lundi 16 mars 2020

Nous ignorons la notion d'Arrêt. Texte original de Dominique Aubier.

Nous ignorons la notion d'Arrêt. Shabbat !
Un texte inédit, de Dominique Aubier

Le temps libère les instructions qui lui sont confiées et l'humanité les reçoit, ayant le devoir de leur accorder la contrepartie de l'objectivation. De quelle manière ? Selon quelle méthode et avec quels critères ?
L'épisode du Coronavirus est à ce titre symptomatique. Voilà un événement objectivement observable. Mais que nous ne savons pas lire. Quant à la science, désemparée devant l'épidémie, elle s'aperçoit, ébahie, qu'elle ne sait rien de ce virus, et fort peu de choses des virus en général.

Voici un texte de Dominique Aubier. Prémonitoire !
Nous ignorons la notion d'Arrêt.

Dans notre cycle civilisateur, en crise, le mal est lié à une mauvaise gestion de l'énergie évolutive, ingérence due au fait que la loi cyclique n'est pas connue. Nous ne savons pas ce qu'est le Verboten. L'Interdit. C'est le résultat d'une persévérance indue. L'énergie n'a pas été déplacée au moment où elle exigeait de changer de camp. Elle est restée dans le « qui Fait » sans opérer la translation requise, sans revenir sur la branche droitière. Le passage retour, de Tzadé final en Tzadé puis montée en Qof ne s'est pas fait. Du coup, l'activation agit sur une somme de réalisations qui perpétuent leur prédominance, sans permettre à l'autre face de vivre son moment d'efficacité. De là, l'intérêt de bien connaître la gare de triage qu'est la structure évolutive. C'est cela le Bien. Les Kabbalistes et les initiés de toute tradition l'ont proclamé avec force, dans un langage qui certes n'est pas toujours facile à suivre. Leur façon de dire demande à être actualisée. Mais si l'on connaît leur lexique, la notion est claire. Le Bien, c'est de s'ajuster aux commandements qui ressortent du Motif unique, du Modèle Absolu, du système de vérité. Le Bien, c'est de faire YHVH, l'immanence qui surplombe la vérité et ses normes.

« Faire YHVH » est une formulation officielle chez les Kabbalistes, elle n'a rien de mystérieux si l'on connaît la symbolique des lettres et donc le sens des quatre lettres qui composent cette équation sacrée. Les Kabbalistes ne s'expliquent pas clairement au sujet de la connaissance qu'ils en détiennent mais ils libèrent volontiers les conclusions qu'ils en tirent. Manahem Recaneti, au XIVè siècle, en Italie, écrit : Les commandements de la Torah sont divisés en de nombreuses voies qui toutes dépendent de la puissance de l'Un qui est la Cause des causes, bénie soit-elle. Chaque commandement sans exception possède un grand principe — que j'appelle archétype ou présence ou unité de signification — et un sens caché. Ce sens caché ne peut être compris qu'à partir d'une méthode fondée sur ce qu'il appelle la Cause des causes qui en révèle sens… La méthode que recommande cet initié est exactement celle que j'utilise : la lecture des signes, le regard sur le réel, l'inspection des Lettres.
S'agissant d'éclairer la situation actuelle du monde, nous avons eu recours à la comparaison avec ce que présente exemplairement le phylum de l'Animalité dans des conditions évolutives parallèles. C'est le regard sur le réel en ce qu'il a la puissance d'enseigner. Cette méthode nous a placés devant l'énigme du chemin à prendre alors qu'il s'imposait de réaliser, en mode culturel, l'équivalence statutaire du miracle.

L'Union des Contraires n'a pas été réalisée. La Science rejette la Connaissance. De ce fait, le mystère de l'Un n'a pas été saisi. Les conséquences sont inéluctables. La pensée commune, celle de la culture au pouvoir, ne dispose pas de la double vue sur le monde, ni de la boussole qui permettrait aux décisionnaires d'impulser la vie dans la bonne direction et d'aller de l'avant à coup sûr. Sans la référence de fond qui fournit la maîtrise de l'unité, normes comprises, il est impossible de déterminer les préceptes convenant à la situation. Sans ces indicatifs, nous ne sommes pas instrumentés pour déterminer la route à suivre.
L'énergie qui transfère l'information ne transporte que ce qu'elle s'est appris. Et ce qu'elle a enregistré. Elle s'est privée de l'enseignement initiatique. Ce n'est même pas un échec. C'est une absence. Le diagnostic n'existe pas. Ce qui est véhiculé par la mémoire collective n'est qu'un fatras de références à des faits vécus mais non compris. Ils font exemple parce qu'ils ont existé. C'est une jurisprudence épaisse. La référence qui l'utilise est incapable de susciter le moindre renouvellement. Ce qui est pris en modèle implique et impose éternellement la redite en même temps que son inflation. Pendant ce temps, le flux cosmique épanche d'autres directives. Elles ne sont pas métabolisées. Elles ne sont pas rattachées, non plus, à ce qu'auraient dû être les antériorités. Antériorités qui, n'ayant pas été vécues dans la plénitude de leur sens, fournissent à l'esprit collectif et à la culture qui l'anime une alimentation aussi peu convenable que les farines animales fabriquées industriellement pour la nourriture du bétail. Du point de vue culturel, le cycle ne se renouvelle pas et réitère en l'augmentant l'inconduite dont il est déjà le mauvais résultat.

L'ignorance où nous sommes restés de la nature du Motif Unique a accru l'obscurcissement des consciences qui se goinfrent de détails soi-disant objectifs. Ils sont matériellement vrais mais sans vitalité, arrêtés dans une demie-mort. Blocage inepte et d'autant plus nocif qu'il s'est produit en lieu et place de l'émergence prévue : celle des normes et des lois du Motif Absolu.., étayées sur le savoir scientifique. Cette opération obligée ne s'est pas réalisée. Son ratage s'est inséré dans la mémoire collective. Non comme un regrettable méfait. Non comme une faute à réparer ou omission à combler, mais comme un acquis à soutenir, glorieux, puisqu'il est là. En cela réside la scélératesse du ratage. La contrepartie positive des émanations cosmiques a été néantisée.

On soutient ce qui menace de crouler. La génialité de l'action consiste à doper ce qui tremble. On reste aveugle à ce qui manifeste l'inadaptation au renouvellement du Temps. On n'a pas la moindre imagination pour concevoir ce qui appelle à être. Le Pilote, comme le dit le Kabbaliste Réuben Tzarfati, n'est pas content. Et quand ce conducteur n'est pas content, il transforme les Défenseurs en Accusateurs : la terre tremble sous un esclave qui devient roi (Proverbes 30, 21). La phase de pilotage qui n'a pas été respectée est celle que la doctrine proclame comme la plus importante : l'Union des Contraires. Faute d'avoir été vécue comme l'entend le principe d'Unité, la fusion n'a pas eu lieu. Le mariage n'a pas été consommé. Le moment historique qui devait effectuer le prodige de cette élévation intellectuelle a tué lui-même les ferments de son avenir.
 
Certes, le temps continue de distiller ses desiderata. Mais ils ne sont pas perçus dans le timbre où ils seraient accueillis si l'Union des Contraires avait motivé l'émergence du Modèle Absolu et l'intelligibilité de sa règle. Faute de connaître cette entité, notre culture n'a pas eu vent des normes qui fondent le système de vérité. Elle s'en est elle-même privée, par le rejet que lui a notifié ce qui lui sert d'élite. Dès lors, notre culture ne dispose pas des arguments que le Temps, dans son incorruptible arrivée à l'heure, décharge au jour le jour sur les populations du globe. Elles ressentent le fardeau sans pouvoir l'endosser. Les impulsions du rythme cosmique se transforment en secousses inexplicables. L'énergie qui les véhicule se perd. Elle pourrait, elle devrait s'écouler dans l'âme des plus doués. Faute d'y rencontrer la préparation culturelle requise, les richesses qu'elle transporte ne se catalysent pas correctement, quand elles ne se fourvoient du tout au tout, devenant leur contraire. Et l'on voit à la place de la paix et du bonheur désirés, les caïds de la violence polariser la volonté collective à l'envers de ses désirs… Quant aux politiques, fussent-ils honnêtement engagés, ils conduisent la destinée du pays — dont ils ignorent la vocation — sans disposer d'aucune carte qui leur permettrait de lire le sens des événements.  Tout tient au fait que le moule conducteur de vie n'est pas en place. Son absence fait que le vécu se fond et refond sans fin dans les erreurs déjà perpétrées. Le motif se répète, se recreuse, s'érode aussi et au bout d'une certaine série de retombées du même dans le même se délite et il n'y a plus rien qui fasse marquage. Tous les repères sont perdus et c'est la plainte souvent entendue : on n'a plus de repères. Mais d'où viennent-ils, ces repères ? On n'a plus de références et on ne risque pas de s'en pourvoir, n'ayant pas pris note des directives que distille le Temps…

On ne peut pas crever le mur de la résistance politique et médiatique.
Y remédier ? Il est impossible d'offrir en un quart d'heure une pensée qui aurait pu imprégner les esprits si elle avait elle le temps de se faire comprendre et admettre. Dans ces conditions, renoncer à la promouvoir serait sagesse. Que la presse, la politique, l'ordinaire de la culture ennuyée continuent donc de sécréter de la mort, puisqu'elles ne laissent pas percer les ferments de la vie. S'y résigner serait réaliste. Sagesse de bon sens, mais incompétence et abandon inconsidéré au plan où le Sacré serait également acteur dans cette misère. A condition qu'il y soit et sous la forme adaptée qui le rendrait virulent. Et pourtant, mes ouvrages existent, qui jalonnent une ligne de réflexion réparatrice. Mon œuvre est un Tikoun, au sens lourianique du terme. Elle s'est formée à l'instigation du vouloir qui anime le Temps. Je ne puis nier ce qui a été le propre de ma vie. C'est pourquoi je me comporte comme si ce qui m'a été confié avait en soi la force et la puissance de s'imposer. Je m'oblige à me prendre au sérieux. En m'appuyant sur le cercle des personnes qui ont donné à mes travaux l'extension de leurs esprits et la surface de réalité qui constitue leur participation. Il y a là un socle. Son diamètre n'en fait pas une réalité psychosociale respectable pour ceux qui avancent comme les crabes. Mais nous ne sommes pas seuls à gérer l'entreprise. Le pilote de ligne, c'est toujours le Temps. C'est lui qui commande. Veut-il l'atterrissage en catastrophe du cycle civilisateur ? Ou préfère-t-il que le feu consume ce qui ne va pas ? La vie peut encore être orientée dans la voie de la réussite, infléchie dans le sens du salut.


Je sais ce qui est à faire pour qu'elle se ranime…
Je suis ainsi faite que je crois à l'impossible. Le pouvoir de changer la mise évolutive semble douteux, à voir les peuples s'ensevelir dans le rêve occidental de confort matériel et de luxe pratique. L'assoupissement dans la quiétude ne va aucunement dans le sens de la restauration efficace et réelle qui dépend des directives culturelles. Celles qui permettraient le miracle sont écartées par le système qui organise la gabegie psychosociale où s'endort l'humanité. Mais par delà le flottement et la vacuité de la conscience mondiale, il y a encore et toujours le vouloir obstiné du Temps et celui de la vocation planétaire. Ces forces peuvent forcer la vie à décoller. A condition que quelqu'un parie sur elles. Je m'ordonne d'avoir cette audace. Je demande à mes Lectrices et Lecteurs s'il sont prêts à rallier cette témérité.
J'entends d'ici leur question : « nous voulons tous sauver la planète. Mais comment faire ? » Il n'y a qu'une réponse possible : interroger le Modèle Absolu. Il n'y a que lui qui puisse donner le schéma de la conduite à tenir…
Cet extrait est tiré d'un manuscrit de Dominique Aubier.
Il est en cours de préparation pour l'édition.


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