mercredi 26 avril 2023

Sortir de la crise… Avec une écologie de l'esprit. De Dominique Aubier

C'est la Crise…

 


Aussitôt les intérêts se ruent sur l'or, là où les passions de l'esprit devraient s'orienter sur l'or de la Connaissance

« Je m'évertue depuis des années à essayer d'imbiber les esprits de cette idée. La crise n'est qu'une flèche en direction de l'avenir obligatoire. Aller vers les ressources de l'esprit, là où la finance a totalement échoué. Ne pas se tromper de direction. Savoir que le handicap de la crise a une utilité profonde, celle d'orienter les esprits vers l'avenir nécessaire et il s'agit obligatoirement de redécouvrir les valeurs de l'Esprit. J'essaie depuis des années de parler cette vérité d'une manière pragmatique et actualisée. Tous mes films répondent à ce souci : accoutumer les consciences à penser avec les lois de la vérité absolue. Rien n'est plus difficile que convaincre le peuple de France de cette nécessité.

Mais il n'y en a pas d'autre. Ce sera l'Absolu, la vérité ou rien. Nous n'aurons même pas le choix. Des rouages cosmiques sont en train de rouler un banc d'honneur à l'éloge de l'Absolu comme s'il en avait besoin. Mais c'est nous qui avons besoin de l'Absolu et non l'Absolu qui a besoin de nos éloges. Nous devons apprendre à le connaître et la seule manière forte d'en maîtriser le thème, c'est de lire l'Alphabet hébreu tel qu'il est vivant au sein de l'Esprit. Car tout dépend de lui, que cela plaise ou non. L'Absolu n'est pas du ressort de nos votes. C'est nous qui avons besoin de son élection et non le contraire. Nous en avons besoin pour savoir dans quoi nous vivons, où nous sommes à vivre dans cette réalité et pour savoir ce qu'il faut faire pour être de plain-pied chronologiquement avec le Temps qui nous invente.

L'Alphabet hébreu donne l'image directe du flux énergétique qui dirige et maîtrise tout en ce bas monde. Le lire de Aleph à Tav sur ses deux voies, c'est tout de suite disposer d'une image générale de l'évolution cyclique. Là, il y a des points stratégiques. L'itinéraire du flux évolutif est marqué par des situations typiques. Il faut les connaître. Il y a le symbole, le niveau 9 de l'alphabet, la lettre Tet. 
Le point crucial de la terminaison cyclique en Tzadé et la montée en spirituel du côté droit des 4 dernières lettres qui font retour archygénique sur les 4 premières. Nous en sommes là, à devoir battre le fer de la vérité absolue pour en faire de l'acier alors que nos inconsciences ne broient que du noir dans un méli-mélo de sottise. Il y a urgence à totalement changer d'optique. Ajuster notre vie, nos modèles d'action à la vérité absolue, ne plus tergiverser avec cet argument métaphysique. De toutes façons, si nous ne cédons pas aux sommations du moment, le Temps trouvera le moyen de nous y contraindre. C'est pourquoi j'ai rédigé tout un film sur la Crise afin d'informer les esprits sur ce qui ne va pas, sans avoir dit le fin mot de l'affaire, et c'est que la Crise annonce l'Esprit. Elle déclenche une flèche qui va directement sur l'Absolu et les lois de l'Esprit, il est donc urgent de les connaître et d'écouter les leçons en tenant compte de la précarité et de la médiocrité des préparations : je ne sais pas si le Temps et la vie me permettront de continuer ce travail. Je suis handicapée par le fait d'être la physiologie en cause, chargée de dire ces choses-là.
On ne choisit pas d'être un initié. Cela vous tombe dessus si c'est votre sort. On ne peut ni se dérober ni tricher avec l'impulsion qui arrive. On ne peut que l'assumer, fût-ce au prix d'un handicap physiologique terrifiant et un cumul de souffrance qui rendent impossible le travail alors qu'il est obligatoire et urgent de le réaliser. Telle est ma position en ce moment. Elle ne me flatte pas. Car rien ne flatte un être humain pour être ce qu'il est. Il ne peut qu'essayer de l'être au mieux. »
 
Tous les films de Dominique Aubier sont ici.


A paraître bientôt : Inédits 2. par Dominique Aubier

A paraître bientôt





    Dominique Aubier poursuit son travail d'explication et approfondit des thèmes initiatiques ouverts précédemment : connaître et maîtriser son Allié ; lire les symboles et les signes ; comprendre le rôle spécifique de la France au regard de l'évolution culturelle.
    Dans ce deuxième ouvrage de la série Inédits, elle raconte comment elle fut prise dans « les serres de l'aigle », le grand oiseau de la Connaissance qui ne l'a dès lors plus lâchée. Fidèle à ses engagements d'exégète, elle consacre de passionnants chapitres aux « Blancs et aux Noirs dans l'Alphabet hébreu », à « Métatron », surnommé « l'Ange de la Face », à Amaleq, l'ennemi d'Israël et du Verbe, au Tzim Tzoum d'Isaac Louriah. Elle réaffirme dans ce livre la puissance qu'a l'Alphabet non seulement de dire le réel, mais de fabriquer le cerveau capable de le penser.
    Dans une saisissante lecture de la Crise culturelle et civilisatrice que nous traversons, Dominique Aubier revient sur les désastres écologiques qui constituent autant d'appels au changement du paradigme civilisateur : il est urgent d'embrasser le réel par des modalités de pensée qui sortent de l'ornière du matérialisme. Urgent de lire, connaître, apprivoiser le Code de la Vie, tel qu'il s'écrit, tel qu'il se donne et demande à être compris… Au cœur de cet apprentissage où l'approche scientifique garde toute sa valeur, la Connaissance initiatique telle que l'enseigne Dominique Aubier atteint à son plus haut niveau de pertinence.

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A paraître en juin 2023
Vous pouvez dès maintenant retenir votre exemplaire
 

262 pages, format A5, 49 euros
ISBN : 97829166119576
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vendredi 7 avril 2023

Et Jésus dans tout cela ?

 Le Messianisme

(Et Jésus dans tout cela ?)

par Dominique Aubier


Le messianisme ! Ce terme plonge dans un mystère qui tracasse les esprits. On voudrait savoir de quoi il s'agit. Et d'abord, qu'appelle-t-on « messie » ? Selon l'usage qui en est fait, le Messie serait venu avec le Christ. C'est l'opinion chrétienne. Pour les Juifs, il s'agirait d'une formulation absolue, livrant la vérité éternelle, phénomène prévisible mais non encore échu. Ainsi, le Messie serait venu pour les uns et en attente d'arrivée pour les autres. 

Comment avoir une claire idée, que ce soit en terme de constat ou d'espérance ?

©Francis Roth
Plusieurs choses à savoir : le messie rétablit les critères sacrés en leur conférant une validité irrévocable. Le messianisme est une mise au point décisive de la table des critères initiatiques. Et Jésus, dans tout cela, se demandera-t-on ?

Le Christ est un personnage considérable. A mon sens, il a mesuré historiquement une situation dramatique. Son martyre sur la Croix montre l'image d'une souffrance injuste, d'une condamnation qui ne devrait pas exister. 

Il y a, sur le Tzadé, dix-huitième lettre de l'alphabet hébreu que représente la Croix, un homme cloué. C'est là une image effrayante du sort de l'humanité, signalé dans l'alphabet biblique. Le « péché de Hava » est à l'origine de son malheur. Jésus interprète et subit ce malheur-là. Chaque fois qu'un cycle intérieur fait resurgir l'erreur au titre du retour en phase du thème archétypal, la mort vise le côté parlé de l'évolution. L'erreur dite « Hava » est celle de toute une civilisation qui a cru en la continuité linéaire de la productivité matérielle, en la croissance continue — le serpent — en ignorant volontairement le processus évolutif. Cette ignorance nous menace.

Le Christ en cela n'est pas une mythologie. Il est l'interprète humain symbolisant le sort de l'humanité écartelée entre deux polarités tendues à l'extrême. D'une part la Connaissance, d'autre part les sciences. Il signale cette fracture, cette ligne de séparation entre les deux modalités réflexives. Il est à l'origine d'une ligne de développement spécifique, de métabolisation historique qui passe par Rome et par la Science qui se développera puissamment en opposition à la foi. En sorte que l'Occident est spécifiquement concerné par la Croix. De la Croix naîtra, a contrario, la science. Et que naît de la science ? 

La Croix est un signal très important. On dit d'ailleurs, « faire le signe de la croix ». Il consiste à tracer une verticale du front au bas du sternum et d'une épaule à l'autre, à l'horizontale. La verticale, c'est la ligne du temps. L'horizontale, c'est la ligne de séparation des opposites. La Croix nous envoie, par-delà les millénaires, l'image même de ce qui nous arrive. Le Christ tombe en croix, il meurt, les bras écartés. Cela signifie que le cycle à venir, quand il ouvrira ses deux bras, subira le même supplice. Il restera suspendu à son schéma structural, sans trouver de solution miraculeuse.

La Croix annonce ce qui va se produire, mais elle indique aussi le moyen d'éviter le pire… D'où la résurrection. Celle-ci n'est possible que si nous nous dotons de l'instrument permettant de décrocher (enfin !) le Christ. Cet instrument, c'est la Connaissance. Celle que le messie reçoit, transmet et met au point de manière décisive. Que ce soit clair : le Christ n'est pas l'auteur de cette mise au point, il en est l'annonciateur symbolique. Il assume cela avec un courage inouï, en toute conscience, mettant sa propre vie sur la Croix, devenant par là-même le symbole qu'il représente.

La Croix, symbole terrifiant, est implantée dans l'Histoire. Elle s'élève sur un cycle frappé de commotion. La mise en croix de l'homme juif — et donc celle de toute l'humanité — supplicié par un impérialisme politique qui prétendra s'en laver les mains, représente la négation du verbe par l'absolutisme de l'ignorant. Cette mise en croix de l'homme porteur des symboles de l'Absolu n'est-elle pas l'annonce de la monstrueuse Shoa ?

La Croix a en effet la puissance de recueillir l'avertissement du danger de mort qui vise l'humanité, en un point précis de l'Histoire. Mais elle montre aussi la possibilité du salut… La possibilité du salut est une promesse, une promesse certaine, puisqu'elle a été vécue par le Médiateur. La Croix avec son homme crucifié, c'est l'image de l'humanité écartelée sur le Tzadé en cours. La Croix s'érige à la croisée des chemins, entre les deux extrémités polarisées en opposites d'une flexion qui propage la Connaissance en dépit de tous les obstacles et effondrements spirituels. L'Histoire se porte garante de cette évidence.
La Croix nous dit de redouter l'endroit du Tzadé dans l'édifice cyclique. C'est pourquoi Jésus est appelé Nazir, c'est-à-dire l'homme du Tzadé. Il indique le passage à franchir. Pour réussir la traversée, les bons sentiments, les rituels, la morale, la dévotion ne sont pas suffisants : il faut une claire connaissance du Principe, du référentiel, connaître ce que le prophète Isaïe appelle « les armes de YHVH ». Affaire de mise au clair — c'est toute la préoccupation intellectuelle de Don Quichotte qui ne cesse de fourbir les armes de la Connaissance afin d'agir au mieux dans le monde. Le messianisme définitif ne correspond dès lors plus à un simple acte de foi, mais correspond à la livraison de la grande explication du principe d'unité et ses lois, vérifiée par les sciences. Émergence du processus libérateur du système de vérité, suscitant par là un état de lisibilité plus avancé du monde, nous tirant hors de l'ignorance. Réduire cette ignorance est de notre responsabilité.
 
 
Lectures :

Films :
Les secrets de l'Alphabet hébreu (série de 3 films)
 

vendredi 24 mars 2023

Jésus de Nazareth. L'homme du labyrinthe. Par Dominique Aubier

Jésus de Nazareth, l'homme du Labyrinthe

Un texte de Dominique Aubier©

 

« Le Labyrinthe est une structuration cyclique cérébrale, que tout le monde est appelé à vivre. Dans votre vie personnelle, il survient quand l'énergie dans votre cerveau est arrivée à la couche Vc. Le dynamisme naturel ne peut plus rester du côté Gauche. Il veut aller du côté Droit. 

Entre la Gauche et la Droite, il existe un espace, tenu dans nos organismes corticaux par le corps calleux et ses 20 millions de fibres. Vous le voyez par cette flèche, que j'ai dessinée sur l'arbre alphabétique, entre le Tzadé final 900 et le Qof. C'est cela, le tracé du labyrinthe. Cela implique un départ. Ces grands départs existent dans l'Histoire. Par exemple le départ des Juifs d'Egypte vers Israël, c'est un passage de Tzadé final à Qof. Les hébreux ont quitté le Tzadé final, l'Egypte. À partir de ce moment précis, ils sont allés dans le désert. À la limite du franchissement entre l'Hémisphère Gauche et l'Hémisphère Droit, C'est-à-dire entre le site du Tzadé final-Égypte et le site d'appel, il y avait la Mer Rouge et ils sont passés. 

Il y avait le Pont, le passage. 

Quelqu'un suivait cela très bien, c'était Moïse. Les Égyptiens ne le savaient pas. Ils ont fait l'erreur de poursuivre. Donc ils se sont mis dans leur propre échec. Il ne fallait pas poursuivre. Mais ils ont cru qu'ils avaient le droit de rattraper les fuyards.

J'utilise le mot Labyrinthe parce que c'est l'expression consacrée par le christianisme, voir le Labyrinthe de la cathédrale de Chartres. Il existe une longue étude italienne sur les labyrinthes de Paolo Santarcangelli qui a écrit Le livre des Labyrinthes. Il en recense des dizaines. Sans toutefois expliquer le motif structurel. 

Les Amérindiens Hopis ont un grand sens du Labyrinthe et ont un mot qui le désigne comme concept. Je ne pouvais pas inventer un mot nouveau qui serait meilleur que celui employé par la Tradition. Dans la Torah, on ne dit pas Labyrinthe. On dit plus conceptuellement Nazareth. Autrement dit : l'homme du Tzadé. C'est clairement la situation, dans les Testaments, de Jésus, quand il est sur le Chemin de Croix. C'est un Labyrinthe. Il est le Nazaréen. On a dit qu'il est Natzir, c'est-à-dire l'homme du Tzadé dont l'énergie veut aller vers Rosch. Noun, Tzadé, Resch. 

Le Labyrinthe qu'il a vécu est un moment très émouvant parce que les « stations » du « Chemin de Croix » sont représentées dans toutes les vieilles chapelles. Elles ne sont cependant pas canonisées. En effet, le concept de Natzir n'a pas été compris par la théologie. Elle ne l'a pas intégré comme forme canonique. 

C'est émouvant parce que c'est un moment très important de passage de Gauche à Droite. Je m'explique que l'Église ne l'ait pas canonisé, parce qu'en tant qu'institution, où se situe l'Église, dans la structure ? Elle n'est pas du côté Qui sait, elle est du côté Qui fait. Elle est latine, elle n'est pas sémitique. C'est le Nord de la Méditerranée, ce n'est pas le Sud. L'information n'est pas la même au Nord et au Sud. Cela ne signifie pas qu'elle soit inutile, simplement elle est située à un endroit spécifique de l'Occident. Si elle n'a pas l'information, elle n'a pas non plus le concept.

Et c'est une des choses les plus étonnantes que l'on puisse observer dans les structures et les traditions. Les traditions manquent du concept qui correspond au manque topologique de leur situation. Par exemple il existe des tribus, fort anciennes initiatiquement mais qui ne comptent pas jusqu'à 10. Pourquoi ? Parce qu'elles sont trop éloignées de l'aire du langage planétaire et elles vivent dans les régions où les résonances n'arrivent pas ou trop faiblement. Donc elles comptent jusqu'à 4 ou jusqu'à 6. Cela n'est pas un jugement de valeur, mais un constat. Un fait. Les traditions sont à égalité de dignité, dans leur diversité et leur sensibilité. Il est très touchant de voir que la localisation topographique, qui est structurelle, a en quelque sorte son « fantôme », qui lui, est très actif. La localisation agit… »
 
Ce texte a été publié dans le livre
 

mardi 14 mars 2023

Carlos Castaneda : mise au clair sur son enseignement


Le Secret des secrets
Mise au clair sur l'enseignement de Carlos Castaneda

De nombreux Lecteurs et Lectrices sont restés en suspens après la série de livres que publia Carlos Castaneda, s'interrogeant sur le sens de cette aventure initiatique. S'agissait-il, pour Castaneda, de devenir simplement le "chef" ou le "nagual" d'un groupe d'indiens isolés dans les montagnes mexicaines ? D'enseigner des « passes magiques » pour émanciper quelques individus en vue de leur faire gagner "la liberté totale" ?
Ou sa mission touchait-elle à l'universalisation de la pensée initiatique ?
Dans son livre, Le Secret des Secrets, Dominique Aubier présente une très remarquable explication initiatique de la mission accomplie par Carlos Castaneda auprès de son Maître amérindien Don Juan Matus.

Un beau chapitre est consacré à l'explication systémique de l'enseignement du sorcier amérindien dont elle a décodé le symbolisme de sa pensée en le mettant en rapport avec une grille de lecture qui en permet le décryptage.
Ce décryptage précis montre la sincérité de l'œuvre de Castaneda et en expose l'extraordinaire cohérence initiatique vérifiable, fondée sur une maîtrise totale — par ses maîtres — du Code des Archétypes. Ce Code, Dominique Aubier en donne la clé, dans le livre La Face cachée du Cerveau. C'est la fameuse « carte de l'inconnu »…
Dominique AUBIER, experte de la pensée symbolique, est une hispaniste éprouvée (traductrice du théâtre de Cervantès et de Lope de Vega — Fonteoveruna, éd. de l'Arche), doublée d'une linguiste avertie de la culture mexicaine (traductrice de Bernal Diaz del Castillo — la Conquête du Mexique, éditions Club des Libraires, France-Culture) qui a étudié la civilisation Aztèque et Maya. Son expertise dans le domaine du sacré, des rites et religions du monde est éprouvée. Elle estime que les enseignements de don Juan sont d'une importance colossale pour l'avenir de l'humanité en quête de sens.
A ses yeux, l'enseignement des Maîtres amérindiens (Don Juan et don Genaro) ne laisse aucun doute : les ouvrages de Castaneda étaient destinés à toucher une dimension universalisante… Raison pour laquelle Don Juan, un jour, bouscula son disciple et le précipita dans les bureaux d'une compagnie aérienne : pour lui signaler qu'il fallait effectivement un jour prendre l'avion, adresser le message initiatique à l'Occident tout entier et y chercher l'indispensable relais vers l'universalité ?
Dès lors, comment marquer l'étape suivante, visant la rencontre avec le Code, ce qu'il appelait « the map of the unknown » ?
Le Secret des Secrets donne les premières indications sur le Code des Codes, sur la clé de l'Universalité véritable don de l'Aigle.

Le Secret des secrets
par Dominique Aubier

Ce livre donne une très intéressante explication sur l'énigmatique personnage « La Catalina ». Qui était-elle ? Figure réelle ou personnage fictif ? Ou représentation onirique d'une « autre » Catalina, vivant ailleurs, avec qui Don Juan entretenait une relation de complicité ?

vendredi 10 mars 2023

Le secret du rire. Par Dominique Aubier

Le secret du rire

par Dominique Aubier

 

 

1. Une affaire de cerveau

S'il est vrai que l'humanité n'a d'autre vocation que s'intéresser à elle-même, le premier thème dont elle devra faire objet d'étude sera son cerveau parce qu'il est l'organe de la conscience. La conscience nous a été donnée pour que nous nous servions d'elle. Il serait curieux que son usage ne se retourne pas sur l'énigme que nous sommes à nous-mêmes.

Pourquoi sommes-nous là, sur terre, dotés d'un temps de vivre assez bref, avec un organisme mortel, l'embarras de vivre au quotidien une enfilade de banalités, tandis que la peur de l'inconnu stagne au fond de nos psychés, même si l'on est optimiste et confiant ? Si ces aspects de la réalité qui façonne le vécu ne sollicitent pas l'intelligence, alors certes, on peut se contenter de s'asseoir devant un mur et attendre de la sensibilité caressée par le silence intérieur de dire ce qu'elle éprouve. Bien des traditions vantent encore la posture comme le seul recours à la maîtrise de soi. Je sais bien, pour l'avoir longuement pratiquée, à quoi sert la méditation assise sur le coussin. Je n'ignore pas qu'elle permet au système nerveux de manifester son ordre. Je puis en effet prends note de l'image qui monte de moi-même à ce sujet. En admettant que j'y parvienne toute seule, que ferai-je de ce relevé, si ce n'est le soumettre à l'intellect pour qu'il en tire leçon à enseigner ?

 

 2. Une affaire de marionnettes

A ce titre, nous sommes comme les marionnettes de Roubaix, qu'une tige de fer relie à la poigne du manipulateur et qui reçoit de là les impulsions qui provoquent ses mouvements. J'aime beaucoup les marionnettes de Roubaix. Elles mettent en image une conception drue et forte de la créature humaine. L'image en bois représente un individu ayant réellement vécu dans le milieu environnant. Sa silhouette peinte est suspendue à une barre métallique assez longue, qui se termine en haut par une prise pour la main. Le maître du jeu doit avoir une solide préhension sur la poignée pour imprimer ses intentions à la raideur de la hampe qui les transmet à la figurine. Quand on assiste au spectacle, on ne voit pas le mécanisme qui meut la marionnette. Celle-ci parle et agit en croyant commander elle-même à sa parole et à ses actes. Elle ne sait pas qu'un tuyau la tient sous la dépendance d'une volonté qui n'est pas la sienne. Et ce qui me séduit, dans l'interprétation que les marionnettes de Roubaix font de cette dépendance, c'est la roideur du tube qui relie la figurine à la main qui la dirige. Les marionnettes de Java, si bellement translucides, sont mues par des fils nombreux qui évoquent les dendrites des neurones dont les chimies obéissent à des directives venues de l'au-delà. Des cellules rangées dans un contenant lui-même assujetti à la moitié « qui Sait »…

 

 3. On chatouille le cerveau

Je voudrais, à ce propos, vous raconter une histoire.

Récemment, des médecins californiens ont découvert que la zone du rire se trouvait dans l'aire du langage, occupant une superficie de 2 centimètres sur 2, sur le gyrus frontal supérieur gauche. Que le site rieur soit inscrit dans la zone qui fournit à l'être humain sa particularité parlante n'a rien d'étonnant. On sait que le rire est le propre de l'homme et que les animaux ne rient pas. Que preuve objective en soit donnée n'est pas à dédaigner. Mais ce n'est pas là ce qui émeut dans les compte-rendus d'observations publiés par les praticiens américains, dans la fameuse revue Nature. Le surprenant réside dans le fait que les stimulations électriques qu'ils ont effectuées sur le site découvert comme étant celui qui fait rire se soient accompagnées d'une manifestation concomitante du sens. La patiente dont on chatouillait la zone d'allégresse identifiait immédiatement quelque chose de comique dans l'environnement. Un phénomène du même genre se produit lorsqu'on respire les gaz dits hilarants et aussi lorsqu'on chatouille une personne. Cela montre que la capacité de rire influence tout l'organisme et pas seulement les muscles de la face quand ils étirent la bouche laissant voir les dents. La rate se dilate et lâche des globules rouges qui aident à mieux respirer. Le rire fait du bien. La médecine moderne a découvert que la gaieté d'esprit était le remède le plus sain et le plus sûr pour arrêter certains dégâts maladifs. 

 Mais revenons à l'expérience des praticiens. Si le rire de leur patiente avait été provoqué par la découverte de la chose rigolote, il n'y aurait pas lieu de philosopher. Nous en sommes tous là, à rire de ce que nous voyons, quand un fait biaise avec sa norme. C'est le talent typique des comiques. Ils développent des actes ou des propos qui s'agrandissent en marge de leur cohérence naturelle. On rit quand le sens de quelque chose n'est pas emboîté dans sa cohésion. Sitôt qu'elle est perçue, la différence fait qu'on s'esclaffe.

Que s'est-il passé dans l'affaire des médecins californiens pratiquant des stimulations électriques sur les cerveaux de certains épileptiques ? Ils ont constaté qu'en touchant un certain lieu de la zone de phonation, ils provoquaient l'hilarité. Ils en ont déduit que la faculté de rire faisait partie de l'aire du langage et ils en ont trouvé le site. Rien que de très ordinaire pour la science des localisations cérébrales. Une précision s'ajoute à ce qu'elle savait déjà. Aussi n'est-ce pas ce fait qui fait surprise. C'est la réaction produite par la personne subissant la stimulation. Elle a ri, bien sûr, cette femme. Et elle a aussitôt trouvé une raison objective à son amusement. Elle a désigné, dans la salle, la chose comique supposée être à l'origine de sa gaieté. Pourtant objectivement, l'origine, c'était la stimulation électrique. Le cerveau de la patiente semble n'avoir pas accepté que son rire soit privé de sens. Il a voulu qu'une cause soit mise en évidence. La stimulation a provoqué le repérage d'une chose comique. L'effet n'a rien de surprenant pour qui songe à la relation « qui Sait » - « qui Fait ». Un échange latéral s'est produit dans le cortex de la malade. Rien que de très normal, du point de vue de l'orthodoxie fonctionnelle. Mais d'où est venue l'impulsion qui a suggéré la reconnaissance de l'objet faisant sens ? Le message n'était pas dans l'électricité. 

Les médecins ne s'y sont pas trompés. Ils ont observé que le vent du sens passait par le rire et que, peut-être, le sens précédait le rire. A moins que le rire suive le sens. Mais alors, de très près.

 

4. Le savoir qui réjouit l'intelligence

Le journaliste qui a écrit l'article auquel j'emprunte ces renseignements dans le numéro d'Informations médicales du 12 février 1998 s'appelle Vincent Bargouin. Lui aussi, visiblement, s'est gratté la tête. Il s'est demandé qui unit le sens au rire ou le rire au sens. Et de mentionner la grande question philosophique : L'existence précède-t-elle l'essence ou est-ce le contraire ? Ce qui se traduit en une seconde question : le rire vient-il avant ou après le sens ? Ou en même temps ? Nous voilà tout près du but de notre enquête. Pour détenir la connaissance qui déciderait de l'Art de vivre le mieux ajusté à la condition humaine, il suffirait de saisir l'entité « sens ». Viendrait-elle avec le rire ? J'y songe à cause du surnom que l'on a donné à la connaissance initiatique : le Gai savoir. Le savoir qui fait rire l'esprit, le savoir qui amuse la parole, le savoir qui réjouit l'intelligence. 

Je suppose que, dans votre hâte à le connaître, ce sens, vous donnez tout de suite votre langue au chat. Savez-vous ce que cela implique, donner sa langue au chat ? Madame de Sévigné, quand elle renonçait à deviner quelque chose et acceptait de se le faire dévoiler par un tiers, disait qu'elle donnait sa langue aux chiens. Le chien symbolise le message. Notre marquise avait raison d'attendre du message qu'il dise ce qu'il contient. En épistolière patentée, elle se doutait bien que c'était du ressort du courrier. 

Mais le chat ? Que symbolise-t-il ? Le Dictionnaire des locutions nous avertit que ce mot est fréquemment utilisé dans des expressions inexplicables par l'expérience culturelle. Pour avoir l'intelligence de ces formules, il faudrait au préalable effectuer un travail sur les signes du langage. Donc, chat renvoie à ce qui fait sens dans les signes du langage. Si par hasard le sens parlait en hébreu, nous saurions tout de suite ce qu'il faut faire quand on ignore quelque chose et que l'on renonce à chercher : s'adresser au chat. Autrement dit au verbe faire à l'impératif, seconde personne du singulier. Quand tu ne sais pas, regarde ce qui se fait là. Regarde dans le faire. Tu y verras le sens. A condition de bien le lire…

 

5. L'endroit du sens

La nominaliste invétérée que je suis n'a pas hésité. Le sens est toujours dans l'information telle que prise en copie et sous cette forme, elle accompagne le fait. Que pouvaient bien dire les nom et prénom du signataire de l'article ayant fait pour moi événement ? Vincent : vint, verbe venir au passé simple, troisième personne du singulier, sans, vient sans, en vient en l'absence de quoi ? Bargouin — un peu d'humour que diable ! — est si proche de baragouin. J'en ai déduit que le sens est toujours venu, depuis toujours, avant le baragouin, avant le pouvoir de parler. Il en est indépendant, en tant que cause. Et s'il est métabolisé, comme il appert, par les noms et les mots, cela ne veut pas dire qu'il soit actif sous cette forme. D'ailleurs, en me permettant de sonder les prénom et nom de ce journaliste, je n'ai pas agi sans modèle. J'ai suivi une règle du système Alef. Celle qui préside à tout échange entre « qui Sait » et « qui Fait ». Une transformation légalise le passage. Elle est bien connue des biologistes. Le triplet codant activé sur l'ADN subit une modification. En l'occurrence les nom et prénom du journaliste étaient en « qui Fait » la prise de copie de l'information donnée en « qui sait ». Et l'information, c'était cela : que le sens est séparé du rire, qu'il vient avant, mais que le rire lui est tout proche. Si proche, qu'on peut se demander si la faculté de rire ne serait pas l'écho du sens, tout imprégné encore de la joyeuseté créatrice émanant de celui qui le donnait. Il faut en faire l'expérience. Quand une chose est comique, soumettez-là à l'analyse initiatique, comme je viens de le faire pour l'identité de cet auteur. Cherchez dans les mots ou les noms qui s'y font entendre fort, la sémantique qui peut se cacher en eux. Vous trouvez alors le sens tel qu'inséré dans la prise de copie dont ils résultent. Vous pressurez encore peu ce matériel verbal et que découvrez-vous ? La règle du système Alef qui vous a permis de procéder à ce sondage. Et c'est à ce constat que je souhaitais en venir. Au-dessus du rire, il y a le système porteur de toutes les données qui concernent notre sort. Les plus anciennes comme les plus récentes. La technique pour attraper le sens, c'est donc la connaissance intime du système Alef. Il définit l'ordre cortical. Par le moyen d'une investigation portant sur la structure du cortex parlant, on peut, à l'aide des concepts initiatiques aspirés en toutes traditions, reconstituer ce qui relève d'une transmission cosmique et reproduire à la mesure de l'intelligence humaine ce que le Logiciel Sublime a édicté.
 
 
Réf :
 
 
 
 
 
 

mardi 21 février 2023

La différence entre philosophe, Maître et Initié… par Dominique Blumenstihl-Roth

La différence entre philosophe, Maître et Initié…

Par Dominique Blumentihl-Roth


Les Maîtres
La philosophie est actuellement à la mode. Il y en a autant qu'il y a de philosophes et autant de philosophes qu'il y a de professeurs enseignant cette discipline. Cependant,
un docteur d'État en philosophie n'est pas (nécessairement) un initié. Le plus souvent c'est un penseur développant des thèses, théories, opinions… à l'intérieur d'un système de pensée plus ou moins cohérent. Quant à savoir si cela aide à vivre et si sa philosophie est en mesure de se confronter au réel…
De même un traducteur de textes anciens ou historien de la kabbale n'est pas nécessairement kabbaliste… Et loin s'en faut. Scientifique étudiant l'histoire de ce domaine, son savoir ne pénètre pas nécessairement les fondements doctrinaux. Il les observe, les décrit : mais les secrets de la Connaissance ne s'ouvrent pas à qui les observe de l'extérieur. Il faut, pour y accéder, posséder Le sceau de compétence. Ce manque a été cruellement ressenti par l'immense chercheur que fut Gershom Scholem à qui nous devons tant de textes sauvés de l'oubli et de manuscrits retrouvés.
De même un prélat, bien qu'il fasse corps avec sa tradition, n'est pas nécessairement un initié. Il est un officier du culte dont il connaît par cœur les modalités. Intuitivement, il participe à la Connaissance en style ancien et symbolique. Il agit en Niveau 2, là où règne la perception symboliste. C'est le niveau atteint par les religions. Au mieux, certains officiants accèdent au Niveau 3, celui de la représentation allégorique. Mais accéder sens est une autre affaire. En connaître la clé et en percer le secret en Niveau 4 relève d'un autre domaine de… compétence. C'est une question d'investiture. Donc une chose rare.

Est appelé Maître tel érudit ayant lu tous les livres et ayant passé des nuits blanches à en sonder les secrets. Les a-t-il ouverts, ces secrets ? Il s'entoure d'élèves et enseigne. Il redonne ce qu'il a reçu. C'est une noble tâche. Est également Maître celui qui a engrangé la compétence dans un domaine particulier. On peut être maître charpentier, maître forgeron. Le Maître, dans la Connaissance, peut être initié pour lui-même, et il peut enseigner son expérience autour de lui. Mais attention, aucune vaporisation filandreuse n'est acceptée. Il doit exposer un dévoilement clair et puissant, construit dans les règles et selon la loi même qu'il prétend enseigner. Mais il y a plus : le Maître n'est un Initié véritable que s'il ajoute une « lumière sur lumière » (je cite ici volontairement la sourate coranique Ya-Sin, pour montrer que c'est une notion qui ne se limite pas à la kabbale hébraïque. C'est un concept universel).

Il faut donc, chez les Maîtres, distinguer les fonctions et les grades.
— les Maîtres enseignant ce qu'ils ont reçu : c'est-à-dire qu'ils assurent la continuité du Système, à différents niveaux selon leur propre compréhension. Ils sont actifs en Lamed.
— Les Maîtres récapitulant tout ce que leurs prédécesseurs ont pu mettre au point. Ils collectent, rassemblent et établissent en quelque sorte l'inventaire du patrimoine patiemment édifié. Ils agissent en Qof. Parmi eux, je salue chaleureusement le kabbaliste Vedhyas Virya. J'apprécie son honnêteté intellectuelle et ses efforts pédagogiques destinés au grand public. Il a conçu un tour d'horizon de la kabbale hébraïque si bien documenté que l'on peut y puiser quantité d'informations tirés de la tradition.

J'ai tant de respect pour lui qu'il ne m'en voudra pas que je reste sur une réserve pour deux raisons: la première est que son enseignement n'actualise pas le propos… mais sans doute n'est-ce pas sa mission : il est un expert scrupuleux de l'archéologie kabbalistique. Je dirais même qu'il est l'un des meilleurs auteurs ayant rassemblé les textes anciens. Mais il n'a pas intégré l'actualisation de la déferlante post-zoharique qu'avance Cervantès par Don Quichotte et en ce sens, il n'est pas allé jusqu'au bout de son travail de recension. De même il ne raccorde pas ses travaux à une claire compréhension du Motif Cortical de référence. La deuxième réserve que je me permets d'émettre, en toute estime pour ses éminentes recherches, concerne son enseignement des techniques de guérison par l'approche kabbalistique.

Je veux bien croire qu'il ait reçu mandat de l'Invisible pour exercer, à titre personnel, cet art délicat de la réparation kabbalistique. Mais (Grand Dieu !) pourquoi vouloir l'enseigner à des apprentis qu'il espère pouvoir hausser à son propre niveau en deux ou trois séminaires. La volonté de soigner part d'un sentiment généreux, d'un altruisme sincère.
En excellent traditionaliste connaissant son Maïmonide, il possède certainement les dons et connaissances propres à aborder certaines pathologies. Mais l'enseignement de cet art ne peut se donner qu'à des esprits déjà formés, expérimentés, rompus à la Doctrine ayant intégré toute l'explication du Modèle d'Absolu et le Code des Archétypes clairement identifiés. Aborder le corps et l'esprit de la personne souffrante est une épreuve délicate… pour le soignant : il lui faut une modestie immense devant la douleur de l'Autre, une capacité d'écoute exceptionnelle, et la lucidité d'établir un diagnostic pertinent. C'est affaire de Connaissance érigée au plus haut degré. Et cela suppose que soit fait mention du Modèle Cortical. La technique kabbalistique, reposant sur la science des Lettres, la Science de la Structure d'Absolu, exige précision, actualisation et une extrême capacité de lecture des signes reportée sur la grille de Lecture.
Si la Médecine classique demande au moins neuf années d'Université, la Connaissance quant à elle exige au moins 22 années d'apprentissage. À moins d'être bénéficiaire d'une révélation absolue, immédiate : dans ce cas, une seconde de temps suffit, une seconde comprimée au cours de laquelle tout le savoir de 3000 ans de tradition s'inocule dans l'être désigné, récipiendaire d'une science « venant de plus loin ». Et cela ne s'acquiert pas au cours d'un stage de formation… Une investiture particulière de l'Invisible est nécessaire, dépassant la petite attestation ou certificat de présence à un séminaire

Suis-je trop sévère ? C'est possible.
À la demande expresse de médecins désemparés devant certaines pathologies, mon Maître avait accepté de les aider à dresser des diagnostics imparables et à mettre au point, avec eux, des procédures réparatrices en agissant sur la circulation de l'énergie entravée par des traumatismes. Elle avait secondé tel chirurgien réalisant des greffes en lui expliquant les lois de la polarité, et tels psychanalystes surent affiner leurs thérapies en intégrant les critères de La Face cachée du Cerveau.
Cependant, pour ce qui me concerne, n'ayant ni la modestie et l'humilité requises, pour rien au monde je ne me permettrais d'enseigner quoique ce soit touchant au potentiel médical des techniques kabbalistiques. Je me refuse d'y toucher car je crains trop de commettre des erreurs et de compromettre la santé des personnes. Quant à les enseigner, c'est trop dangereux, à mon sens, de distribuer à tout vent des secrets aussi puissants au tout venant prétendu thérapeute qui non seulement n'intégrera qu'approximativement la leçon, mais appliquera sur ses patients des insuffisances voire des erreurs pouvant conduire au désastre.

L'Initié
Les Initiés ne retranchent ni ne diluent. Ils ajoutent. Ils alimentent la Tradition, permettant aux Maîtres d'intégrer ces nouveautés qui accroissent, grâce à eux, la densité de leur enseignement.
Raison pour laquelle le Maître a l'obligation de toujours citer la source inspiratrice : réflexe exigible car oublier de mentionner la source revient à ignorer l'Origine, partant, de substituer l'égotisme à la reconnaissance de l'Informateur. Par extension : nier le Créateur.

L'Initié devient « fontaine »
Il ne reste pas « citerne » réceptrice. Il est chargé de puiser, augmenter, distribuer.
À l'image de Rebecca qui tira de l'eau de la fontaine pour abreuver le serviteur envoyé par Abraham en quête d'une épouse pour son fils, l'initié se signale autant par sa capacité de puiser l'eau de la Connaissance que sa puissance à la transporter et la partager. L'eau n'est pas versée directement depuis la Fontaine vers le nécessiteux : elle est tout d'abord puisée et coulée dans un récipient, une cruche. Rebecca la porte sur ses épaules. Elle est le récipient accueillant l'eau, la structure porteuse et vectrice de la Connaissance qui, sans elle, serait liquide insaisissable.
C'est pourquoi le Zohar précise : « Les mots "la jeune fille qui va puiser de l'eau et à laquelle je dis : donne-moi un peu d'eau de ta cruche" signifient : Donne-moi un peu de ton savoir. » Ce qui signifie que Rebecca était une initiée de tout premier rang qui sut ajouter à ce qu'elle avait appris le fruit de sa réflexion et de son expérience bien comprise. C'est le contenu même de la cruche — son savoir — que sollicite Éliézer et non pas l'eau directement issue de la fontaine. Elle l'abreuve d'une Connaissance actualisée et interprétée répondant à la situation. Ce que confirme le Zohar (vol. I, éd. Maisonneuve et Larose, p. 207-209) : « "Et elle me dit : bois", signifie : toi aussi tu es le serviteur de Dieu ; je n'ai pas confondu ta science avec la Connaissance du Saint, béni soit-il, et tu dois bien comprendre que tu es un être créé comme moi. "Et je puiserai aussi pour tes chameaux", c'est-à-dire : j'ai acquis un degré de connaissance auquel tes compagnons n'ont pas atteint… »
Le degré de Connaissance atteint par Rebecca s'affirme supérieur à ce qu'Éliézer a pu apprendre et retenir auprès d'Abraham, en ce que cette eau de la cruche c'est « la sagesse qu'on acquiert dans ce monde en cherchant à connaître son Maître. » Avec Rebecca il y a actualisation, application de la Connaissance sur la génération suivante. C'est en ce sens que j'ose parler de « supériorité », non pas qualitative eu égard à la perfection abrahamique, mais dans un rapport temporel où les générations nouvelles construisent leur propre compréhension de l'Absolu perfectionnant la perception de la génération antérieure.
À l'épandage de la révélation  — la Rosée — Rebecca ajoute un apport personnel, la forme et le contenu de sa cruche remplie d'eau puisée de la fontaine. Elle en devient elle-même Fontaine, cruche et dispensatrice de l'enseignement : « ces gouttes de rosée viennent du Jardin de l'Eden… » (Zohar I, op. cit. p. 703.)

Pourquoi je raconte l'histoire de Rebecca ? Parce qu'elle me paraît emblématique d'une attitude remarquable qui mériterait d'être imitée. À chacun(e) de nous d'imiter Rebecca : elle sut reconnaître le messager, l'accueillir et le suivre. C'était Éliézer, le serviteur d'Abraham qui emmena la jeune femme vers Isaac dont elle devint l'épouse. Ensemble, ils forment la nouvelle génération fondatrice de la lignée des prophètes d'Israël dont chacun a ajouté son hiddouch, sa trouvaille.
 
L'Initié ne répète pas ce que les autres ont déjà raconté avant lui et mieux que lui. L'Initié connaît le Modèle d'Absolu. Le Code des Archétypes. Il sait les faire jouer pour lui-même et dans son action, autour de lui. Il n'enseigne pas nécessairement. Tout dépend de sa place et position dans le cycle. C'est pourquoi on pourrait parfois lui reprocher (quand on les connaît) de rester excessivement en retrait et de laisser la parole aux ignorants qui ne manquent jamais de pérorer (parfois même en sa présence) et d'embrouiller les esprits.
Les initiés savent que rien n'est statique dans un univers où tout est énergie. Ils connaissent la règle voulant que les potentiels soient toujours déposés, actualisés…
Ils sont responsables de concevoir (si possible divulguer) une part nouvelle, ce que l'on appelle, en kabbale : un « hiddouch » qui sera leur « sceau de compétence ».
On appelle « hiddouch » une nouveauté propre à valoriser une avancée puissante de la Connaissance. Ne pas confondre avec telle ou telle application pratique de l'acquis. Ou avec la paraphrase de la leçon ancienne.
— Des maîtres-répétiteurs de la Loi ancienne, il y en a beaucoup.
— Des maîtres-commentateurs de commentaires déjà commentés : il y en a plein.
— Des fantaisistes interprétant les Textes selon leur orientation psychologique : ils sont nombreux.


Mais des Maîtres initiés véritables, des « Fontaines » c'est chose rare. Si rares que d'aucuns prétendent qu'il n'y aurait pas…
Et cependant, leurs actes sont déposés. Ces Initiés agissent dans la discrétion. Leurs actes, leurs écrits ont des répercussions fortes. Ils agissent en « Qui Sait ». Et par Échange latéral, l'énergie se déporte en « Qui Fait » ainsi l'impact de leur parole ou acte symbolique s'inscrit dans le réel… sans que l'on sache exactement où se situe l'informateur initial.
Par exemple quand Jérusalem devient capitale d'Israël en Qui fait, il faut se demander : où est l'initié qui a, par un acte symbolique, par un écrit, déclenché le processus en agissant en Qui Sait, après avoir lui-même reçu l'impulsion d'une information issue de l'Invisible… C'est ce que le taoïste appelle le « Non-Faire » qui en réalité se traduit pas un « Faire » maximal…
— Où se cachent les Initiés de ce monde agité ? 
— Où se trouvent les véritables acteurs de la salvation ? Comment les reconnaître ?
 
 
 
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© Dominique Blumenstihl-Roth — La différence entre philosophe, Maître et Initié(2027).
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