient merveilleuse. En vérité inouïe. C’est là que nous l’attendons***.

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Note de l’éditeur :
*Suite pleinement réalisée dans la série exégétique de 5 ouvrages que Dominique Aubier consacre au Quichotte et dans son livre l’Ordre cosmique.

**Sincérité assumée et prouvée au regard de l’ensemble de son œuvre.

*** C’est là que nous l’attendons, et c’est bien là qu’elle s’est rendue, pourrons-nous certifier, au vu de l’œuvre accomplie.

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Don Quichotte prophète d'Israël

traduit en espagnol sous le titre :

Don Quijote profeta y cabalista

Toute la série exégétique de Don Quichotte