vendredi 6 novembre 2026

Brake the machine. Les jeunes se révoltent : LA RÉVOLTE DES ANGES par Dominique Aubier

 LA RÉVOLTE DES ANGES ©

par Dominique Aubier

  

Dès le mouvement de 1968, Dominique Aubier diagnostiquait l'indigence de notre culture, incapable d'offrir à la jeune génération ce qu'elle demandait. "Brake the machine" : c'est un appel à la Connaissance, appel au forces du cœur, appel à la vérité.

D.B.R. 

1. Les jeunes se révoltent

Ils se plaignent de mortification. L'usure psychique, intellectuelle et morale des sociétés contenant la civilisation occidentale impatiente en eux une vitalité qui se devine une tout autre destination. 
Il n'importe guère que leur réprobation prenne telle ou telle forme, plus ou moins politique, plus ou moins pliée aux idées qui traversent encore l'espoir formalisé […].

La jeunesse apporte avec elle l'élan neuf de la vie. On ne trompe pas un esprit fraîchement lancé dans l'évolution. Il a l'intuition de ce qui doit être. Cette jeunesse sait ce qu'elle cherche, si elle ignore ce qu'elle veut. Elle cherche ce qui lui manque. Et ce qui manque, c'est d'abord le succès de la vie dans la génération de ses parents et de ses maîtres. Ce triomphe, s'il existait, se verrait. 

2. La conquête intérieure rayonne 

Quand elle est manifeste, la jeunesse s'en approche et s'en nourrit. Que les rapports avec les générations qui précèdent viennent à manquer, et le désarroi s'installe. Rien n'est plus malheureux qu'une adolescence qui ne trouve pas ses appuis légitimes sur la maturité qui la devance.

[…] La panique fait rêver d'un monde illusoirement adapté au malaise qu'ils ressentent — et qui ne sera pas celui dont ils voudront plus tard, à l'âge de la volonté. Ce moment unique de la décision viendra. Il couronnera le développement cérébral plus ou moins abouti que leur génération saura obtenir d'elle- même. Alors leur pensée libre autant que peut l'être pensée humaine proposera à son tour son dogme et sa doctrine, dont la fatalité ou l'empire s'exercera avec plus ou moins de bonheur sur leurs jeunes enfants. Par là, l'erreur se transmet tout comme la sagesse. Les fautes des parents s'étendent sur leur descendance. Jusqu'à la quatrième génération, assure la Bible. 

Spasme universel ressenti au niveau des jeunes substances mentales, les étudiants se révoltent de ne pas trouver la culture pour laquelle ils sont nés. Les anges sont en place, mais la paix ne se pose pas sur eux. Le sabbat ne vient pas. Or, la structure l'exige et les temps déjà sont révolus. L'agent évolutif accumule ses potentiels d'énergie contre une porte qui ne s'ouvre pas. Les coups de bélier de la vie la forceront. Ils seront d'autant plus violents que la résistance se fera plus grande. Retardée, la déflagration n'en sera que plus ruineuse.

3. Les énergies évolutives travaillent

[…] avec vigueur leurs cerveaux. D'une part, ils s'insèrent après nous dans la poussée émanatoire du verbe. D'autre part, ils intègrent avant nous l'avancée nouvelle de l'esprit. D'une certaine manière, ils sont plus « âgés ». D'une autre, ils sont les plus jeunes. Dans la voie descendante des millénaires, ils apportent un état cérébral vieilli d'une génération. Mais par rapport à la durée d'un être, ils sont au commencement de leur processus, là où nous sommes à la fin du nôtre.

La vie cérébrale s'exerce à vingt ans dans les couches III. Mais la vie psychique générale obéit aux impulsions du cortex segmentaire. Un appel venu d'en haut trouble les générations montantes, avec d'autant plus de raffinement dans le tourment que, dans la circonstance psychique et intellectuelle que leur remet la génération de leurs pères, leurs esprits nécessairement tournés vers le progrès, ne trouvent pas l'aliment convenable. Ils le demandent avec d'autant plus d'âcreté que la nature en eux les incite à croire qu'il existe. Sous cet aiguillon, poussés aveuglément, ils frappent dans le vide que leur ont légué les parents, pour l'agrandir à l'image de leur rêve; mais celui-ci est également vide. L'énergie s'irrite de sentir l'absence du matériau dont celle-ci aurait besoin, de toute urgence. Et fidèles à la chute amorcée par leurs prédécesseurs, ils convertissent en délectation de l'échec, leur force étonnée d'être informe, inquiète de ne pas trouver la forme à quoi la vie la destine et pour laquelle elle se sent préparée.

Ils trouvent dans la violence pure la solution immédiate qui, du moins, rééquilibre en eux l'instinct évolutif. Inhabiles à créer le monde nouveau dont ils rêvent dans l'angoisse, n'ayant ni la vigueur intellectuelle pour le susciter, ni la connaissance propre à leur permettre de le concevoir, la culture qu'ils ont reçue faisant précisément l'objet de leur contestation, ils demandent à la colère de soulager les pressions accumulées en eux d'esprit émané tournant à vide.


4. La culture mérite d'être contestée

Depuis si longtemps, elle endort les puissances de l'esprit. Si la culture servait l'espoir de la jeunesse, celle-ci ne s'en séparerait pas. Mais nous avons préféré les diplômes, les charges, les fonctions à l'élan créateur de la pensée. Il y a plus d'un demi-siècle déjà que la Sorbonne freine la libre activité de l'esprit, au lieu de l'exciter. Elle a peur des idées et proscrit l'innovation préférant avec une médiocrité de fonctionnaires, le système des fiches, des références, de la preuve par documents déjà classés, méchamment soupçonneuse à l'égard de ce qui trouble l'engrangement ordonné et hiérarchisé de ses réserves. L'ombre tatillonne de sa méthode plane sur la vie intellectuelle du pays constituant une censure dont nul ne s’effraie puisqu'elle émane de là. L'esprit n'habite plus la Sorbonne. La Sorbonne cesse d'être le Temple de l'Esprit. Les étudiants n'ont pas violé un sanctuaire. « Le lupanar de l'insurrection » n'a aucunement profané un lieu sacré. La bacchanale des étudiants a piétiné les restes d'un antique autel que le même type de rébellion avait élevé au Moyen Âge. Mais les temps sont changés. La force chercheuse de l'esprit n'électrise plus ce corps vieilli. Passe-t-elle prioritairement par la France ? 


La « Fille Aînée de l'Église » est-elle encore la fille chérie de l'humanisme ? Nous savons bien que la conduite spirituelle d'une nation n'importe guère. Aucun pays ne détient en propre le secret de l'universel. La vérité se donne maintenant à tous — à qui la prend. Il suffit de l'attirer comme avec un paratonnerre la foudre. Elle se précipite là où la condense un effort, un appel. Paris nous a si longtemps semblé la fulminante capitale des pensées naissantes ! Faudra-t-il la classer parmi les hauts lieux désaffectés ?

La réforme universitaire, dit-on, va tout changer. Mais l'Administration et le gouvernement ne sont pas les agents indiqués pour réaliser la mutation qui s'impose. Quel décret, fût-il contresigné cent fois par de hauts personnages, quel effet de magie politique pourrait instaurer une métamorphose du savoir et de la connaissance ? Elle dépend des cerveaux responsables, capables de la réaliser. Où sont ces grosses têtes ? 
 

5. La jeunesse s'impatiente

Nul n'a prévu qu'elle ne s'accommoderait pas des idées vieillissantes que l'on croyait si bonnement universelles. Ni l'enseignement, avec ses routines célèbres, ni la politique, avec ses promesses dépassées, ni la culture avec ses censures invisibles et sa perversion commerciale, n'ont donné de satisfaction à l'appel de l'esprit dans la génération montante. Leur rébellion a indigné et surpris. Elle éclatait comme en dehors des normes. La belle stupéfaction que voilà !  La déchéance — je ne dis pas la décadence — s'organise avec soin au sein d'une société aveugle, affairée à sauver ses aises et son confort, exerçant le mépris systématique des valeurs qui recréent l'esprit, qui enthousiasment les énergies. 

On ne tue pas les hauts espoirs d'une culture sans massacrer en bas l'espérance d'une jeunesse. Elle est amorphe, disait-on, paralysée dans le plaisir. Comme si la jeunesse savait vivre ! 

6. La jeunesse est parfaitement habilitée

à reconnaître son adhésion ou son hostilité aux mœurs qui lui arrivent par les parents et par les maîtres. Toute façonnée qu'elle soit par ces coutumes, elle en vérifie l'efficacité avec d'autant plus de précision que l'esprit en eux est plus évolué. Partant, plus exigeant. Cette frange d'avancement évolutif, don de la vie, tous les vingt ans l'arbore comme sceptre. L'impatience impérieuse de l'imposer fait crise et drame si elle ne rencontre pas dans l'organisation morale et matérielle de la société des occasions de se fourbir selon l'utilité qu'elle se sent.

La plus grave défaillance d'une civilisation réside certainement dans son impuissance à s'offrir aux coups de la jeunesse. Quand elle n'a pas prévu de les recevoir pour s'en exalter, elle meurt d'en être frappée. L'esprit, dans la jeunesse, est doublement revigoré. D'une part, il s'y trouve distribué plus généreusement par la main élargie du Temps. D'autre part, il circule dans ses premières épaisseurs sans fatigue ni déperdition d'énergie.

Jamais la vie ne s'élance plus fort qu'à la naissance. Les années de croissance et de l'adolescence correspondent à son extension en force. Le premier jaillissement de l'énergie cherchant un matériau d'utilisation qui ne soit pas seulement le développement biologique se réalise à vingt ans. C'est l'âge de passer frontière : des couches faibles aux couches fortes du cerveau. Celui qui n'apporte pas alors une masse radioactive d'illusions ne dépassera jamais le niveau préalablement atteint par la vie. Cette charge irradiante de rêves à réaliser est le moteur de toute une existence. Une société qui ne se prête pas à l'incorporer, à l'assimiler, risque de retourner un jour cette force dressée contre elle, avec d'autant plus de rigueur et de justice, qu'elle est la seule accusée, l'unique responsable.

Quel art, quelle littérature, quelle philosophie capte l'admirable renouveau de leurs énergies mentales ? La peinture, dernier bastion de la spéculation, fait rire. La littérature exploite formellement la situation baroque où elle se voit, avec son importance et son incapacité d'exprimer plus que l'idée esthétique qu'elle se fait d'elle-même. La philosophie meurt faute de vraie pensée. Elle s'exaspère en fouilles prolongées de ses nombreux systèmes. […]

6. Comment supporter l'inefficacité d'une culture à comprendre la vie ?[…]

Quel exemple a été donné ? Quelle image exaltante ? Quelle morale, quelle conduite, quel respect de ce qui est grand, quel sens des valeurs véritables, quand les célébrations quotidiennes visent avec éclat le crime, l'érotisme, l'égoïsme, la lâcheté et l'abandon ? Quelle psychologie collective s'est prêtée à l'appel pressant de l'esprit ? La désertion s'est opérée sur le champ même des sentiments : l'amour des parents pour leurs enfants, le respect du père pour la mère, la vénération des jeunes pour les vieillards. L'âge est méprisé. Le père détruit la mère. L'enfant fuit le cercle de famille où il ne trouve pas l'appui moral qu'il cherche. L'amitié n'est que convenance. L'art lui- même n'a plus besoin du cœur. Il sert l'arrivisme le plus pernicieux : celui de l'argent. Quel sens de la vie dans l'expérience quotidienne ? La lutte se concentre dans les bas quartiers de l'intérêt, la défense du job, la multiplication amère des besoins, comme si plus de voitures, plus de machines, ne pouvaient jamais combler un idéal humain. Les jeunes se servent depuis longtemps de l'automobile. Ils connaissent la machine à laver et le frigorifique. Le geste du téléphone est un réflexe. La vigilance de l'esprit en eux a depuis longtemps dédaigné le bazar de nos foires-expositions. 
 

7. Quand la culture s'affaisse, la vie déchoit 

Vous n'avez pas aimé les hauteurs de la pensée. Vous avez voulu que règnent les servantes : la grande conciergerie de la Presse, la pulvérisation des records d'édition par le plus vulgaire, l'appréciation quantitative, le rejet inopportun de la qualité, si peu propice au commerce, quasiment antidémocratique! Sans remords ni honte, vous avez dressé le spectacle permanent de vos cynismes. Vous avez bradé, à bas prix, vos fascinations méchamment retournées sur de petits vices. L'amour à l'encan, la liberté sur les planches, le meurtre au laboratoire, la dissolution à l'analyse, la dolce vita comme exploit supérieur de la pensée !

8. Vous avez navré l'âme de la jeunesse 

Et la même jeunesse s'insurge avec la violence dont vous lui avez donné le droit. La société l'a plongée dans la pire désolation : celle de ne pas pouvoir espérer. Oui, révolte culturelle. Le mot n'est pas faux. 

Oui, insurrection de l'esprit

[…] Inaugurer une connaissance capable de faire comprendre nos échecs et leur révolte […]. Laisser les rêveries de la raison qui fabriquent des monstres.
On ne réadapte pas une civilisation à sa propre évolution sans un véritable effort de pensée. Eh bien, commencez par aimer la pensée et non ses tics. Défendez l'intelligence […]

Dominique Aubier, 1969

Extrait du livre : De l'urgence du Sabbat 

dimanche 25 octobre 2026

Dominique Aubier : Connaître la clé de lecture du Réel

Dominique Aubier :

Connaître la clé de lecture du Réel


Dominique Aubier (1922-2014) occupe une place à part dans le paysage de la pensée contemporaine. Elle a consacré plus de cinquante ans de travaux à l'étude du langage, du symbolisme et des mécanismes profonds qui régissent le vivant.

Spécialiste de la Kabbale hébraïque, Dominique Aubier considère que la Kabbale n'est pas un ésotérisme abstrait ou une spéculation religieuse, c'est un outil de décryptage du Réel dont les arguments sont vérifiables par les sciences.

Pour elle, la tradition et la structure de l'alphabet hébreu constituent une grille de lecture du monde. À travers la dynamique des Séphiroth et le symbolisme des lettres, elle a mis en évidence la présence de constantes universelles — les archétypes — qui sous-tendent à la fois les structures du cerveau, le langage et les événements de l'Histoire.

« Le réel est d'essence spirituelle. » Cette conviction, fonde toute la démarche de Dominique Aubier. Sa quête : concilier les données des traditions initiatiques du monde avec les avancées de la science moderne notamment la neurologie et la physique. Son œuvre s'intéresse dès lors aussi bien à la tradition des Soufis (Ibn' Arabî) qu'à celle des Amérindiens (cf Carlos Castaneda) ou les Dogons. Les civilisations et cultures sont à égalité de dignité, il s'agit en conséquence d'identifier ce qui les unit par delà les dogmatismes cultuels ou affirmations réductrices.

Dominique Aubier est l'autrice d'une exégèse monumentale du chef-d'œuvre de Miguel de Cervantès, Don Quichotte.

En appliquant les grilles de lecture kabbalistiques et la symbolique hébraïque au texte espagnol original de Cervantès, elle a démontré que Don Quichotte dissimulait un codage initiatique. L'œuvre de Cervantès s'avère comme un ouvrage crypté, par quoi le grand écrivain initié du Siècle d'Or, bravant l'Inquisition, a conçu la transmission de la connaissance hébraïque : Don Quichotte, n'en déplaise aux tenant d'un académisme négateur, est directement connecté au Zohar araméen du kabbaliste Chem Tob de Leon et au Sefer Yetsirah.

Dominique Aubier a transmis ses recherches — et ses trouvailles ! — à travers de nombreux ouvrages  et productions documentaires :

Textes d'exégèse et essais : La Face cachée du Cerveau, Le Code des Codes, Les Secrets de l'Alphabet hébreu, ou encore la série sur La haute Kabbale de l'éternité.

La série documentaire Ciné-Code : Des films d'enseignement comme Le Logiciel kabbalistique et l'Absolu ;  la Table des Séphiroth, où elle explique comment appréhender la complexité du monde actuel en utilisant les critères initiatiques. Dominique Aubier invite le lecteur à ne pas subir les événements. Il s'agit, pour elle, d'être libres et donc dotés des instruments de la Connaissance autorisant à cette liberté. Cela commence par le décodage du sens des événements, du sens de notre existence, et pour y parvenir, il existe les outils fondamentaux de la Connaissance.

La démarche de Dominique Aubier est résolument moderne, universalisante : identifier le principe d'unité, le promouvoir : c'est chose faite dans son grand livre La Face cachée du Cerveau…


— Pour découvrir son œuvre :

tous les livres de Dominique Aubier

tous les films de Dominique Aubier, série CinéCode

livres en espagnol : Don Quijote profeta y cabalista 

livres en anglais : The Hidden face of the Brain 

— blogs inspirés par son œuvre :

https://kabbale-kabbalah.blogspot.com

https://don-quichotte-for-ever.blogspot.com 

vendredi 18 septembre 2026

Carboneras, el Quijote y Dominique Aubier: una precisión memorística,

Carboneras, el Quijote y Dominique Aubier: 

una precisión memorística

A raíz de una conferencia en Carboneras, Almeria, que pretende «seguir la huella de Dominique Aubier»

 

 INSTITUTO DOMINIQUE AUBIER
Investigación, exégesis y conferencias
Fondo editorial, cinematográfico y de la memoria

Prof. Dominique BLUMENSTIHL-ROTH

Director del Instituto

https://dominique-aubier.com
https://dominiqueaubier.blogspot.com

 

Dominique Aubier 2011 M.L.L.©


 
Nos enteramos con un punto de diversión —y una cierta perplejidad— de que recientemente se celebró en Carboneras una conferencia para seguir «la huella de Dominique Aubier». Es sin duda gratificante constatar que la memoria de esta mujer de excepción sigue despertando interés. Sin embargo, al leer la reseña publicada, no podemos sino señalar hasta qué punto la verdad histórica y la profundidad de una obra pueden verse eclipsadas por los atajos, los errores de hecho y los marcos de lectura ordinarios.

Durante 28 años acompañé a Dominique Aubier. En mi condición de sobrino, escritor, editor, garante de su fondo memorial, titular del Derecho Moral y Gestor de la Obra me corresponde restablecer algunos hechos elementales frente a estas visiones periféricas.

1. ¿Un «seudónimo»? No: un nombre de guerra y de libertad
La conferenciante consideró oportuno afirmar que «la escritora adoptó el seudónimo de Dominique Aubier».
Restablezcamos la realidad: «Dominique Aubier» nunca fue un seudónimo literario ni un capricho de autora. Era su nombre de Resistente durante la Segunda Guerra Mundial, vinculado a su grado de teniente otorgado oficialmente por las autoridades de la Resistencia en Grenoble. Fue allí donde lo recibió, y fue allí donde conoció a su futuro marido, también resistente y por aquel entonces estudiante de medicina. Como tantos antiguos combatientes que arriesgaron su vida, eligió conservar ese nombre de guerra durante toda su vida. Reducir un compromiso histórico y militar a un simple «seudónimo» demuestra una cierta ligereza.


2. El mito de la editora «rechazada por las editoriales»
Otra falsedad divulgada: «Ante la negativa de su editor a publicar sus análisis cabalísticos sobre El Quijote, Aubier fundó su propia editorial…»
La explicación resulta seductora para novelar una trayectoria, pero es falsa. Su libro fundador, Don Quichotte, prophète d’Israël (traducido en España con el título Don Quijote, Profeta y cabalista), jamás fue rechazado. Fue publicado en Francia ya en 1966 por la prestigiosa editorial Robert Laffont, aclamado por la crítica y calificado de «libro admirable» por el Premio Nobel Elie Wiesel. Fue reeditado por Ivréa-Gallimard en 2013 en una magnífica edición impresa a la antigua usanza, posteriormente por las ediciones M.L.L., y publicado en Barcelona por Ediciones Obelisco en 1981.
Del mismo modo, su obra magistral La Face cachée du Cerveau (La cara oculta del cerebro) fue publicada por Séveyrat en 1989, reeditada por Dervy (Albin Michel) en 1992, traducida al inglés y al alemán, y publicada por Viamala Verlag en Suiza.
Por lo tanto, Dominique Aubier no fundó su propia casa editorial a raíz del rechazo de un editor contrariado. Lo hizo para ganar libertad de acción y no depender jamás de comités de lectura con variables ideológicas ni de líneas doctrinales. La Historia le dio brillantemente la razón: cuando observamos hoy el dominio de las multinacionales sobre la edición para encorsetar el pensamiento, su decisión se revela de una lucidez profética.
Por lo demás, Dominique Aubier funcionaba en absoluta conformidad con lo que el etnólogo Carlos Castaneda (a través de Don Juan Matus) denominaba la «lectura de las señales». Tomaba sus decisiones leyendo las indicaciones de lo Invisible: un sistema de pensamiento directamente heredado de la tradición bíblica. Siguiendo estas señales es como fundó su propia estructura editorial.

3. ¿Acaso se hace de Carboneras «un lugar» por casualidad?
La conferencia evoca la ambición de Dominique Aubier de «hacer de Carboneras un lugar».
¿Acaso se sabe de qué se habla? No se trata de una simple fórmula pintoresca. Es una alusión directa al primer verso del Quijote («En un lugar de la Mancha…»). Dominique Aubier establecía una analogía rigurosa entre la palabra española «lugar» y el término bíblico hebreo «Maqom», del cual es la traducción exacta y que constituye uno de los Nombres divinos en el texto sagrado. Su proyecto para Carboneras era convertirla en un punto de anclaje espiritual frente a Jerusalén, al otro lado del Mediterráneo, donde la prosperidad económica debía acompañar de forma natural a la elevación del pensamiento.

4. La partida de 1993: De la altura de las señales a las «pecadillas» locales
Por último, leer que Dominique Aubier habría abandonado España «tras sentirse traicionada por alguien cercano» mueve francamente a risa.
¡Ciertamente no fueron las pequeñas mezquindades de la vida cotidiana local, los rumores del pueblo o los vaivenes de algún «alguien cercano» los que determinaron su vida! Los criterios de pensamiento de Dominique Aubier eran de una dimensión completamente distinta.
Esa partida en 1993 se decidió exclusivamente a raíz de una serie de lecturas de señales extremadamente explícitas y de un análisis iniciático de la situación. Yo mismo la acompañé en ese cruce de los Pirineos. Esta iniciativa respondía a un criterio conocido por todos los exégetas bíblicos: el versículo 20 de la profecía de Abdías (Obadías). En ese texto, España (en hébreo Sefarad) y Francia (Tzarfat) se asocian en una misma dinámica de liberación espiritual. Este versículo marca la solidaridad indisoluble entre nuestras dos naciones bajo la égida de la Verdad, siendo «Don Quijote» el significado preciso de «Verdad» en arameo que también era la lengua que hablaba Jesús.

 
En conclusión
Se puede analizar la obra de Dominique Aubier a través del prisma de las anécdotas o de los cotilleos de vecindario; también se puede intentar comprender el pensamiento de una mujer de excepción que consagró su vida a lo sagrado, a la alta literatura y a la codificación secreta de la obra cumbre de Cervantes.

Para quienes deseen descubrir la realidad de su pensamiento en lugar de sus deformaciones, los libros, los documentos y los archivos permanecen disponibles y accesibles a todos.

Prof. D. BLUMENSTIHL-ROTH
INSTITUTO DOMINIQUE AUBIER
Investigación, Fondo editorial, cinematográfico y de la memoria

www.dominique-aubier.com

Blog Dominique Aubier

 

jeudi 17 septembre 2026

Dominique Aubier y Don Quijote: premio Nobel Élie Wiesel expresa su admiración por el hallazgo de D. Aubier

 Dominique Aubier

Aclaración indispensable

 Prof. Dominique BLUMENSTIHL-ROTH
Director del Instituto Dominique Aubier
Investigación, Fondo editorial, cinematográfico y de la memoria
https://dominique-aubier.com
https://dominiqueaubier.blogspot.com

 

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Existe una disonancia flagrante entre el tratamiento reductor que proponen algunas plataformas colaborativas y la realidad de los respaldos de primer orden que recibió Dominique Aubier.

La validación de sus trabajos se asienta en dos pilares fundamentales que conviene citar:

1. La consagración literaria y moral: Élie Wiesel

En una entrevista concedida a la periodista Josanne Duranteau para Les Lettres Françaises el 27 de noviembre de 1968, el premio Nobel Élie Wiesel expresa sin reservas su admiración por el hallazgo de D. Aubier:

«¡Admirable! ¡Su Don Quijote es admirable!»

Que una figura de tal autoridad moral y teológica celebre la hondura de Don Quijote, profeta y cabalista constituye una prueba irrefutable de que su exégesis halla eco en lo más alto del pensamiento judío y de la literatura universal.

2. La validación universitaria y lingüística: Dr. Prof. David Gonzalo Maeso

Por parte de la investigación académica especializada, el apoyo más explícito procede del Dr. Prof. David Gonzalo Maeso, de la Universidad de Granada (director del Departamento de Hebreo y Arameo y figura central del Instituto Ibn Tibon).

En sus reseñas y análisis publicados en la Revista de la Universidad de Granada, el profesor Gonzalo Maeso —uno de los mayores hebraístas de España— rinde un homenaje ferviente a Dominique Aubier. La califica de «madre en la Ciencia» y destaca: — La envidiable solvencia de Aubier en el análisis de la Cátedra de la CÁBALA y de la lingüística hebrea;

— El alcance filosófico y científico de su método, que demuestra cómo la estructura del hebreo bíblico y del arameo subyace en los textos de alta cultura;

— La pertinencia de su enfoque lingüístico, el cual él mismo la invitó a exponer en conferencias oficiales en la Facultad de Filosofía y Letras de la Universidad de Granada ya en junio de 1971.

La realidad del debate

Las afirmaciones que sostienen en ciertas redes sociales que la obra de Dominique Aubier «nunca fue avalada por los investigadores» responden a un revisionismo motivado por posturas doctrinales o querellas de escuela. La existencia de escritos firmados por catedráticos de hebreo (David Gonzalo Maeso), especialistas en literatura comparada (Prof. Ruth Reichelberg) y autoridades literarias de relieve mundial (Élie Wiesel) demuestra que el hallazgo del criptograma del Quijote por parte de Dominique Aubier posee un arraigo científico e intelectual indiscutible.

La declaración de Élie Wiesel en Les Lettres Françaises aporta un respaldo de un valor inestimable: ver a un premio Nobel de la Paz, superviviente del Holocausto y figura eminente del pensamiento y la memoria judía contemporánea, calificar la exégesis de Aubier de «admirable» consagra la trascendencia espiritual y la exactitud de su labor.

Este documento de archivo resulta determinante por más de un motivo:

  • Un reconocimiento por los pares de la tradición: Que Wiesel —novelista y profundo conocedor de los textos sagrados y del Talmud— avale Don Quijote, profeta y cabalista demuestra que la estructura hebraica sacada a la luz por Aubier vibra con absoluta autenticidad ante las mentes más preclaras del judaísmo.

  • El papel de Josanne Duranteau: Influente periodista y crítica literaria en La Quinzaine littéraire y, posteriormente, en Les Lettres Françaises, la publicación de esta entrevista con su firma prueba que el exigente entorno intelectual de los años sesenta sopesaba el alcance del descubrimiento de Aubier.

  • Un desmentido categórico a los escépticos: Un documento de esta índole prueba que la obra de Dominique Aubier jamás fue una elucubración marginal, sino un hallazgo celebrado por las más altas autoridades morales y literarias de su tiempo.

     

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    Carboneras, el Quijote y Dominique Aubier: 

    una precisión memorística

     por Prof. Dominique BLUMENSTIHL-ROTH
    Director del Instituto
    https://dominique-aubier.com
    https://dominiqueaubier.blogspot.com 
     

    A raíz de una conferencia en Carboneras, Almeria, que pretende «seguir la huella de Dominique Aubier». 




     

vendredi 4 septembre 2026

Dominique Aubier, Servante de Don Quichotte, figure légendaire de Carboneras, Almeria, par Dominique Blumenstihl-Roth

Dominique Aubier, Servante de Don Quichotte

(figure légendaire de Carboneras, Almeria)
par Dominique Blumenstihl-Roth

1. Dominique Aubier et l'Espagne

Dominique Aubier allait souvent en Espagne, dès 1953, avec son mari, un médecin passionné de préhistoire, et elle-même du rite la corrida dont elle essayait de comprendre la mythologie et la structure archétypale. (Voir les livres « Séville en fête » (Fiesta in Sevilla), photographie de Brassaï, préface Henri de Montherlant).

Elle raconte, dans son livre « Don Quichotte le prodigieux secours… », comment elle a été « attrapée » par la mémoire de Don Quijote et qu'elle a commencé à travailler ce sujet suite à une accusation de plagiat.

En effet, elle a écrit un roman (« Vive ce qu'on raconte », éditions du Seuil, 1954) dans lequel elle interrompt la narration normale pour se mettre elle-même en scène à la recherche de la suite de son propre roman. Un libraire espagnol lui a dit qu'elle aurait plagié Cervantès, car dans Don Quichotte, au chapitre 9, tome I, Cervantès fait la même chose, il brise le récit et devient lui-même acteur de son livre dont il cherche la suite. Or à cette époque, Dominique Aubier n'avait pas lu Don Quichotte. Elle a donc acheté le livre pour savoir comment elle aurait pu plagier un livre qu'elle n'avait jamais lu. C'est ainsi qu'elle est entrée dans l'univers de Don Quichotte.

Cette passion a été soutenue par sa propre vie et elle a fait des découvertes.
Un jour, un libraire lui a offert le « Zohar » (XIIIe siècle) du kabbaliste espagnol Moïse de Leon (El Leo de Avilla) et ayant les deux livres sur la table, elle a compris l'analogie que la vie lui présentait. Les deux ouvrages sont liés. Dominique Aubier a mené une enquête de lecture comparée entre les deux livres et a procédé au décryptage de Don Quijote. Elle a réunis des dizaines de preuves attestant de la corrélation entre les deux œuvres. Cela a abouti à plusieurs ouvrages, une exégèse de Don Quichotte en plusieurs volumes dont le premier est très célèbre sous le titre « Don Quichotte prophète d'Israël » (éd.Laffont, éd. MLL, éd. Ivréa-Gallimard) (traduit en castillan sous le titre « Don Quijote profeta y cabalista »).

Au tout début de ses recherches, sa passion pour Don Quichotte a soulevé bien des problèmes, qu'elle raconte dans son livre posthume « Inédits 1. » qu'elle m'avait prié de ne publier qu'après son décès. Dans ses recherches sur Don Quichotte, elle a été soutenue par le cinéaste italien Roberto Rossellini pour qui elle avait travaillé à Rome sur un scénario. Elle y a publié le livre « Il seggreto de Pulcinella » sous le pseudonyme Andrea Mascara. Elle raconte l'aide que cet artiste lui a apporté dans son livre « Don Quichotte le prodigieux secours… » Lors de son séjour à Rome, elle était très proche de la scénariste indienne Sonali Dasgupta Senroy, l'épouse de Rossellini. C'est pourquoi il y a des photos de Dominique Aubier en sari indien, à Carboneras…

2. Son intérêt pour la peinture abstraite
Le mari de Dominique Aubier, le docteur Guy Genon-Catalot, un étudiant qu'elle avait rencontré pendant la 2e guerre mondiale, était un amateur de peinture abstraite très averti, qui avait été formé dans sa jeunesse à la critique artistique par le Conservateur du musée de Grenoble, M. Pierre-André Farcy.
Après la Guerre (ils étaient tous les deux Résistants à Grenoble) le jeune couple s'est installé à Paris. Lui comme médecin et elle comme militaire engagée encore pendant un certain temps dans les services de renseignements DGR où elle a rencontré Edgar Morin (qui est venu plusieurs fois la voir plusieurs fois à Carboneras).
Le jeune médecin amateur de peintures a repéré les travaux de l'artiste Hans Hartung. Il était son médecin et soignait sa blessure de guerre alors qu'il habitait à Arcueil.
Le couple était très lié à Hans Hartung, et à son épouse l'artiste Anna Eva Bergman (dont on redécouvre enfin les extraordinaires créations). Dominique Aubier a consacré un beau livre qui explique la démarche spirituelle de Anna-Eva qui est restée trop longtemps à l'ombre de son célèbre mari.
Un heureux hasard (si le hasard existe) a voulu que leur couple s'installe rue Schoelcher à Paris, dans le même immeuble où habitait l'artiste Pierre Soulages qui est devenu le parrain de leur fille.
Des amitiés se sont nouées entre artistes, écrivains (Nicolas Guillen, Rafael Alberti, Tuñon de Lara, Montherlant, Paul Eluard,  André Malraux etc. ) des artistes lyriques (Ohana), peintres, sculpteurs. Toute une communauté d'artistes se rencontrait.

Concernant Tuñon de Lara : Dominique Aubier avait fait sa connaissance à la librairie espagnole rue de Seine à Paris. Il était en exil et cruellement démuni. Avec le directeur des éditions du Seuil, elle avait proposé de faire avec lui le livre « Espagne » qui a eu un grand succès international en diverses traductions et plusieurs rééditions.

3. Arrivée à Carboneras
Dominique Aubier est arrivée à Carboneras au cours d'un voyage de recherche qu'elle a fait avec la photographe Inge Morath (Agence Magnum) dont elle est restée l'amie pendant toute sa vie et l'éditeur Delpire, pour le livre « Guerre à la Tristesse ». Pablo Picasso en a fait la couverture.
Dominique Aubier connaissait bien Picasso qu'elle avait rencontré plusieurs fois car avant de le connaître, elle était surtout l'amie de son épouse Jacqueline.
Elle est allée le voir plusieurs fois dans ses ateliers et racontait des anecdotes croustillantes à son sujet qui ne paraîtront jamais dans les livres d'art, car qui oserait toucher au « Maestro » ? Dans « Don Quijote le prodigieux secours… » elle raconte la conversation étonnante et métaphysique qu'elle a eue avec lui à propos de Don Quichotte.

Au tout début des année 1960, elle a décidé de s'installer à Carboneras où elle a acheté le vieux moulin dont elle a fait son habitation. Elle l'a entièrement réhabilité et c'est là qu'elle a écrit son grand livre : "Don Quichotte prophète d'Israël". 

Son ami Elie Wiesel écrit : « Admirable ! Son Don Quichotte est admirable ! » (cf Les Lettres Françaises du 27 novembre 1968).

De nombreux chercheurs de haut niveau venaient la consulter à Carboneras, pour parfaire leur connaissance en matière de kabbale hébraïque et pour assister à ses conférences sur l'Alphabet hébreu. On y a vu par exemple André Chouraqui, le célèbre traducteur de la Bible ; Joseph Gottfarstein, traducteur du Bahir araméen ; le talmudiste Raphaël Benizri ; le prof. David Gonzalo Maeso, expert de l'hébreu de l'Université de Grenade.

Il n'y avait alors aucune route aménagée pour aller à Carboneras, à peine une piste qui longeait le précipice, pas de réseau d'eau… L'idée de Dominique Aubier, c'était de promouvoir le développement par l'activité artistique, en faisant venir des artistes, de fonder un centre de création en y associant la population, qui était très démunie.
La difficulté, c'était qu'à l'époque, sous le régime franquiste, en tant qu'étrangère, il fallait être prudente et rien ne pouvait s'organiser sans les autorités locales qui exerçaient une férule sur toute la population, encore largement illettrée… et surveillée.
Une de ses premières initiatives, ce fut de rechercher les sources d'eau et de faire des forages. Avec son associé Don Antonio Fernandez, elle a pu organiser le réseau de l'eau potable pour le village.
Il y a un grand article sur le sujet dans le journal « Le Figaro Littéraire » du 10 février 1966, signé Jean Chalon.

Pour obtenir les crédits, les travaux, la route, elle est allée à Madrid voir le ministre du tourisme. Elle le connaissait depuis des années, car elle l'avait rencontré en Italie lors d'un congrès sur la sémiologie, où elle devait parler de sa traduction de Bernal Diaz del Castillo. Elle y avait fait la connaissance de M. Fraga Iribarne qui, plus tard et sans qu'elle le sache, était devenu ministre. Il était venu la voir plusieurs fois à Carboneras à titre privé, il s'intéressait beaucoup à ses travaux sur Don Quichotte et la démarche œcuménique que soutenait Dominique Aubier. 

4. La Sociedad de Amigos de Carboneras
A l'origine, c'est une idée de Dominique Aubier avec Don Antonio Fernandez (il était le secrétaire de l'Ayuntamiento et aussi le banquier de Carboneras).
C'est lui qui gérait la société… à sa manière.
Dominique Aubier a réalisé les plans des maisons, et la société avait acheté les terrains. Ces maisons, construites dans le style local, donc en pierres, et bien adaptées aux conditions locales étaient destinées à des artistes que Dominique Aubier connaissait et faisait venir. Ces maisons sont facilement reconnaissables par leur style et leur charme. Hans Hartung est venu pendant plusieurs semaines, il adorait l'endroit, une maison était prévue pour lui, mais il a dû renoncer car il souffrait toujours de sa blessure de guerre (une amputation de la jambe) dont il craignait les infections. Dominique Aubier lui a consacré un livre.

La Sociedad recherchait de nouveaux capitaux pour de nouveaux projets (création d'un centre artistique, école, séminaires, congrès etc). De nouveaux investisseurs sont arrivés… très alléchés par les opportunités immobilières. Ils ont construit tout autre chose. Dominique Aubier s'est alors retirée du projet car il s'éloignait trop de l'idée originelle. La Sociedad est ensuite devenue une affaire ordinaire d'investissement immobilier construisant des maisons quelconques auxquelles Dominique Aubier n'est pas associée.

Il existe d'une part la légende dorée de cette Sociedad où tout le monde est gentil et merveilleux, tout le monde est « ami ».

Il y a aussi une vérité moins reluisante, où certains ont vraiment cherché à détruire le projet initial qui reposait sur une certaine éthique, et qui en ont fait une affaire d'argent sans aucun relief artistique ou spirituel. Il faut être clair : les autorités locales ont clairement opté pour le projet industriel (construction, sur la plage d'une centrale thermique, d'une immense cimenterie à ciel ouvert) tout en continuant d'entretenir (et de vendre aux touristes) le rêve du « village d'artiste » — qu'elles ont détruit et dont elles caressent la nostalgie. Mais dans la maison de Dominique Aubier, il se passait des choses extraordinaires. Une maison, elle aussi d'avant-garde, avec climatisation naturelle grâce à de judicieuses fenêtres et une orientation idoine, eau chaude par induction solaire, eau potable par la récupération des eaux de pluie par les toits, versées dans une citerne souterraine et dont bien des familles pauvres ont pu profiter.

C'est là qu'elle a écrit son étude sur l'Alphabet hébreu et la série Plaidoirie pour une cause gagnée. Tout un cénacle de chercheurs, d'érudits, venait voir l'écrivaine qui donnait de nombreuses conférences portant sur les secrets de l'Alphabet hébreu et le codage kabbalistique de Don Quichotte. Une grande effervescence intellectuelle se dégageait autour de ses travaux soutenus par des chercheurs de haut niveau qui venaient s'instruire sur place des techniques kabbalistiques de décryptage des textes. Elle partait également régulièrement au Maroc, pour y présenter des conférences auprès d'un public averti.

5. Rendez-vous avec Carlos Castaneda
Dominique Aubier est restée à Carboneras jusqu'en 1992 consacrant son énergie pour son livre magistral « La Face cachée du Cerveau ». Ce livre présente le code des archétypes qui fondent les rites et religions du monde. Traduit en allemand sous la direction du Dr. Peter Gester (Institut des recherches systémiques de Heidelberg) et en anglais. Elle y a aussi organisé, en 1986, sous le nom codé « Aimel Helle », la rencontre entre la journaliste Véronique Skawinska et le fameux anthropologue Carlos Castaneda dont les ouvrages furent édités à des millions d'exemplaires (voir le livre Rendez-vous sorcier avec Carlos Castaneda, éditions Denoel-Gallimard). Un livre essentiel pour comprendre la pensée de l'Amérindien Yaqui, Don Juan Matus, qui fut le maître initiateur de Castaneda.

Elle a ensuite quitté l'Espagne : " Vous comprenez, l'énergie de Don Quichotte doit traverser les Pyrénées, comme Don Gayferos et Melisandra dans le roman de Cervantes, car la France a grand besoin de l'énergie vitale de Don Quichotte… "
 

6. Dominique Aubier, une dangereuse trafiquante d'armes
Un jour, la Guardia civil a débarqué chez Dominique Aubier.  Toutes les routes d'accès au village étaient fermées, l'entrée de la maison a été bloquée et deux gardes armés de mitraillettes surveillaient.

Un colonel s'est présenté, c'était Manuel Gutiérrez Mellado, le gendre de Carlos Saura. Il a expliqué à Dominique Aubier qu'il y avait une grave accusation contre elle : une dénonciation par lettre anonyme comme quoi elle organiserait secrètement un trafic d'armes. Des armes en provenance d'Italie ou de Roumanie seraient débarquées clandestinement pendant la nuit sur la plage (par sous-marin !), et comme sa maison est juste en face, ces armes seraient entreposées chez elle et récupérées par des communistes clandestins qui prépareraient des actions subversives. Une accusation loufoque… qui a été prise très au sérieux par le Pouvoir !

La rencontre a été très courtoise, et finalement Dominique Aubier a avoué. « Oui, je fais du trafic d'armes. Je prends les armes de Don Quijote et, comme lui, je les nettoie. Ensuite, je les emporte avec moi pour les introduire en France pour y faire l'exégèse du texte de Cervantès. Voilà le vrai trafic d'armes que je fais. C'est en effet très dangereux car la pensée de don Quichotte peut soulever une révolution spirituelle. » Le colonel a parfaitement compris le sens de ces aveux et a souhaité bonne continuation à ce noble projet.

Elie Wiesel, prix Nobel, avait bien raison de dire que le livre de Dominique Aubier sur Don Quichotte est admirable ! 

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Dominique Aubier a laissé de beaux souvenirs à Carboneras et beaucoup de gens l'aimaient, surtout les gens modestes et simples. Les Gitans l'adoraient, les hommes comme les femmes. Les paysans aussi, au Llano Don Antonio, ou Al Argamason.

Il reste une légende… Une vraie, une fausse… des gens qui racontent, et beaucoup qui croient savoir et ne savent rien.

La vraie histoire se trouve dans ses livres, et quelques uns seront encore édités prochainement.
L'un d'eux s'intitule (titre réservé) : « La quichottisation d'une existence ©».


Tous les livres et films de Dominique Aubier sont disponibles ici 

mercredi 26 août 2026

Dominique Aubier, une vaste quête œcuménique. Par Christian Rudel, journal La Croix

Journal La Croix, 25 janvier 1969

Avec « Le cas juif » Dominique Aubier entreprend une vaste quête œcuménique, par Christian Rudel.

  

Retranscription intégrale de l'article :


Ce n’est pas, malgré son titre, un livre d’actualité politique que Dominique Aubier nous donne avec Le cas juif — encore que, par un assez bref détour on puisse retrouver cette actualité (1).

Il y a une Dominique Aubier romancière, mais, surtout, une Dominique Aubier spécialiste des problèmes et du mystère espagnols : Deux secrets pour une Espagne, Don Quichotte, diverses traductions, des albums de photos sont là pour le prouver. Qu’elle s’attaque maintenant au « cas juif » peut surprendre, encore que dès les Deux secrets, on pouvait prévoir le cours de ses travaux ultérieurs.

Mais écoutons-la plutôt nous exposer son cheminement :

« Je n’ai pas délibérément choisi de m’intéresser au judaïsme. Toutes mes recherches répondent à un égoïsme profond, celui de vouloir comprendre quelque chose à quelque chose. C’est chez moi une nécessité absolue. On m’avait dit à l’école que la culture française est universaliste, ouverte à toutes les formes d’intérêt qui existent dans le monde, et j’y ai cru. Puis on m’a dit que la culture française apprend à regarder l’histoire du monde, les phénomènes généraux de l’humanité, à les aimer et à les intégrer. À l’Université, je me suis rendu compte qu’en effet notre culture a un effort d’intégration systématique de la pensée des autres, et que c’était là sa grandeur — la grandeur même. »

Le siècle d’or espagnol

« De là j’ai été amenée à m’intéresser à des points qui semblaient être étrangers à ma culture qui étaient en fait des points où ma culture ne me satisfaisait pas de manière totale. Tel a été le cas de l’Espagne.

Et par exemple, la corrida. Pourquoi la sensibilité française est-elle contre ? J’ai écrit des livres pour la rendre préhensible à la raison, non à la sensibilité.
Chemin faisant, j’ai trouvé la culture espagnole. Et Don Quichotte. C’était comme la corrida : largement connu et manifestement ignoré.

La corrida m’avait introduite à la sémantique espagnole ; c’est ainsi qu’en disant Don Quichotte j’ai pu découvrir des choses que nous ne connaissions pas encore.
C’est alors que j’ai rencontré le problème judéo-espagnol à peu près inconnu lui aussi. Si vous voulez, je dirais maintenant que le thème taurin et le thème biblique sont les deux plateaux de la balance espagnole. »

Mais, manifestement, c’est la période judéo-chrétienne de l’Histoire espagnole qui passionne Dominique Aubier. Pour une raison fort simple : « Une grande partie de la culture espagnole, celle qui me culmine dans le Siècle d’Or, dit-elle, est un pré-œcuménisme, c’est-à-dire qu’elle a une préoccupation majeure : unir des croyances, des accès à la connaissance de Dieu aussi différents que ceux des juifs, des catholiques et même des musulmans. Or, nous sommes nous-mêmes en période d’œcuménisme. Est-ce que, par hasard, nous n’aurions rien à apprendre de cette époque ? »

Certes, l’effort espagnol n’a pas abouti : il était en avance sur son époque, tout simplement, mais il n’est pas perdu. L’esprit qui l’anima, la forme supérieure de la rationalité européenne qu’il incarna, on doit les retrouver et les utiliser pour la recherche actuelle d’un langage commun à tous les hommes et à toutes les expériences des hommes, pour la recherche de l’œcuménisme : telle est l’intuition de Dominique Aubier qui, dès lors, demande tout simplement au public qui l'a accompagnée dans son cheminement « la permission d’interroger le cas juif » considéré comme le ferment de l’aventure espagnole d’autrefois. « Ce n’est pas étonnant, dit l’auteur, car les Juifs disposent d’une meilleure langue que nous pour appréhender le réel — et que tout est problème de langage. Nous, pour mieux saisir le réel, nous avons inventé les mathématiques qui sont devenues une sorte de langue universelle. Or, il est assez curieux de constater que les grands mathématiciens se tournent souvent vers l’hébreu, où ils retrouvent les mêmes mécanismes de pensée. »
Et d’ajouter, revenant à l’œuvre entreprise : « Dans la construction de l’œcuménisme, d’une grande pensée unitaire, il nous faut donc intégrer l’hébreu, tout comme la Renaissance, pour son humanisme, avait intégré le grec. »
Mais elle ne se fait pas d’illusions sur l’immensité de l’entreprise. « Il est très difficile de s’ouvrir à une autre pensée », dit-elle avant de tirer une conclusion personnelle : « Pour moi, ça signifie, si le public est intéressé, beaucoup de livres : j’en prévois au moins six… »
Dès lors, il vaut mieux se mettre au travail sans tarder. Ce premier livre, Le Cas juif, étudie plus spécialement la spécificité israélite, encadrée par les cinq paramètres du Verbe, du peuple, du pays, de la langue et du temps.
Par là, nous rejoignons Israël aujourd’hui, mais auparavant, que de choses découvertes qui laissent entrevoir ce que promet Dominique Aubier dans sa vaste explication !
 

Christian RUDEL

(1) Le Cas juif. Éditions du Mont-Blanc, Genève. 278 pages.

 L'ouvrage a été réédité. Disponible ici.


 


dimanche 23 août 2026

Dominique Aubier : A Carboneras, Andalousie, les Gitans l'appelaient : "Nuestra Señora"


Dominique Aubier : A Carboneras, Andalousie, les Gitans l'appelaient : "Nuestra Señora"


Photo © Michèle Brabo. La Señora Dominique Aubier con una amiga en Carboneras, Andalusia.


Dominique Aubier
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* Tous les films

Retrouvez la voix de la Señora :
 
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Dominique Aubier, « la Dame de Carboneras » 

Par l’écrivain Miguel Galindo Artès

pour la revue AXARQUIA, n°14 Verano 2009
Section des Biographies

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Hommage à Dominique Aubier

par l'écrivain espagnol José Antonio Hernández de la Moya, dans la revue artistique Acalanda

  


jeudi 30 juillet 2026

El FUEGO es el reflejo de nuestro pensamiento: dispuesta a devastar el mundo

El Fuego es el reflejo de nuestro pensamiento: dispuesta a devastar el mundo

por Dominique Blumenstihl-Roth

 

  

La ola de calor (verano de 2013, verano de 2019, verano de 2025, verano de 2026) es un índice que revela el estado de nuestra civilización. Somos el planeta y él se nos parece. Hacemos cuerpo con él y él con nosotros. ¿Sabemos amarlo, habitarlo respetuosamente? Y él, por su parte, ¿continuará dejándonos vivir en su seno? El fuego, ligado al estado canicular, no solo nos acecha o nos amenaza, sino que se expresa.

Hace varios años, alerté sobre este tema.

1. La ola de calor provoca la sequía

Es el reflejo de nuestro pensamiento: dispuesto a devastar el mundo con tal de salvaguardar nuestro pequeño interés, con la sola salvedad de que no salvaremos nada si el mundo queda aniquilado. ¿Dónde empieza la devastación? No hablo aquí de las selvas amazónicas, por las que nos conovemos mucho, sobre todo porque están lejos de nosotros, sino de nuestros criterios de pensamiento, lo que Nietzsche llamaba Verwüstung. Él entendía por ello la desolación más allá de la simple destrucción: el aniquilamiento del ser.

Estábamos convencidos de que nuestros sistemas sobrevivirían por toda la eternidad. Estábamos tan bien instalados en nuestra creencia en la eterna productividad y la expansión infinitas. Un golpe de sequía canicular y todo se detiene, incluidas nuestras centrales nucleares y nuestros TGV (trenes de alta velocidad), cuyo alto valor tecnológico tanto habíamos preciado. La ola de calor debería darnos un golpe de modestia en la cabeza…

2. Ola de calor, sequía y desolación

Hannah Arendt escribe en su ensayo ¿Qué es la política? que el desierto abole, mientras que la desolación cultiva precisamente y extiende todo lo que atenaza y todo lo que impide.

¿Habremos entrado en un periodo de desolación del cual la ola de calor sería la señal?

¿Es la sequía de los espíritus la responsable de la sequía que se extiende sobre el país? El pensamiento corto, esencialmente materialista, centrado en la rentabilidad financiera… la sequía de las almas, la pobreza de los corazones, la violencia ejercida contra todas las formas de esperanza y de elevación, el rebajamiento general de la relación con la Vida y la negación del Principio de Creación en favor del Principio de devastación. ¿Bastarían unas cuantas sesiones de coaching (¿sobre qué módulos eficaces y probados?) para volver a encarrilar a la humanidad? ¿Qué raíles? La ola de calor los ha deformado severamente. Prueba de que las antiguas estructuras ya no pueden acoger las nuevas energías que exigen vías completamente nuevas.

«La desolación de la tierra puede ir acompañada de un alto nivel de vida —escribe también Hannah Arendt…— y obsesionarlo todo de la manera más siniestra, a saber, ocultándose…»

Una desolación organizada, por tanto, que prevé en su puesta en marcha el disimulo de su verdadero proyecto, que es aniquilar.

¿Estamos viviendo un periodo semejante?

Nuestra capacidad de acostumbramiento es tal que corremos el riesgo de no darnos cuenta, reconfortados como estamos soñando con alternativas posibles: un poco de ecología razonable pondría las cosas en orden, sin cambiar nada en el fondo de nuestra concepción de la vida en la tierra. Un poco de barniz social bastaría para calmar las angustias y el «sistema» se salvaría a sí mismo, al tiempo que prohibiría la verdadera transferencia de energía. En cierto modo, se mejora la suerte del esclavo quitándole la cadena, pero prohibiéndole abandonar jamás la plantación. Acostumbrándose a este nuevo confort, estará agradecido con la vara oculta que no por ello dejará de caer llegado el momento.

Nos acostumbramos a lo intolerable, prosigue Hannah Arendt en términos muy severos que podrían sorprender (o sublevar) a los especialistas:

«…gracias a los medios de adaptación que nos proporcionan la psicología y el psicoanálisis, en su monstruosa uniformidad y la insipidez de las categorías que inventa, agente de desertificación en cuanto borra las riquezas del amor, del corazón, reduciéndolo todo a la pequeñez de las pulsiones sexuales…»

Cabe señalar que la filosofía tampoco ha resuelto en absoluto la cuestión de la desertificación de los espíritus: hay tantas filosofías como filósofos, tantos modelos y antimodelos como pensadores existen.

3. Quedan las Islas, los Oasis

«Si los Oasis no permanecieran intactos, ya no sabríamos cómo respirar…» ¿Qué oasis? ¿Dónde están?

Para mí, las Islas-Oasis son las lectoras y lectores de este Blog; son los libros y películas de mi Maestro. Los Oasis son los espacios, los seres apasionados por la libertad, capaces de no estar sometidos al dogma de las ideas de moda, de las convenciones institucionales, de los aparatos que pretenden destilar su autoridad. Las Islas-Oasis son las desviaciones (no violentas) que desafían al Orden y su coacción, las insurrecciones del alma sofocada, los infatigables compañeros del Libro revelador.

Las Islas-Oasis son los Amigos de… Don Quijote, porque no renuncian a hacer fértil el mundo con su semilla, a recibir esa semilla en su tierra generosa.

¿Qué hacer? Un mundo nuevo, dotado de una nueva política, escribía Tocqueville, sin precisar sobre qué se fundaría esa nueva política. Me parece que es momento no de inventar filosofías, sino de fertilizar las tierras de resurrección ya existentes, recibiendo a la generación que se dotará del «nuevo pensamiento»: el pensamiento iniciático. Este pensamiento iniciático también está obligado a renovarse, a integrar las actualizaciones y desprenderse de las obsolescencias en las que algunas instituciones querrían mantenerlo. Hago un llamamiento, para Reconstruir el mundo… a una política (po-ética), fundada en el conocimiento del Motivo de universalidad.

4. Desde un punto de vista iniciático

La ola de calor expresa el estado máximo de la entropía en Tzadé final. Es la situación de Francia, cuya primera letra de su nombre en hebreo es una Tzadé:

צ

Las dos polaridades, claramente dibujadas en la parte superior de la letra, están frente a frente. El lado «Que Hace» (a la izquierda) presenta una línea continua, lineal. Está convencido de la continuidad permanente de las cosas. Y es ahí donde la casa se quema. Del lado «Que Sabe», surge la posible alternativa. De este lado se sitúa el Conocimiento, bajo sus diversas formas aparecidas a lo largo de la Historia humana. La dificultad, en la rama diestra, es que el Conocimiento que presenta la alternativa se ha quedado bloqueado en enfoques arcaicos, sin que hayamos integrado los avances y las actualizaciones actualizantes. Tenemos, por tanto, por un lado un sistema ultramaterialista que se derrumba y que quiere sobrevivir a toda costa, y por otro, el sector del Conocimiento esclerosado en acepciones pasadas de moda.

Estas claves del Conocimiento renovadas han sido desveladas. Es El Código de los Códigos, al alcance de todos y para las generaciones futuras.

Referencias:

— Don Quijote profeta y cabalista 

 — La Face cachée du Cerveau (Le Code des codes) [La cara oculta del cerebro (El código de los códigos)] 

— The Hidden Face of the Brain

— Rebâtir le Monde [Reconstruir el mundo]

— Ces Désastres qu'on nous fabrique [Esos desastres que nos fabrican]

Estos libros están disponibles en el sitio web de Dominique Aubier.